LES PIERRES DE TOURNOËL
Il y a des phoenix qui existent par la volonté des hommes.
Ceux qui malgré eux, arrivés par de secrets ressorts se trouvent choisis par des lieux dont il semble que le destin ne soit pas ce auquel tout semble les conduire, c’est à dire à une mort programmée, ils vont vers une éclatante renaissance.
Érigé sur un éperon au coeur du Puy-de-Dôme, le château de Tournoël domine la Limagne.
Jaillissant des rochers, l’eau pure de Volvic irrigue les terres boisées qui l’entourent tandis que le vent sifflant dans les courtines entre les chenaux abrase les pierres du donjon carré des Comtes d’Auvergne.
Le château fut pris par Philippe Auguste en 1213 et réuni au domaine royal.
Alphonse de Poitier, frère de Saint Louis, y fit bâtir un donjon circulaire pourvu de deux chemins de ronde superposés avec des défenses annexes. Ce n’est qu’au XIVéme siècle que les deux donjons furent réunis par une muraille. Dans la cour ainsi créée, Antoine de la Roche éleva dans la seconde moitié du XVeme siècle, des bâtiments d’habitation de style flamboyant.
Le château continua sont expansion grâce à Jean d’Albon ( 1509 1540) qui ériga le grand portail et la tour des « miches » ouvrage avancé qui doit son nom aux bossages arrondis en lave.
Les Apchons succédèrent aux Albon en 1575. Jean d’Apchon combattant pour la cause royale, fut tué en 1590 par les ligueurs qui occupèrent le château, qui fut repris par Henri IV peu après.
Gaston d’Orléans lors de sa tentative armée contre Richelieu, repris le château en 1632.
Fracas des batailles et utilité des constructions défensives, Tournoël n’est pas un aimable lieu de villégiature pour noble oisif, il porte dans sa chair de pierre les tourments et les idéaux des hommes habillés de fer qui ont construit la France.
La grande salle à ciel ouvert, avec sa cheminée éteinte.
Au XIXeme siècle, il est livré aux écorcheurs qui arrachent ses pierres pour construire en contrebas les faubourg de Volvic.
Les toits ruissellent, le vent fait son oeuvre, en 1840 le toit de la grande salle s’effondre ainsi que celui des chambres.
Tournoël devient un vaisseau fantôme que ne renierait pas le Hollandais volant.
En 1920, voulant arrêter sa dispersion, un gardien y est installé par la famille Chabrol propriétaire de cette majestueuse ruine que les cicatrices et esquarres défigurent de plantes parasites.
Folie d’un homme touché par l’esprit des lieux, le château de Tournoël revient au Monde en la personne de Monsieur Aguttes qui depuis le début des années 2000 entreprend une restauration de grande ampleur.
Commissaire priseur prestigieux, il y engage des moyens considérables.
En témoigne cette énumération des travaux à lire sur le site du Château:
« 2001 : réfection de l’enduit du donjon carré, remise en état d’origine des pièces qui avaient été transformées en logement de gardien. Dallage de la chambre du Châtelain et de la chapelle des vassaux.
2002 : Enduit des courtines de la première cour, dallage de la grande salle du donjon carré. Installation des premières portes (toutes celles d'origine avaient été volées)
2003 : Pavage de la première cour.
En 2003 et 2004 Début des travaux de couverture de la grande salle et de la chambre de la châtelaine, reprise et couverture de la Tour Nord. Restauration des peintures de l’oratoire. Nouvelles portes à plis de serviettes reprenant exactement le décor de celui de la porte de la chapelle. 2004 : Fin des travaux commencés en 2003. Réfection du chemin de ronde (isolation, dallage), Installation du plafond de la chambre du Châtelain et de la « chambre du côté de bise », dallage de la cour d’honneur. Début de la création d’un jardin dans la première cour.
Les travaux importants ont été effectués avec l’aide de la DRAC d’Auvergne (Ministère de la Culture), du département du Puy de Dôme, de l’Europe (projet FEDER)
2005 Les projets : actuellement sont dressés les plans de toutes les fenêtres et la remise en place des celles-ci est prévue fin 2005 et début 2006. Les bâtis seront conformes à l’époque de la fenêtre sur laquelle il sera posé. Dans l’ensemble cela correspondra au XVéme siècle. Les fenêtres seront garnies de vitraux.. Un plafond est posé au premier étage au dessus de la chambre du Châtelain et un sol de tomettes est installé. Réfection de la partie haute de la tour d'escalier de la cour d'honneur ; maçonnerie, charpente et toiture. En octobre plantation d’un verger composé d’espèces disparues dans la partie basse de l’enceinte. »

2011-2012
Depuis cinq ans les travaux de décoration intérieur réchauffe le grand squelette d’un sang neuf vivifiant ..
Le château n’est pas habité mais est à nouveau habitable ...Il se visite et il y a chaque année plus de choses à voir et à sentir .. L’esprit du lieux « le Genius loci » se renforce au son de la grande girouette de fer qui tourne comme une crémaillère pour faire sortir le passé glorieux des limbes du Léthé dans lequel il baignait.
Monsieur Aguttes, à qui la chance a sourit en une deuxième rencontre qui se rapproche du mariage du ciel et de l’enfer, de la belle et la bête, lance une jeune femme longiligne et gracieuse à l’assaut de ces mètres carrés nus dans le ventre de cette énorme masse de lave blessée.
Murielle Delaet, Décoratrice et peintre, accepta une aventure que son parcours ne laissait pas présager. De la Caraïbe au Quebec, elle travaille maintenant à Paris dans un raffinement de décoration intérieure très urbain.
Mais Tournoël lui parle et les vents du Puy de Dôme lui murmurant peut être les mêmes refrains envoûtants que ceux de la pointe du Vauclin, elle y excelle pour le plus grand bonheur de Claude Aguttes.
Elle conçoit et réalise en parfaite concordance de vue avec son commanditaire, les peintures décoratives qui dans un respect historique scrupuleux retrouvent leurs fonctions premières, l’habillage des surfaces intérieures, la douce nacre étant la réponse naturelle aux rugositées de la coquille d’Huitre .
Certaines de ces peinture ne sont là que pour n’être pas vues, d’autres se doivent d’être lue comme un livre d’enluminure. Tout le paradoxe vient de la subtile insertion du décor dans l’architecture pour que ne se voit plus l’un sans l’autre, faisant disparaitre le second dans le premier pour les lier dans leur perception.
De l’humble appareillage de pierres jusqu’au grand décor héraldique, Murielle Delaet avec ses équipes réalise la vision du maitre d’ouvrage qui face aux difficultés et interrogations réagit vite et fait confiance, ce qui libère les forces créatrices propre à braver le froid, la neige qui transformaient certain séjour en voyage dans le temps, car seuls devant la plaine enneigée les peintres décorateurs devaient peindre en mitaine, chapeautés, emmitouflés dans une élégante mise moyenâgeuse.
Cyrille Laroche digne de ses grands ancêtres. Murielle Delaet et sa capeline.
Outre de nombreuses réalisations dans différentes partie du château, il en est à remarquer deux particulièrement réussies:
La grande Salle fut l’enjeux d’un grand parti pris décoratif qui lance le grand plafond de solives et poutres peintes comme un déroulé de tapisserie. Les murs sont scandés de piles en lave grise sur lesquels des tringles forgées retiennent des voilages légers faisant reculer les murs.
La grande salle
Le bestiaire fantastique n’a pas de redite, l’oeil se retourne dans les circonvolutions de la frise qui découvre sa fantaisie. La grande cheminée brûle d’un feu digne des « Visiteurs du Soir » attisé par la main de Jules Berry.
Le plafond de la grande salle et sa cheminée.
La chambre Héraldique est architecturée de panneaux bleus vibrant d’un semi aux armes de Tournoël, le faisceau de carreaux d’arbalète. Les poutres taillées dans des grumes centenaires sont ornées de blasons gigantesques chantant les noms des valeureux occupants: Bertrant de Tournoël, Les Comtes d’Auvergne , la famille de Dampierre, la famille de Maulmont , la Maison Laroche ....
La frise reprend les blasons des collatéraux et alliances . Grand décor didactique à lire la tête levée .Grands signes qui vous regardent depuis les siècles inscrit dans la pierre, ils sont les dieux tutélaires de notre frémissant sentiment épique qui s’attache aux temps chevaleresques.
Murs de semi et livre héraldique
Murielle Delaet et son équipe Cyrille Laroche
Franck Wambre Amaury de Cambolas
Comme le bon docteur Carvalho rencontra Villandry, L’énigmatique Baron Osiris la Malmaison, L’alchimique Jacques Garcia le Champs de Bataille. N’ayant plus de soleil à offusquer, il est heureux que le prométhéen Claude Aguttes fut choisit par Tournoël comme sa verve l’explique sans détour. ICI
L’entreprise est colossale à la mesure de l’énergie nécessaire mais le but est si haut qu’il excède la finalité affichée par les entrepreneurs tant le bénéfice moral dépasse notre condition.
Comme le manque de l’être aimé est un vide si fort que sa présence ne peut combler, les phoenix architecturaux sont la matérialisation d’une disparition qui nous fait nous sentir orphelin dans un monde ouvert à tout les possibles.
LA CATHÉDRALE MÉTROPOLITAINE
¡¡¡ DESNUDARON A CATEDRAL !!! "
La nouvelle fut ressentie avec un choc immense ..
La cathédrale de San Salvador, capitale d'El Salvador avait habitué ses fidèles comme tous les salvadoriens ainsi que les touristes du monde entier à sa nouvelle physionomie ..
Depuis vingt quatre ans que les azulejos colorés décoraient sa façade monumentale, beaucoup avaient oublié ou même n' imaginaient pas quel vaisseau de béton elle avait pu être pendant vingt ans …. Masse non terminée, d'une structure anguleuse et rébarbative qui rappelait le sang des dix huit manifestants ruisselant sur les marches du porche d'entrée le 9 mai 1979, le sang de Monseigneur Oscar Romero, Évèque de San Salvador assassiné en pleine messe le 24 mars 1980 … La cathédrale ne fut terminée qu'en 1999 puis consacrée en 2001.
Jean Paul II y est venu deux fois, en 1983 et 1996... Barack Obama plus récemment .
En 1997, la façade monumentale fut décorée de 2700 azulejos de 25 cm de côté, représentant une grande scène très colorée appelée "La armoria de mi pueblo". Élaborée pendant un an par Fernando Llort, artiste salvadorien de renommée internationale, la composition très vive et imagée encadre le gigantesque arc en plein cintre qui constitue avec le portail monumental la seule ouverture de la façade au deux tours aveugles.
La cathédrale devint l'attraction du centre historique de San Salvador. L'essentiel des publications touristiques montre ainsi sa façade colorée ayant dans son aspect de mosaïque narrative établit le lien entre la décoration salvadorienne à forte connotation indienne et l'art chrétien traditionnel.
Mais soudain en décembre 2011... sans concertations, sans explications, un grand voile blanc obstrua la façade et la destruction commença …
Consternation et supplications .. Les tentatives de récupération des "tesselles" géantes pour les réutiliser furent vaines malgré les bonnes paroles.. tout fut détruit …
Certains blogs évoquent Bamyan ….les "Indignés" de cette destruction se rassemblèrent sur Face Book ..Fernando Llort , sa famille ses proches manifestèrent bruyamment ...la population aussi..
Mais les échaffaudages résonnèrent des coups de burin et marteaux et sans état d'âme particulier derrière leur bache blanche, ils travaillèrent. La composition monumentale fut détruite comme un vulgaire carrelage de salle de bain.

La seule explication fut donnée par Tatiana Molina architecte de la Molina Real Estates Service, l'agence qui s'occupait de la rénovation de la cathédrale. Les carreaux vernissés selon elle, seraient endommagés et pourraient tomber, la colle n'étant plus assez forte pour les tenir ….Mais personne ne nous dit combien de carreaux serait tombés et si effectivement il y avait une fragilité.
Ceci n'explique pourtant pas la décision de les enlever dans leur totalité et de les détruire …
L'évèque de San Salvador , Monseigneur José Luis Escobar Alas présenta ses excuses à l'artiste et à sa famille mais ne fournit pas plus d'explications…"Nous pensions en parler à la famille de l'artiste avant la rénovation..Mais nous ne l'avons pas fait .."
Juan Pablo Llort déclara que leur peine était très grande et que personne ne les avait consulté ou même prévenu…Les architectes ainsi que l'évêché reconnaissent n'avoir pas demandé de permission au Ministre de la Culture ni au Maire , une violation de procédure qui pourrait faire l'objet de poursuites… Le secretériat à la Culture condamne ainsi que le gouvernement cet acte de vandalisme à l'encontre du pays .."Esta acción viola la ‘Ley Especial de Protección de Patrimonio Cultural"
Pour finir dans l'outrage et le dénigrement, William Recinos, Curé de la cathédrale, explique que la mosaïque a été enlevée car elle allait jurer avec la statue du Divin sauveur réalisé par Camilo Bonilla. Statue qui allait être installée sur le toit de la cathédrale ..une explication qui n'en est pas une , de plus contestée par l'évêque.
Le coût de la mosaïque fut prit en charge par une souscription privée venant des paroissiens, elle appartenait donc aux fidèles …La décision de la détruire fut non seulement une insulte à l'artiste Fernando Llort mais aussi une agression sans nom pour les fidèles…La façade de la cathédrale était pour beaucoup la cathédrale elle même ..elle appartenait au patrimoine Salvadorien et sa disparition est une perte irréparable que Fernando Llort a proposé de réparer ..une coalition pour la reconstruction voit le jour.
Fernando Llort a toutes les épreuves et dessins préparatoires et peut au prix coutant, comme José Maria Sert pour la cathédrale de Vic, reprendre son ouvrage et faire renaitre l'oeuvre disparue.
Fernando Llort devant sa maquette.
Plan de montage ...
1997 préparation au sol pour l'élaboration du rangement pour le montage du décor.
Calage des carreaux
Ci dessous le mur de la cathédrale actuellement ...réminiscence du béton des années de guerre ...
Un Tapiès de douleur pour un peuple dèjà éprouvé...
Pourquoi ont ils fait ça?
L'archevèque José Escobar Alas s'expliquera en janvier dernier dans une conférence de presse où préssé de questions, il expliquera les raisons qui ont amené cette destruction si controversée.
Une campagne de restauration et rénovation fut décidée pour l'intérieur et l'extérieur de la cathédrale. Lorsqu'il fut temps de nettoyer la mosaique extérieur, il est apparu, selon ses dires, que les carreaux n'étaient plus solidaires du murs et tombaient facilement. Les couleurs et la surface des carreaux étaient abimés par les intempéries et le soleil.
Il semblait difficile d'après les architectes de remplacer les carreaux car les couleurs étant passées, les nouveaux carreaux seraient par trop visibles. Les ingénieurs et architectes arrivèrent à le convaincre qu'une restauration était impossible ... Il prit la décision malheureuse de la "démonter" c'est à dire dans les faits de la détruire ..outre ses excuses à la famille et à l'artiste, l'archevèque proposa à Fernando Llort un mur intérieur pour créer une réplique de son oeuvre .... Llort pour une alcôve alors qu'il créa pour la façade!
Maladresse et incompréhension, naïveté et précipitation:
Maladresse de ses déclarations, de ses propositions.
Imcompréhension de l'art "populaire" de Fernando Llort et de l'impact affectif sur la population.
Naïveté face aux architectes et ingénieurs choisissant la solution facile et rentable .
Précipitation car pas de concertation et d'avis extérieur.
Apoyando en silencio...
Photo de manlio Argenta
MADELEINE & IRÉNE
Le succès fut foudroyant. A l'ouverture fin août de la première boutique Ladurée au 864 Madison Avenue à New York , la foule se pressait sur les trottoirs comme à un vernissage .
A 9 heure du matin, les regards interloqués des vendeurs travaillant dans les boutiques adjacentes en disait long sur le phénomène.
Madeleine Castaing qui régnait sur le bon gout, au coin de la rue Jacob et de la rue Bonaparte, ne s'imaginait pas que l'univers intime de sa chambre, allié au "jeté décoré" de sa boutique fait, dit on de ses propres mains (qu'elle avait d'ailleurs fort belles) allait devenir une grammaire décorative pour la vente à emporter des magasins Ladurée.
L'histoire apocryphe raconte qu'en un week-end aidé de bénévoles et de sa vendeuse qui avait l'âge d'avoir été sa nourrice, Madeleine Castaing créa un décor de perles et de denticules à main levée, rythmé par des panneaux vert tendre à champs gris que l'on retrouve aussi dans sa chambre, avec ses médaillons de plâtre donnant une réminiscence d'un Wedgwood revisité.
Madeleine's bedroom, photograph by Rene Stoeltie, copyright 2007
Elle traça parait-il elle même, avec un bambou muni d'une craie, les ellipses de perles du plafond. La maison Ladurée en 2002 eu le bon gout de conserver ce décor, en le restituant d'après un relevé fidèle, pour l'espace de vente à emporter. La solution la plus sage pour éviter de rentrer dans le concert de critique concernant la disparition d'un certain esprit Saint Germain . L'écume des pages, la célèbre librairie était à ce moment là menacée par un marchand de chemise et voilà l'antre de la dame au ruban qui disparait ! mais l'esprit y demeura, dû moins dans l'intention.
Angle Jacob Bonaparte Paris
C'est ainsi qu'une partie du décor des boutiques Ladurée emmène la touche "Madeleine Castaing " dans le monde entier, de Dublin à Tokyo de Zurich à Istanbul , la voici aujourd'hui dans l'Upper East Side .
Mardi 30 Août 2011 à 10 heure du matin.
La diva y fut bien accueillie mais sa venue devait en croiser une autre qui bien que bruyamment annoncée ne fut pas au rendez vous . Irène dont la planète entière suivait la croissance depuis les eaux caraïbes était attendue à Manhattan.
Les commerces de proximité fermés pour l'occasion
Le principe de précaution ne laissant aucune autorité au repos, les commerçants se lancèrent dans une surenchère de protections devant l'ouragan qui devait déferler le week-end tel Gloria de sinistre mémoire quelques années plus tôt.
Mesures préventives...
Irène ne vint pas, préférant laisser le voile de sa traine inonder de pluies tropicales l'ile de Manhattan, pour concentrer ses vents sur le New Jersey. La ville fut néanmoins vidée des ses promeneurs et la circulation disparut ..les métro et les bus arrêtés, les commerces et restaurants furent fermés (même l'enseigne Mac Donald de Time Square) par manque de personnel. La ville silencieuse entra en parenthèse. Nous fumes des rares à travailler ce jour là. Ce qui fut exceptionnel, ce dimanche c'était de voir la ville se transformer en sous préfecture de province vide et calme avec de rares passants se regardant à peine, pour ne pas à avoir se saluer.
La décoration Madeleine Castaing fut donc au rendez-vous et la pluie son baptême. La société Tulip SA animée par Désirée Engelen est actuellement la seule à détenir le secret du vert poudré, des ocres grises aux patines sophistiquées, des colliers de perles surplombants les marbres des meubles vente..
Désirée Engelen CO Tulip Deco SA
D'autres s'y sont essayés, mais les nuances colorées sur les fonds mat de calcites talqués n'y chatoyaient pas autant avec les conditionnements précieux des pâtisseries fines.
Ladurée Paris of New York
L'équipe Tulipdeco américaine s'est enrichie de nouveaux membres: Alan Carrol peintre de Brooklyn et Sabina Guerrero, senlisienne d'adoption, encadrés par l'excellence du Studio Boum-design Inc de New York, bien connu sur Madison Ave.
Alan carrol, Amaury de Cambolas, Sabina Guerrero . NYC Aout 2011
Le New York Time célèbre l'évènement avec un portrait d'Elisabeth Holder, gérante et" partner of the company".
cliquez sur l'image pour lire l'article
PEINTURES BAUGEOISES
Baugé charmante petite ville de caractère cachée dans le Maine et Loire comme le marcassin dans sa bauge.
Nous sommes restés un mois au château de Baugé.
Le château de Baugé est un pavillon de chasse de superbe dimension .
Construit par celui que l'on appellera le Bon Roi René, il fut achevé en 1465 sur les ruines d'une forteresse plus ancienne appartenant à Foulques III Nerra , comte d'Anjou.
L'architecte Guillaume Robin en dessina les plans , la construction de moellons de calcaire et de grès dans une combinaison de style médiéval et renaissance donne à l'édifice une élégance de forme, une légèreté, un rythme de façade qui le font percevoir aujourd'hui comme un chef d'oeuvre architectural .
René d'Anjou, né à Angers en 1409 et mort à Aix en Provence en 1480, fut un personnage des plus étonnant . Roi de Naples, Comte de Guise, Duc de Bar, Duc d'Anjou et Comte de Provence, il fut pair de France et fondateur de l'ordre du Croissant. Il est inhumé dans la cathédrale Saint Maurice d'Angers.
Défenseur des arts et des lettres , il rédigea plusieurs ouvrages comme le "Traité de la forme et devis comme on fait les tournois" de 1452 , le "Mortifiement de vaine plaisance " en 1455 puis le célèbre " Livre du cœur d'amour épris" en 1457.
Le corps central du château est encadré par deux ailes ayant à charge de desservir les salles de réception et les appartements, L' escalier d'honneur, en pierre et à large dalles présentées en "vis", s'appuie sur une colonne centrale se terminant en palmier. Le voute à huit clefs est ornés de blasons et symboles encore très lisibles aujourd'hui.
La distribution primitive des salles et appartements n'existe plus . Les transformations successives , les périodes de délabrement alternant avec de nombreux propriétaires ont permis au château de survivre mais les traces du Roi René y sont malheureusement quasi inexistantes .Deux cheminées dont une dans les combles … l'oratoire et une salle d'étuve, petit réduit pour bain de vapeur, semblent seuls avoir connu René d'Anjou.
Au XIX° siècle, le château revient au Département qui y installe le siège de la Mairie ainsi que la gendarmerie . Des locaux de fonction sont aménagés, travestissant davantage les aménagements intérieurs. Puis au début du XX° siècle, le château accueille une salle de Justice, les gendarmes partent et les pompiers arrivent . Les travaux de restauration des façades redonnent aux ouvertures, meneaux et fioritures et le Musée du Baugeois s'y installe …
Le chateau lui même ne sera ouvert à la visite qu'en 2003 après avoir été entièrement repensé.
Le parcours scenographié, didactique, ludique , festif, convivial et moderne ( cf :le site du chateau ) participe aux aménagements en cours dans les réhabilitations de châteaux n'ayant plus de contenu à présenter aux visiteurs ..
Après le départ de la mairie, des juges et des pompiers…du théâtre de poche qui y avait trouvé refuge .. du Musée fermé aujourd'hui puis des locaux municipaux .L'intérieur vidé et nu laisse la place en 2003 à un "parcours découverte" comme cela à été fait au château de Suscinio sur la presqu'île de Rhuiz (site du Chateau de Suscinio) qui est l'exact antithèse du concept de restitution à la "Champ de Bataille" en Normandie.(site du Chateau du Champs de Bataille )
Alerté par la directrice du château , l'active et charmante Isabelle Coulon, La mairie de Baugé, consciente de son patrimoine, accepta d'améliorer le parcours de visite en réponse aux attentes des visiteurs, en lançant un appel d'offre pour la "Restitution de la chambre du Roi René".
L'Atelier Cambolas présenta son projet en temps et en heure et fut retenu.
Comment d'une salle d'exposition annexe , ancienne chambre de fonction réhabilitée avec faux plafond et placo-plâtre , faire une "chambre restituée" du quinzième siècle avec meubles tentures et décor ? Comment arriver à transfigurer l'espace et donner d'une manière crédible le sentiment d'une présence que même les murs ont du mal à évoquer ? Comment toucher même de façon minime, par la peinture et le mobilier, le concept exigeant d'une "demeure de l'esprit" si bien illustré par R.Camus. La scénographie didactique et festive ne procède pas de cet esprit …mais l'appel d'offre de la Mairie de Baugé, sous le haute patronage de la Conservation d'Anjou avec le conservateur principal en conseiller scientifique nous y amène et le cahier des charges fut remarquablement pensé.
La chambre qui ne comporte qu'une seule fenêtre décentrée est un passage de visite vers l'oratoire du roi René.
La petite chapelle avec ses vitraux du XIX°siècle.
le Projet avec force d'échantillons et maquettes fut élaboré par l'atelier d' Aline et d' Amaury de Cambolas. La réalisation en fut confiée au bon soin de peintres décorateurs talentueux, comme Murielle Delaet qui allie sens pratique, sens des couleurs et dextérité, Cyrille Laroche, le technicien pragmatique qui accumule une expérience que son entregent ne fera pas mentir ainsi qu' Amaury de Cambolas, votre serviteur.
Ils purent en quatre semaines, à partir des dégagements opérés par les services techniques dirigés par monsieur jacky Bellessor, laisser la place aux lit de chêne, cathèdre et somptueux lutrin de l'ébéniste Jean-luc Tancoigne , aux tentures du tapissier décorateur Bruno Moine, ….. au livres du relieur Marc Poupelin, aux calligraphies de Bruno Coulon ……. puis aux visiteurs émerveillés qui semblent rentrer dans l'intimité du maitre des lieux .
voici en images les phases de transformation. 
Etat initial.
la pièce avant intervention des services techniques
la pièce dégagée du faux plafond. Les poutres seront sablées.
La cheminée construite en BA15 et siporex par le service technique . Reprise d'enduit sur les murs pour enlever la planéité moderne par Cyrille Laroche
Réalisation d'un mortier traditionnel, sable et chaux, pour les entre-poutres.
Murielle Delaet sur pont roulant. Chaux teinté avec un filet rouge abrasé.
Peinture des murs avec de la chaux beige.
Traçage des champs en réserves.
Panneaux à la chaux bleue patinés pour recevoir les pochoirs fleurdelysés.
Réalisation d'un appreillage de faux tuffeau . Dessin du calepinage , enduit et sable puis patine à la chaux.

Passage d'entrée avant le faux tuffeau puis avec appareillage de pierre.

Faux tuffeau: sable, enduit, lait de chaux. La couleur jaune des fenêtres sert de fond pour la peinture du faux chêne.

Huisseries en faux chêne réalisé par Cyrille Laroche.
Peinture aux pochoirs des fleurs de lys, légèrement dorées et abrasées .
Pochoirs de motifs croisés en plinthe.
Le mur est subdivisé en panneaux encadrés de rouge: ce sont les armes d'Anjou . Séparé par un filet brun, les fleurs de lys sont sans bordure au milieu du panneau mais avec un grand lambel rouge: ce sont les armes d'Anjou Sicile . Cette représentation se retrouve sur le mur du Tombeau de Louis II d'Anjou, père de René d'Anjou dans la cathédrale Saint Maurice .
La chambre est le témoignage de la puissance de la famille d'Anjou , les murs sont architecturés par des bannières verticales comportant les symboles et armoiries des possessions de René d'Anjou .
Elaboration des six bannières. peintes in situ.
Différentes étapes de réalisationdes bannières
L'équipe en pas de deux.
Les symboles du Roi René sont, pour sa vie heureuse avant le décès de Jeanne de Laval , la cassolette enflammées, ornée du phylactère "Dardent Désir" . Chaufferette que l'on retrouve sur les colonnes de son tombeau à Angers. Pour sa vie de veuf éploré, il s'agit du "bâton écôté", arbre sans sève auquel on a tranché les branches. Des restes de ces représentations peintes sont encore visibles sur plafond de bois d'une abside de l'Abbaye Saint Martin d'Angers.
Murielle Delaet & Amaury de Cambolas
Les écus suspendus aux arbres sont des représentations traditionnelles en Anjou. Pratique venant certainement des joutes équestres ..il semble que le chevalier ayant accroché son bouclier à une branche était défié par un touché de lance délicat fait par un tiers ce qui le voyait ainsi désigné comme adversaire . On trouve en Anjou des représentations peintes d'arbres avec blasons au manoir de Jeanne de Laval ainsi qu'au manoir de Belligan .
Les essences d'arbres comme le pin, le micocoulier et l'arbre d'Eden sont reconnaissables avec audace .
Bar et Aragon
Hongrie et Anjou Sicile
Anjou et Jérusalem
Les bannières sont peintes sur une toile de lin écru, elles présentes les différents blasons du roi René: Le duché de Hongrie, le duché d'Anjou, le duché de Sicile, le duché de Bar, le duché d'Aragon qui composés ensemble peuvent se lire comme suit:
Coupé, le chef tiercé en pal, en 1 fascé de gueules et d'argent, en 2 d'azur semé de lys d'or et au lambel de gueules, en 3 d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même et la pointe partie d'azur semé de lys d'or et à la bordure de gueules, et d'azur semé de croisettes d'or et aux deux bars d'or. Sur le tout, d'or aux quatre pals de gueules.
les Armoiries complètes de 1432 se retrouvent sur le manteau de cheminée.
Casolette et motif en papier plié ( ornement décoratif fréquemment utilisé en bordure) .
Les bannières furent terminées à l'atelier par une experte en travaux de précision ..couture des galons et oeillets.
Camille Cerna à l'ouvrage.
La chambre du Roi restitué.
Le lit près du feu entouré des bannières à chauffrettes "Dardent désir".
Le lutrin et la cathèdre avec au fond le passage pour l'oratoire privé .
Jean-luc Tancoigne avec son estrade de dernière minute. L'aigle du lutrin inspiré de celui de l'abbaye de Solemne.
Le velours de Bruno Moine. les livres reliés par Marc Poupelin
La calligraphie d'une page du "coeur d'amour épris" par Bruno Coulon , enluminé par Béatrice Balloy.
De gauche à droite :M.Bruno Coulon, M.Marc Poupelin, Madame la directrice du château de Baugé Isabelle Coulon, Monsieur Philippe Chalopin maire de Baugé, M.Bruno Moine, M.Jean Luc Tancoigne, Monsieur Guy Massin Legoff conseiller scientifique, M.Cyrille Laroche, M. Amaury de Cambolas
L'INAUGURATION
L'ouverture de la chambre du Roi René fut célébrée avec faste par monsieur le Maire. De nombreuses personnalités angevines se sont jointes à la visite commentée par ses soins puis au cocktail rafraichissant donné sous un grand soleil dans le square Jean Renard devant le bouquetier ceinturant le chateau de son odeur de paradis.
Et en soupirant, je dis : « Ah, très doux Dieu du paradis, J'ai peur qu'Amour n' ait dérobé Mon coeur et ne l'ait emporté avec lui....
"Le Coeur d'amour épris" , 1457 Biblio Nat.
PEINTURES ANGEVINES
La cathédrale Saint Maurice d'Angers située au sommet d'un rocher de schiste, domine la Maine de ses flèches de soixante quinze mètres. Construite au XIIe siècle, elle est connue pour cette particularité architecturale appelée ogive Pantagenêt ainsi que pour ses vitraux du maitre verrier André Robin, chef-d'oeuvre du XVe siècle.
En 1980, On y découvrit des peintures murales exceptionnelles.
Travée 1 : sondages, peintures encore sous badigeon.
Travée 2 : sondages et travaux de dégagement commencés
Travées 3 & 4 &5: Cycle Saint Maurille
Travée 5 : Partie basse :Tombeau de Louis II d'anjou
Travée 6 ; Sacraire de René d'Anjou ( détruit)
Travée 7: Tombeau de René d'Anjou Reste de peinture
Datant du XIIIe et XVe siècle, "la mise au jour des peintures du choeur est un rameau supplémentaire porté au somptueux bouquet que la cathédrale apporte sur l'autel de l'histoire de l'art occidental ".
Une campagne de sondage stratigraphique fut entreprise et permis de retrouver non seulement les peintures restant du mausolée détruit de René d'Anjou mais aussi un ensemble très impressionnant devant encadrer le tombeau de Louis II dans le bas de la cinquième travée.
En 1984 les sondages révélèrent aussi de nombreuses peintures dans les parties hautes des murs, ces peintures sont connues aujourd'hui sous le nom de "Cycle peint de la cathédrale d'Angers" et mettent en scène des épisodes de la vie de Saint Maurille , évêque d'Angers, mort en 426.
Cet ensemble de peinture fut dégagé et consolidé lors de campagne d'étude en 1986 et 1991. Seule la première travée n'est pas encore dégagée et les sondages effectués montrent que les peintures y sont normalement présentes , c'est donc bien l'intégralité des murs du choeur qui était peint et cela sur une hauteur de près de trois mètres.
Le choeur avec ses hautes boiseries coupant les travées.
Nous avons donc trois ensembles majeurs de peintures datant du XIIIe et du XVe siècle redécouverts .Cet ensemble d'une ampleur extraordinaire à été étudié très en détail par le Laboratoire de Recherche des Monuments Historique (LRMH).
Relevé de Beauxin en 1783
Relevé du tombeau de René d'Anjou (seul la partie haute et les peintures sur les colonnes sont visibles aujourd'hui)
Les tombeaux de la famille d'Anjou étaient connus de longue date, tout particulièrement celui de René d'Anjou que les Angevins connaissent sous le nom du Roi René .
Le choeur de la cathédrale construit en 1274 fut remanié pour recevoir les sépultures de la famille d'Anjou, les tombeaux pour certains très modestes furent disposés dans les différentes travées du choeur les corps disposé dans des caveaux le long de la muraille. Ils s'y trouvent encore. Mais furent peu à peu négligés puis oubliés sauf le dernier d'entre eux, le mausolée du Roi René qui occupait la septième travée avec à ses cotés le sacraire .
Le mausolée dont de bonnes descriptions et relevés existe, sorte de chapelle sculptée à compartiments et en ogives présentant René d'Anjou couché auprès d'Isabelle de Lorraine ainsi que ses nombreuses sculptures annexes et peintures notamment celle monumentale du Roi mort sur son trône fut longtemps visible . Le Roi portant sceptre et couronne trône en cadavre décharné, représentation de la mort égalitaire terrestre, sorte de "vanité" didactique pour l'édification des chrétiens.Trois versions furent peintes sur toile: la première en 1472 renouvelé après un incendie en 1533 puis en 1783. La cathédrale fut saccagée par les Huguenots en 1562 , le tombeau du Roi René y subit les premiers outrages. ( "La ville et la cité furent prises par les Huguenots. Ils firent d'horrible ravage et profanèrent la cathédrale. Leurs chevaux y couchaient, ils y buvaient et y mangeaient eux mêmes et y avaient transporté de la paille et des couchettes pour y coucher; aussi ils y faisaient leurs ordures. Ils rompirent les figures du Roi René et de sa femme Isabelle de Lorraine…." Bibliothèque d'Angers manuscrit N°895 TII Note de M .Grille.
Les stalles du choeur nouvellement installées en 1699 masquait le reliquaire mais pas le tombeau du Roi René. La conscience et la perception d'une nécropole princière s'estompit. Seul le bon Roi René, figure de l'Anjou, eu son tombeau honoré.
Entre les boiseries et le mur du choeur.
En 1779, il fut décidé de déplacer le mausolée sans toucher aux dépouilles, pour la construction du nouveau choeur à la "Romaine".
Le 10 janvier 1783, les travaux du choeur commencèrent, on détruisit les stalles anciennes, le jubé et l'on démonta le mausolée qui fut replacé à l'écart dans la nef , on détruisit par la même occasion sans remords, le sacraire .
Les boiseries dessinées en 1757 par Jacques Gaultier, sculpteur de Mayenne, furent construites par les menuisiers M.Fouqué et J.Duforest.
Formidable charpente tenue par des madriers à un mètre de la muraille, elles encerclent les nouvelles stalles richement décorées, le trône épiscopal, les portes du trésor et de la sacristie.
Les sculptures, trophées et crédences furent terminés par le sculpteur Louis David en 1785 .
Deuxième outrage pour le tombeau du roi René dont on ne voit plus que le haut des peintures sur voussure au-dessus de la corniche imposantes des nouvelles boiseries.
Le troisième outrage eu lieu en 1793 pendant la Révolution ou le mausolée de la nef fut saccagé à la masse , les statues et gisants de marbre furent brisés puis revendus pour en faire des piétements de cheminées.
Inhumés dans les caveaux du choeur, les dépouilles princières de
Louis Ier d'Anjou mort en 1384
Henri de Blois † 1400
Charles prince de Tarente † 1404
Marie de Blois † 1404
Louis II duc d'Anjou † 1417
Louis III duc d'Anjou † 1434
Yolande d'Aragon † 1442
Isabelle de Lorraine † 1453
René d'Anjou † 1480
Marguerite d'Anjou Reine d'Angleterre †1482
René second fils de René d'Anjou et d'Isabelle de Lorraine †
Jeanne de Laval seconde épouse de René d'Anjou † 1498
furent oubliés.
Mais pas le mausolée du Roi René .
Dans une lettre écrite à Victor Pavie le 2 janvier 1840, le sculpteur David d'Angers écrivait qu'il serait très heureux de refaire les statues de René d'Anjou et d'Isabelle de Lorraine, qu'il offrait son temps et son travail s'il l'on pouvait subvenir aux matériaux.Il réitéra son offre en 1842 et 1845 mais il ne fut pas possible de réunir l'argent et il mourut sans voir son voeux exaucé.
L'existence des tombes de la septième travée étaient toujours connu. Des travaux entreprit en 1895 en confirma l'emplacement. Les sépultures furent découvertes par des ouvriers travaillant dans le choeur. Elles furent ouvertes, les dépouilles étudiées avant d'être à nouveau inhumées avec cérémonie .
Les très intéressants opuscules de Louis de Farcy "les Sépultures princières à la Cathédrale d'Angers " comme " Ouverture à la cathédrale d'Angers des sépultures René d’Anjou, d’Isabelle de Lorraine et de l’évêque d’Ulger, les 15, 16 et 17 juin. Angers : Lachèse, 1897" témoigne d'un véritable interêt et d'un suspense archéologique.
Emblème du Roi René : la chauffrette enflammée avec le phylactère " Dardant Désir".
Les dernières études effectuées derrière les boiseries en 1980 sur les restes du mausolée de René d'Anjou ouvre donc un nouveau chapitre archéologique :
Les peintures du tombeau de Jules II et le "Cycle Peint "ne sont pas visibles du public. L'espace entre le murs et l'arrière des boiseries est exiguë et peu éclairé, les risques de frottement des visiteurs sur la couche picturale trop importants.
Une porte monumentale cachée derrière l'autel secondaire du choeur permet de passer derrière la boiserie . Sur la gauche dans ce qui correspond à la cinquième travée du plan de Louis de Farcy se trouve les restes des peintures datées de 1417 qui encadraient le tombeau de Jules II.
Tombeau modeste comme le décrit Peirsec "...Au derrière du grand autel sont les tombeaux de Louys le second et Yolande d'Aragon sans aucune figure et statue, n'y ayant que deux grandes chasses de bois costé contre muraille, enfermées d'une barrière de boys. Il n'y a autre chose à remarquer sinon qu'au bout de ces chasses est despeint sur la muraille un gendarme, revestu d'une cotte armoyée des armes de Beauveu tenant en ses main un guidon où sont dépeintes les armes de Louis II et de Yolande sa femme et tient icelluy un genou à terre...." Bibliothèque de Carpentras MS N°782 page 496
La septième et sixième travée correspondant au tombeau et sacraire (Reliquaire) de René d'Anjou construit de 1444 à 1472. Ne sont visible que quelques traces du semis fleurdelysés sur fond bleu. Sur les colonnes, certaine chaufferettes enflammées sont encore conservées, les blasons peints du roi René ainsi que des restes du décor de fleur de lys sur le haut des arcades sont visibles au dessus des stalles .
Le cycle de peinture du treizième siècle illustrant la vie de Saint Maurille courre à mi hauteur des murs, de la première à la cinquième travée au dessus du tombeau de Louis II. Il faut, à l'aide d'une échelle, accéder à une coursive de fortune installée pour les travaux et l'étude des peintures. L'impression est saisissante, les peintures semblent en parfait état.
Porte du choeur et vue des parties hautes extérieures et intérieures.
Les peintures encadrant le monument de Louis II d'Anjou sont un plaidoyer pour la puissance de la famille d'Anjou. Deux chevaliers genou à terre sont peint, l'un avec bannière l'autre avec épée. Ils encadrent un espace couvert de représentation héraldique de grand format : La croix de Jérusalem ,les fleurs de lys d'Anjou sur fond azur entourées d'une bordure de gueule, les fleurs de lys avec lambel des armes Anjou Sicile.
Chevalier à l'épée et quartier de Louis II
Les chevaliers identifiés par leur armes appartiennent à la famille de Beauvau. Les visages sont peints sur de petites plaques de métal fixés au mur, ce qui leur donnent beaucoup de lisibilité par rapport à l'ensemble assez dégradé. Le semis de fleur de lys réalisé au pochoir est finement élaboré.
Les fleurs de lys présentent de nombreuses traces d'or ce qui nous montre la qualité du mausolée disparu.


Passage entre la boiserie et les murs peints sur la coursive.
Les peintures réalisées sur la partie supérieur des murs, à trois mètres de hauteur, sont datées des années 1270-1280, elles sont exécutées directement sur les pierres dont la trame et les irrégularités sont visibles sous la couche picturale. Il ne s'agit pas de fresques et même pas de peintures sur badigeon, il n'y a pas d'enduit ou de préparation, si ce n'est une mince couche de blanc de plomb mêlé à quelques particules de minium révélées par les coupes stratigraphiques .
Ce procédé inhabituel n'est pas unique, on le retrouve à Toulouse dans la chapelle des Jacobins , à la Saint Chapelle ou encore sur les restes de la chapelle Saint-Etienne de l'abbaye de Westminster datant de 1300. Le blanc de plomb est connu dans les anciens traités de Peinture comme pouvant servir de liant et de siccatif pour les préparations à l'huile .
Les pigments se superposent en plusieurs couches. L'étude des prélèvement de la couche picturale par le LRMH (analyse par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse ) a montré des composés relativement plus élaborés que ceux observés dans les époques antérieures. La présence de vert au cuivre, de minium, de vermillon, de résinate de cuivre, d'ocre jaune et de noir de charbon ainsi que des laques rouges est attestés. Le liant est ici à base d'huile de lin.
Pour une approche plus poussée concernant l'état des connaissances techniques résultant de l'étude du LRMH, l'on se doit de lire le passionnant article de Marie-Pasquine Subes-Picot paru dans la Revue de l'art N°97 daté de 1992 " Peinture sur pierre: note sur la technique des peintures du XIIIe siècles découvertes à la cathédrale d'Angers" .
Au cours du quatorzième siècle, la peinture à l'huile remplace peu à peu la "Tempura" ou tempera , technique ayant l'oeuf comme liant.
Dans le cas de peintures murales gothique, la peinture à l'huile cohabite avec la fresque qui était le mode d'exécution privilégié du monde Romain et Roman.
Nous avons donc ici à Saint Maurice, un des exemples les plus anciens et les plus conséquent (soixante mètre carré) de peinture murale peinte à l'huile . La peinture à l'huile va connaitre un grand essor pour la peinture de chevalet, en Europe du nord grâce à Jan Van Eyck en 1430 .
Saint Maurille en Evèque .
Les peintures des cinq premières travées du choeur représentent en une vingtaine de scène, la vie du saint évêque Maurille. Prêcheur brisant les idoles païennes du temple Prisciacus à Challonnes sur Loire, prodiguant soins et guérisons ( miracle de la Possonnière) affirmant fortement foi et piété en Anjou. Maurille acquière ainsi une renommé de sainteté. Ayant échoué à guérir un enfant malade, le bon évêque parti pour l'Angleterre comme simple moine ; il fut ramené par les habitants d'Angers qui ne pouvaient se passer de leur illustre Saint, il ressuscita donc l'enfant mort cause de ses remords et tourments....
(lire ici la vie mouvementé de Saint Maurille).
Réssurection de l'enfant mort "re-né" , cinquième travée.
Les couleurs sont d'une extrordinaire fraicheur, les détails et motifs ornementaux d'une grande habilité. L'alternance des fonds rouge clair et vert sombre donne un rythme, une dynamique ponctuée par de subtiles tonalités de mauve, de bleu et d'orangé. Les visages sont stylisés avec grâce et finement rehaussés de rose aux joues. L'impression de légèreté est étonnante pour une composition monumentale. Les différentes scènes présentées dans une suite d'arcatures architecturées de couleurs vives, sont circonscrites par de larges frises de palmettes et de grecques .
Ce fut une joie sans pareille de pouvoir découvrir ce trésor caché grâce à la gentillesse et l'entregent de monsieur Etienne Vaquet, conservateur des antiquités et objets d'art du Maine-et-Loire.
Qu'il en soit vivement remercié ici.
Septième travée: sur les pierres, les marques d'outils de taille sont bien visibles .
THE CULT OF BEAUTY

"Pavonia" de F.Leigton 1858
Le culte de la beauté, voilà une idée iconoclaste qui devrait séduire certaines personnes revendiquant la transgression car si l'on en croit Jean Clair, ancien directeur de Beaubourg et du Musée Picasso: "Notre époque vit dans la haine du beau et dans la délectation de l'avilissement " .
Le mouvement "Aesthetic" anglais de 1860 est une recherche constante irrigant tous les formes de création art-istique et art-isanale ainsi que littéraire. Nous ne connaissont ce mouvement appelé en France "Esthétisme" que par sa forme tardive qui arriva sur le continent dans les années 1890 .
"Proud Maisie" de Frederick Sandys
La réaction naturelle aux dérives du naturalisme amena de nombreux peintres, architectes et écrivains ainsi qu'une part non négligeable d'esprits cultivés appelés "esthètes" à se rassembler dans une recherche d'un Art nouveau dégagé des idées convenues et de la morale dominante. Recherche de l'art pour l'art, de l'émotion artistique, du beau , de l'impact décoratif et l'ambiance esthétique créée par le raftinement et la subtilité des déclinaisons jusque dans les objets de la vie courante.
L'art nouveau Français procédera de la même démarche totalisante voulant être le paradigme décoratif de l'époque qui devint depuis un style inimitable et presque inégalé.

Le Victoria and Albert Museum de Londres propose une splendide exposition très élégamment scénographiée, ce qui est la moindre des choses lorsque l'on présente des réalisations cristallisant une recherche effrénée du "beau" !
Les oeuvres de Frederic Leighton , d'Albert Moore, d'Edward William Godwin, de james McNeils Whistler donnent par leurs importances, le niveau extraordinaire de ce mouvement qui fut une réussite exemplaire avant de sombrer sous les coups de boutoir d'une presse satirique et la chute d'un esthète emblématique : Oscar Wilde.

" Promegranate"1862 William Morris
Nous attirerons tout particulièrement l'attention des amateurs de décoration intérieure, sur le travail de William Morris auteur de remarquables papiers peints, sur les aquarelles de George Aitchison et les paons d' Albert Moore pour la Drawning room de Berkeley square .

Cette exposition est organisée avec le concours du V&A de Londres, du Fine Arts Museum de San Francisco et du Musée d'Orsay .
Lequel musée d'Orsay la proposera pour l'émerveillement du public néophyte du 12 septembre 2011 jusqu'au 15 Janvier 2012.
HALL 30 NYC

L'entrée du RCA Building a heureusement gardé ses peintures originales de José Maria Sert: " le Triomphe de l'humanité" .
Commandée en 1932 par John D Rockfeller pour le grand complexe éponyme de New York, cette série de peintures réalisées sur toiles à Paris puis marouflées in situ est un tour de force à plus d'un titre.
D'abord technique : Ajustées et marouflées sur des panneaux de bois puis retouchées, les toiles sont recouvertes de feuilles d'argent puis protégées de l'oxydation par un vernis. JM Sert a utilisé un glacis au vernis dilué à l'essence de pin. Les couleurs vont du sépia à l'ombre brulée …dégradés et modelés utilisent la luminosité du fond pour créer les volumes.
Cette technique propre à J.M. Sert montre pour la première fois des rehauts de blanc utilisés par touches très discrètement.
Puis deuxième tour de force: l'ampleur de la commande et la complète suprématie de Sert sur ses "concurrents" !
Les peintres sollicités pour participer au projet étaient les plus représentatifs des années trente . John D. Rockfeller demanda ainsi à Henri Matisse,Pablo Picasso , Franck Brangwyn et Diego de Rivera.
Toile de Franck Brangwyn.
Le discret et talentueux Frank Brangwyn réalisa en 1934 un décor très intéressant intitulé " Man's ultimate destiny". Cette peinture toujours en place fut réalisée en accord avec la technique de Sert , c'est à dire en sépia monochrome sur fond légèrement doré. Cette composition est signée, ce qui n'est pas le cas pour les décors de Sert.
Mais rien n'y fait, ce travail est complètement occulté par celui de Sert et ignoré par les visiteurs qui ne peuvent même pas trouver son nom dans le guide touristique donné à l'entrée du Rockfeller center "Tour of the rock, Rise to the top".
Même le site Gonyc.com ( go new york city) affiche sans complexe une photo du travail de Brangwyn avec une légende attribuant la paternité de l'oeuvre à Sert!
Lobby plafond: la ronde des avions.
Le muraliste Diego de Rivera, à qui fut attribué le mur d'accueil du lobby central, position privilégiée s'il en fut, se vit choisi pour ses qualités artistiques et non pas pour ses opinions politiques divergentes de celles de son commanditaire qui montrait par ce choix, une grand ouverture d'esprit et même une certaine tolérance irénique .
La fresque, car c'est bien d'un travail fait sur le mur et sur l'enduit de plâtre frais dont il s'agit, fut détruite sur ordre de John D Rockfeller le samedi 9 février 1934 à midi.
Rivera s'affranchissant de ses maquettes et projets réalisa une fresque communiste avec Lénine et drapeaux rouge bien loin de "l'homme à la croisée de sa route" montrant l'évolution du travail et la mécanisation comme progrès …exit Rivera et commande supplémentaire pour José maria Sert qui n'eut pas à évincer ses deux autres concurrents qui déclinèrent l'offre, ne voulant pas mettre leurs peintures dans un "lieu de passage"!
La paix et Le progrès industriel.
Le progrès industriel, la médecine, l'abolition de l'esclavage, la paix, sont la première série de 4,76 m x7 m livrée en 1933 ." Le progrès américain " est le thème des peintures du hall dont le panneau d'accueil fait 11,50m de long sur 4,64 de haut ..l'ensemble du plafond comme les remontées latérales des deux escaliers sont décorés les thèmes se succèdant avec des tailles impressionnantes : Le Temps, le Feu, la Lumière,la Fraternité. Puis "la guerre et la paix"" Le soleil et le feu pris au soleil" …La dernière commande de Sert est terminée et livrée à la fin de l'année 1939 ce qui coïncida avec la fin de l'ensemble des travaux de construction des six blocks du désormais célèbre Rockfeller center .
Pendant la construction et l'installation des décors peints, Edward Trumbull, un peintre, muraliste et décorateur, coordonna l'ensemble des thèmes de couleurs et supervisa la cohérence décorative.
Les marbres devaient être en accord de tonalité avec les peintures comme avec les cuivres et laitons des rampes et luminaires. Edward Trumbull fut un ami de Frank Brangwyn et connaissait Sert depuis ses premières réalisations New yorkaises pour W. Waldorff ou Harrisson Williams à Long Island.
Il est maitre en concordance et harmonie de couleur, il connait toutes les difficultés et subtilités des agencements de décors.
Et pour cause..
Les peintures du trop fameux Chrysler Building en témoignent . Réalisée par Edward Trumbull sur toiles en 1930, cette incroyable peinture est un patchwork dense et colorée, où comme sur le plafond du GE building, l'on retrouve des avions en mouvement, des foules de travailleurs ."Transport and Human Endeavor" que l'on peut traduire par" l'effort humain et les transports" est le titre de l'oeuvre et s'inscrit dans une subtilité de ton qui concorde avec les murs de marbre rouge du Maroc aux dessins hallucinants comme avec le jaune de Sienne du sol.
Le christ offrant son dos aux douleurs de l'humanité.
Harmonie telle que le décor est intégré dans un ensemble qui le rend lisible avec attention, il se découvre à la vision petit a petit car le plafond assez bas, ne laisse voir la figure christique de dos avec une représentation en plan du building allant de la porte principale jusqu'au "Desk" d'accueil qu'en levant bien la tête! Richesse des détails, couleurs et maitrise technique autant qu'artistique, cette peinture est d'une modernité déconcertante ..un pari fou, une allégorie sans limite un fourmillement qui rejoint le colossal épuré de José maria Sert.
Peinture et signature d'E.Trumbull 1930
Les deux ensembles décoratifs qui comptent et compteront de plus en plus comme des joyaux Art Deco sont bien sur à la merci des outrages du temps et des hommes. La société bien connue "Evergreen" spécialisée dans la peinture décorative et les restaurations fut amener à intervenir en 2009 . Nettoyage des vernis jaunis et obscurcissant les visages, rafraichissement des tonalités en enlevant le vernis outrageusement mis en 1970 ! ..Jeffrey Greene ,le président d'Evergreene, fit de nombreuses recherches et essais pour déterminer une technique de dé-vernissage indolore ..il fut même essayé des abrasions à la brosse à dent électrique ..les produits solvants étant à proscrire !
Deux restaurateurs derrière leur résille .
La technique employée fut celle de l'abrasion à la pierre d'Agathe pour brunir les ors ..après de légères pressions, le vernis cède et part en paillette … technique très simple mais longue !
Vernis oxydé
Deux ans de travaux très discrets derrière des bâches ….. Les vernis nettoyés, il y eu de nombreuses petites retouches sur des parties abîmés . Les plafonds furent aussi l'objet de toutes les attentions , un plancher amovible fut nécessaire pour y travailler.
Une attention toute particulière fut apportée à la toile "le progrès américain" qui recouvrait les installations électriques des ascenseurs.
"C'était comme si nous avions allumé les lumières " déclara Monsieur Greene lorsque les restaurations furent terminées !
Retouches sur les toiles de Franck Brangwyn.
Les campagnes de travaux d'Evergreene sont impressionnantes tout comme la variété et la magnificence d'intérieurs américains insoupçonnées.
Le lobby du Chrysler Building.
Jeffrey Greene fit de même pour le lobby du Chrysler building ..une grande campagne de nettoyage et restauration fut menée à bien, de nombreux rajouts (encore des années soixante dix) rampes d'éclairages, boitiers de sécurité, furent enlevées. Ainsi les peintures d'Edward Trumbull une fois retouchées, retrouvèrent leur intégrité.
Abercrombie & Fitch V° avenue, escalier et plafond.
Il existe une grande tradition de peinture décorative aux État-Unis.
Le siècle innovateur et conquérant correspondant avec l'apothéose d'un style utilisant beaucoup les ressources du genre, la décoration intérieure n'a pas peur des grands ensembles figuratifs allant volontiers du didactique à l'allégorique. La décoration intérieur de ce temple de la forme ,de la beauté, de la jeunesse ouvert sur la cinquième avenue est représentatif d'un gout pictural ayant pour racines les peintures de l'"Amérique heureuse" du deuxième quart du XX éme siècle.
Peinture sur toile marouflée "les gymnastes"; impossible d'obtenir le nom de l'auteur!
Le "concept store " Abercrombie & Fitch arrive à Paris et s'installe dans l'ancien immeuble de la Thaï Airways sur les Champs Élysées.
Il leur sera facile de recruter sur casting les plus beaux employés, de mettre la musique à fort volume dans un environnement tamisé...Mais espérons qu'ils veuillent rivaliser avec les peintures décoratives de la boutique de New York plus qu'avec le magasin de Londres dont les murs sont bêtement peint en noir.
Champs Élysée Paris ouverture Début 2011?
DES NOUVELLES DU RIVAGE
La Résidence d'été de la mère du dernier Khédive d'Egypte est en travaux depuis deux ans.
Entièrement bâché, le bâtiment se découvre en août 2010 pour l'occasion de l'année Istanbul capitale "Européenne " de la culture 2010. Les travaux ne sont pas fini comme nous avons pu le constater. Le ministère des affaires étrangères égyptien avec le Gürsoy grup a entreprit de somptueux travaux de rénovation pour l'un des bâtiments emblématique du patrimoine "Art Deco" d'Istanbul, devenu aujourd'hui le siège du consulat égyptien.
Situé sur les rivages de Bebek, sa façade imposante est très reconnaissable; le mélange des styles, les formes et composition architecturale laissent assez perplexe. La façade symétrique révèle les dispositions intérieures traditionnelles entre semanlik et haremlik ( partie des hommes et partie des femmes) séparés par un avant corps à deux tourelles ajourées. La façade est rythmée par un jeu de bow-window surplombés par des loggias et balcons; le tout coiffé par un imposant toit à pans coupés. Ce bâtiment, construit sur l'emplacement d'un Yali en bois, est un mystère architectural.
En effet, les différentes parties semblent avoir été réalisées en plusieurs étapes et peut être par plusieurs architectes. La façade sur rue est agrémentée de petites tours avec une très forte influence Art Nouveau contrastant avec le classicisme de la façade ayant une végétation "art Deco" assez réaliste sur les grilles et corniches extérieures. La mère du Khédive, la Princesse Emine Ibrahim Hamisultan adorait les fleurs et l'art moderne ,une photo la représenterait dit-on devant une reproduction florale d'Alphonse Mucha.
Les grilles d'enceinte ainsi que les portails sont d'un travail remarquable de composition florale naturaliste dans le style liberty italien . La rampe de l'escalier principale extrêmement ouvragée est un pure chef d'oeuvre. Les tiges et fleurs d'Iris s'entremêlent avec de longues feuilles de couleurs .
Le motif floral se retrouve aussi sur les corniches du rez de chaussée, sur les piles de soutènements en métal ainsi que sur les contresmarches. Les motifs plus abstraits des fenêtres sur rue sont assez différents; ce qui laisse supposer une deuxième phase de construction correspondant à des aménagements pouvant modifier les arrivées de lumière naturelle qui ne semblaient pas satisfaisantes.
Les courbes faîtières très impressionnantes, sorte de col de cygne, têtes de mouettes? Postées en génies protecteurs cardinaux. Cette décoration ne figurent sur aucune des anciennes photographies, et nous n'avons pas réussi à trouver des documents montrant un état datant de la construction du Palais en 1907. Les différents articles de la presse turque assurent que le palais a été restauré suivant toutes les précautions des monuments historiques aussi bien pour l'extérieur que l'intérieur (Presse).La désastreuse parabole défigurant le corps central a été heureusement supprimée.
Etat avant travaux avec une parabole géante sur le corps central. 2007
Les peintures et les revêtement sont entièrement refait, la rénovation est complète. L'intérieur est aussi en totale restructuration. Les derniers travaux dataient de 1984 et avaient paré au plus pressé.

Façade sur rue. État avant travaux ( 2006) en haut . État actuel Novembre 2010
On attribut le plus souvent la paternité de l'ouvrage au génial D'Aronco, mais en dehors de tout document preuve cela est fantaisiste et sans fondements, il est certainement plus crédible de soutenir la thèse (assez étayée) qui consiste à voir ici le travail d'Antonio Lasciac, architecte d'origine autrichienne qui devint italien et travailla au Caire pour le Khédive et la famille royale. Il existerait une certaine affinité entre le palais de Bebek et le palais Daïra Djelal Pacha au Caire.
La façade sur rue, qui semble postérieure avec ses petites tours, pourrait avoir été réalisée par un architecte turc car les éléments de décoration en fer à cheval encadrant les fenêtres se retrouvent sur certaines maisons de quartiers d'Arnavüköy. Le travail des fenêtres est néanmoins remarquable de stylisation Art Nouveau.
Le mobilier intérieur fut réalisé par la société Carlo Buggati . De nombreuses pièces réalisées sur commande furent achetées par Lascia pour le Khédive . Ce mobilier extraordinaire fut malheureusement dispersés. Des copies de bonne facture furent réalisées pour remeubler les salons en 1984 .
Le Khédive se fit construire sur les hauteurs de Çubuklu, après Kanlica, une résidence imposante avec une tour sémaphore ayant une vue splendide sur le Bosphore.
C'était, dit-on, pour prendre un café au clair de lune avec sa seconde épouse, une ravissante comtesse hongroise au doux nom de May Torok von Szendro, avec qui le Khédive vécut une passion forte ..Il s'émancipa de sa première femme qui resta confinée dans le harem tenu par sa mère.
Il parcourra l'Europe avec sa Comtesse mariée en secret et convertie sous le nom de Princess Djavidan Hanem. Elle se présentait habillée en homme dans les réceptions officielles turques car le protocole interdisait une présence féminine du Palais. Elle raconte dans ses mémoires qu'un soir oubliant qu'elle était supposée être un homme, le khédive lui dit ,en français, à la grande surprise de son entourage "Mon amour, comment te sens tu ? n'es tu pas fatiguée?".
Le couple divorça en 1913. Ayant rencontré chez Maxim's à Paris, une jeune femme de vingt ans, sensuelle et ronde, outrageusement maquillée qui suivant la rumeur vendait ses charmes. Le Khédive amoureux parti pour l'Egypte avec sa nouvelle conquête qui dit-on l'espionna pour le compte du gouvernement français!
La comtesse May garda son nom turc et finit ses jours entre Vienne et Berlin, travailla comme interprète pour le gouvernement provisoire français d'Innsbrück en 1945 puis termina paisiblement sa vie mouvementée en 1968.
Balcon belvédère du palais du khédive
Aujourd'hui transformée en Hôtel, ce deuxième palais sur les hauteurs de Çubuklu, présente un jardin somptueux avec une remarquable fontaine dans la cour. Ce bâtiment d'influence Art Deco, du moins pour son intérieur, est couramment attribué à l'architecte Delfo Seminati, ce qui pour certain serait abusif. Il s'agirait d'une autre réalisation d'Antonio Lasciac.
Le grand architecte italien Raimondo D'Aronco a beaucoup travaillé pour Istanbul, créant ainsi un patrimoine aujourd'hui reconnu, en témoigne la réédition du catalogue d'une exposition confidentielle de 2006 appellé "Osmali Mimari" D'Aronco 1893-1909 Istanbul Projeleri . c'est à dire Un "architecte Ottoman "D'Aronco (1893-1909) Projets pour Istanbul chez Arastirmalari Ensuitüsü édition 2010.
Raimondo D'Aronco (ici pour en savoir plus )
Mais deux de ses réalisations les plus remarquées sont aujourd'hui dans un état bien lamentable ..la formidable Casa Botter d'Istikla Caddessi, premier témoignage 1900 qui photographiée en 2007 présentait un aspect désolé, son état ne s'est pas amélioré en 2010. Impensable que cet immeuble ne soit pas sauvé tant son importance pour Istanbul est grande!

Casa Botter Istiklal caddesi Beyoglu
Il en va de même de la " nouvelle Ambassade d'Italie" à Tarabya construite en 1906 , qui devrait être traitée avec autant de soin que la villa Majorelle de Nancy.
Aquarelle de La villa de Tarabya
Son aspect dégradé et son délabrement n'arrachent pas un regard aux visiteurs passant si près en bateau lors de leur "Bosphorus cruises". Le toit en auvent sur la terrasse semble en dangereuse posture. Les éléments décoratifs sont aussi en très mauvais état . Qu'en est il de l'intérieur ?...Cela fait peine à voir .
Le climat n'est pas favorable aux maisons du rivage et les destructions furent malheureusement nombreuses comme le très particulier et si regretté Yali de Nazime Sultan à Kuruçesme construit en 1902 par D'Aronco et détruit (pour quelles raisons?) en 1923 alors qu'il avait recueilli le parlement turc après l'incendie du Palais de Cirangan en 1910….
Yali de Nazime Sultan- R D'Aronco 1902
La nouvelle ambassade italienne de Tarabya fut un modèle de l'esprit qui animait les architectes étrangers venus à Istanbul sur la demande du Sultan après le tremblement de terre du début du siècle . Inspiré par le "Genius loci" Viennois qui cherche à redécouvrir les traditions populaires et réaffirmer une identité nationale en travaillant avec les concepts les plus modernes de l'architecture, cet "esprit du lieu" donne un intéressant syncrétisme entre les traditions Ottomanes et le style européen du siècle naissant.
Ce travail qui regroupe des italiens comme D'Aronco, Montani, Barborini..( Yildiz saray, fontaine de Tophane, Casa Botter, maison Huber ...etc etc …..) des Français comme M.A Bourgeois, léon Parvillée, Adolphe Maillard et Alexandre Vallaury (Kiosque d'Abülmecid , Ecole de médecine militaire d'Haydarpacha) ou le Prussien Jasmund (gare de Sirkeci) intensifia la prise de conscience d'un patrimoine Ottoman et créa un renouveau de l'architecture turque avec la naissance du "style national turc" ayant pour chef de file Kemaleddin Bey (1870-1927) et Vedat Tek (1873-1942) dont on ne mentionnera que la superbe maison construite pour lui et sa famille à Nisantachi et qui, elle, est très bien restaurée.

Nisantachi -Istanbul 2010 - Maison de Vedat Tek
LE SILENCE DE MALMAISON

Ma veille continue au milieu de la nuit
la plus terrestre, sous un ciel qui penche et fuit
comme la voile d'un navire sans mâture.

Elle ne guérit pas le mal essentiel,
Celui que laisse à l'âme une absence de ciel
Quant aux lèvres des fleurs montent les sèves chaudes
Ah! cette nuit trop longue est vraiment d'ici-bas
Et la terre en gésine est tendre sous mes pas
Dans le coeur j'ai déjà tous ses parfums en fraude

Il faut veiller malgré le vertige naissant
Malgré le vent d'avril qui souffle sur le sang
Et malgré l'ombre douce et jeteuse de charme…
Quelqu'un doit revenir aux premières clartés;
Mais si je tombe avant qu'il ne m'ait accosté
J'ai les yeux assez grands pour contenir mes larmes.
***
Le château de Malmaison - façade côté jardin

Le 27 septembre 1800, l'architecte Pierre - François Fontaine note dans son journal :
"nous sommes forcés
d'élever en pierre des piedsdroits extérieurement sur les trumeaux.Cela ne gâte pas les façades qui n'ont rien de remarquables.
ces piedsdroits d'ailleurs porteront des statues,des vases et orneront un peu cette vilaine maison"
La façade sur jardin se voit donc agrémentée de quatre statues de marbre ayant décoré les jardins de Marly jusqu'à la Révolution:
"Pomone" de François Barrois,"L'air "de Philippe Bertrand, une "compagne de Diane" d'Anselme Flamen ainsi que "Flore" de René Frémin . Ces oeuvres du XVIII° sont actuellement au Musée du Louvre.
Les quatre vases de marbre blancs placés au centre de la façade provenaient sans doute aussi du château de Marly. Ils furent déplacés en 1879 pour décorer le bassin central du jardin des Tuileries.
Façade côté cour.
Dès 1800 les pieds droits de la façade cour reçurent pour décoration huit statues antiques du palais du Louvre. En 1827, le château fut vendu au banquier suédois, Jonas Hagerman, les meubles et le reste de la bibliothèque furent mis aux enchères dans la cour du château . Les statues antiques de la façade sont alors restituées au Louvre. D'important travaux furent entreprit par Hagerman . Il ne pu éviter la démolition de la grande galerie ainsi que du bâtiment des cuisines en très mauvais état. Une nouvelle façade de consolidation fut appliquée sur le bâtiment ainsi que de nouvelles statues.
Les quatre continents et les quatre saisons, statues de terre cuite non signées, furent placées sur la cour .
les quatre continents encadrant le pavillon d'entrée eux même encadrés par les quatre saisons.
Vers 1930, soit un siècle après, la façade reçu un nouveau crépi .
les statues de terre cuite furent remplacées aux mêmes places par des copies en ciment.
L'aspect général de la façade est assez proche de celui du béton moderne.
Depuis ce jour les terres cuites sont en silence dans les sous-sol du château .
Invisibles aux visiteurs, elles résistent à leurs dégradations inévitables par la lenteur des jours et le silence des nuits.
Une saison manque. Personne ne peut dire aujourd'hui où se trouve la huitième statue de terre cuite.
"Ton absence est un vide que ta présence ne peut combler "
L'hiver.
La copie de façade avec son brûle parfum
***
Plus que le vent d'hiver dans l'attente donne froid
Et me fait souvenir de mon âme à l'étroit
Quand tout le ciel se refermait sur la fenêtre
d'où je guettais quelqu'un de chaud comme un vivant
Qui revînt de très loin et se fît reconnaître
Pour que le bonheur eût les mêmes qu'avant.

Bruissement de cils, oh! ces ailes battantes
d'anges que je sentais par la grâce d'amour
Sur mon visage au bord des maternelles pentes
Où glissent les enfants qui souffrent trop le jour.
Il a fallu pour que je vive et les oublie
Ton souffle au goût mêlé de soleil et de pluie.
Luc Estang
"Le mystère apprivoisé "
Robert Lafond - 1943
BLACK MUSEUM
Frogmore House est une curieuse maison de famille datant du dix septième siècle, construite par Hugh May qui fut l'architecte du château de Windsor sous Charles II .
Fromore House fut acheté par la suite par la reine Charlotte en 1792. James Wyatt transforma la maison pour en faire une résidence royale , une sorte de Trianon pour que la reine et ses filles puissent y venir passer des moments de détente: peindre, dessiner , jouer de la musique ainsi qu'herboriser en tout tranquillitée.
Augmenté d'un étage et de deux pavillons reliés par une colonnade couvrant une galerie ouverte , la maison subi des transformations jusqu'en 1804, ce qui de modifications et aménagements décoratifs néo-classiques lui enleva tout aspect du dix septième siècle.
Le Mausolée
Frogmore est agréablement située dans la partie privée du grand parc du château de Windsor, résidence royale depuis 900 ans. La grande reine Victoria y était très attachée ainsi qu'à son splendide jardin. Elle s'y fit inhumer au côté de son défunt mari, mort bien avant elle. Construit dans le parc non loin de la maison entre 1862 à 1871, le mausolée de la Reine Victoria et du prince Albert est un pur bijou du style Victorien .

Intérieur du mausolée. Les gisants de marbre sont les dernières réalisations du Baron Carlo Marochetti ( 1805 1867) .
Le château de Windsor est très visité, son entrée avec portiques de sécurité et billetterie moderne est efficace pour drainer les flux .Les salles sont somptueuses et tous les trésors de l'Empire émerveillent les touristes du Commonwealth, la puissance anglaise ne se cache pas. Toujours en activité, le château se trouve vivifié par la pérennité de la famille royale d'Angleterre.
Frogmore n'est plus aujourd'hui" résidence royale". La famille royale y séjourne parfois mais le plus souvent pour des réceptions ou des obligations royales . L'intérieur, somptueusement décoré et entretenu par ses prestigieux occupants, n'est pas facile à visiter. Ce n'est ouvert à la visite uniquement les 28, 29, 30 août de 10h à 16H ! …le mausolée, quant à lui en travaux est donc fermé pour l'année 2010.
Les restaurations intérieures entreprises au début des années 1980 furent l'occasion de décorer et d'arranger de nombreuses pièces très dégradées pour illustrer les phases successives d'aménagement de la maison du début du dix huitième siècle jusqu'au milieu du vingtième siècle. Son altesse S. Mary de Teck dite " the Queen Mary" aménagea la "Chambre des fleurs" et le "Musée noir", dans le but de créer un musée de la famille Royal, un musée du souvenir présentant des "petites choses d'autrefois"( Bygone odds and ends)
.
Ces deux pièces furent restaurées et aménagées d'après d'anciennes photographies des lieux datant de 1939, La Reine Mary rassembla une collection de fleurs artificielles de soie et de cire sous globes de cristal présentées dans la "Flower Room" ainsi qu'une série de meubles noirs incrustés de nacre, décorés de fleurs peintes et d'éléments dorés à l'or fin appelé le "Black Museum".

Les meubles sont des curiosités datant, pour les plus anciennes pièces, de 1820 jusqu'au années 1880. Guéridons , chaises , petits meubles de rangements et étagères à bibelot, cette large variété d'objets sont fabriqués en "papier-mâché".
Certaines des plus belles pièces sont signés Jennens & Bettridge les plus célèbre fabricant de ce que les Anglais appelle "Paper-mache" et que nous connaissons aussi sous les appellations de "Carton-pierre" "carton boulli ou même "carton pâte".
Arrivé d'Asie où cette technique était connu depuis le huitième siècle, la technique de fibre de lin ou de chanvre broyés et agglomérés donnait des objets légers avec un poli parfait pour les laques. Depuis le dix septième siècle, cette technique était connu en Europe .
L'industrieux dix neuvième lui donnera un essor considérable en améliorant la technique de presse et de colle, de moulage et taille pour en faire un des matériaux essentiels pour les arts industriels.
En France, Pierre Adt, fabricant de tabatière de père en fils, ouvre une usine utilisant la technique du papier pressé collé à Forbach en 1844 . Il s’associe avec ses frères sous l’appellation "ADT Frères". Ils se spécialisent plus particulièrement dans les objets et l’art de la table : plateaux, bonbonnières, rafraîchissoirs, corbeilles à pain , paniers à couverts, coffrets, etc... avec une importante production jusqu’au début du siècle. Installé dans un splendide hôtel Renaissance à Pont à Mousson le musée "Au fil du Papier" a la particularité de présenter une série aussi intéressante qu'unique d'objets et de mobilier réalisés en papier mâché laqué.
L’Angleterre se détournait des lourds modèles Regency et cherchait des modèles plus fins et légers. L'idée de couler une pâte à papier additionnée de colle dans des moules date à peu près de I820. Joshua Bettridge devint le plus célèbre fabricant et marchand de meubles en papier mâché , il travailla jusqu'en 1860 et exporta dans le monde entier. Il meubla la plupart des grandes résidences du centre de l’Angleterre : Knowlsley Hall, Aston Hall ou Weston Park.
Associé avec Aaron Jennens, Jennens & Bettridge devint fournisseur patenté de la Reine Victoria. Installés à Birmingham, ils fondent un atelier en 1816 au 3 West halkin street à Belgravia, London. Ils eurent des représentant à New York et à Paris.
Les sièges et les petits meubles des fabricants anglais comme ceux que l'on trouve dans le Black Museum furent de grande qualité et arrivent jusqu’à nous encore en bon état : fauteuils gondoles, chaises basses à haut dossier, chaises légères à dossier ajouré, guéridons, jardinières, tables à ouvrage, plateaux,coffrets, écritoires, le tout décoré gaiement, peints de bouquets bucoliques ou de chinoiseries, avec incrustations de nacre (le "burgau" nacre irisée provenant principalement des Philippines et utilisée par les Chinois) avec rinceaux et arabesques d’or, sur fond noir vernis pour imiter la laque.
"Travailleuse" de Jennens & Bettridge 1860
Le papier mâché pouvait s’adapter aux formes les plus capricieuses et les plus étonnantes. Les meubles ainsi créés connurent un succès sans précédent dans cette nouvelle société de consommation européenne, éprise de luxe ostentatoire et de confort, qui vit le début des expositions universelles et des grands magasins aux catalogues illustrés.
En France, la famille Cruchet, menuisier et ornementiste français de grand talent, furent des figures du quartier la nouvelle Athènes, leurs productions de meubles de bois sculptés est bien connu mais leurs productions de sculptures en carton pierre un peu oubliées alors qu'elles furent primées à de nombreuses reprises ainsi que les artisans de leurs fabriques qui étaient des maîtres ayant un savoir aujourd'hui perdu.
Le rapporteur du jury international pour la section française à l'Exposition de 1855 commenta ainsi la médaille d'or de la maison Cruchet :
"L'élégance de la forme, le bon goût et le charme de la composition, l'habilité du travail, sont les qualités qui dominent dans les productions de Monsieur Cruchet, dont la réputation justement méritée est établie depuis longtemps aussi bien dans l'industrie du carton-pierre que dans l'art de la sculpture en bois, ses panneaux de pâte moulée, ses motifs de bois sculpté, ravissants trophés de chasse et d'animaux, ses grands sujets décoratifs sont remarquables entre tous par la finesse du modelé par l'ampleur et en même temps par le charme de l'exécution."
Cette production a en grande partie disparue. Le Victorian and Albert Museum de Londres conserve un panneau cynégétique daté de 1851, signé Cruchet, présenté parmi les chefs d'oeuvres de" paper-mache" de Jennens & Bettridge .
L'idée incongrue d'utiliser d'autre matériaux que le bois pour confectionner du mobilier trouva dans les débuts du vingtième siècle toute sa place . L'invention du "Design" donna aux chercheurs et créateurs tout loisir d'expérimenter les formes et les matériaux. Le métal, le verre, le plastique etc...
Avec le Fonctionnalisme, le Bauhaus et les créations allant de Charlotte Perriaud à Mallet Stevens, notre regard et notre approche des choses ont changés.
Les formes nous sont connues comme la célèbre chaise tulipe d'Eero Saarinen de 1956 mais les matériaux le sont moins . Les grandes avancées des matériaux composites, des matières plastiques laissent loin derrière la bakélite des années soixante pour faire place aux polymères synthétiques qui allient aujourd'hui deux propriétés antagonistes autrefois, la transparence et la résistance aux chocs.
Les meubles en acier de maille combinée avec sacs gonflables en fibres recyclées du créateur mario bellini
Les polycarbonates de Tokujin Yoshioka qui tentent de faire des meubles invisibles!
Les dernières avancées technologiques rendent les matériaux légers, solides, souples et colorés ,résistants aux chocs et aux UV avec des formes sophistiquées. Moulées d'un seul bloc, les chaises en polypropylène avec fibre de verre de Stefanno Giovannoni utilisent la technique de l"air moulding" apparu il y dix ans dans une création de Jasper Morrisson.
L'air moulding est comme son nom l'indique en anglais, une technique d'air soufflé à froid sur matière plastique composite chaude. Cela permet d'avoir des meubles très légers ne pesant que le poids de leurs silhouettes.
Ce schéma simple récapitule les étapes: 1 : injection des matériaux 2: Plastique mélangé 3: tête de sortie 4: Tube d'arrivée d'air 5: préforme, forme tubulaire de plastique chaud 6: moule 7: air sous pression 8: produit fini.
cliquer pour les détails du shéma.
Les formes et matériaux évoluent donc suivant les routes sinueuses des goûts et façon de vivre . Certain trouveront dans l'épure des formes actuelles représentant la modernité un recul de l'esprit purement décoratif tel qu'il se concevait objet après objet s'inscrivant dans un cadre général ou chaque pièce de mobilier ou d'objet d'art avait sa valeur propre de réalisation et de représentation. Aujourd'hui le cadre global est en lui même un objet qui se suffit à lui même . Le dépouillement et la pureté des matériaux sont hostiles au vieillissement, tout se doit d'être neuf et pur donc solide et inaltérable.
Les goûts et techniques du Dix neuvième siècles sont loin derrière nous. Les meubles et objets usuels en papier-mâché sont maintenant des fantaisies mais la technique existe toujours, même si la virtuosité des ateliers a changé.
COW "Japan" signé: Vanille MB, papier-maché (Aroot.org) non daté.
LA COURONNE DU MONDE
Si proches bien qu’à distance
les êtres qu’il façonnait
avaient beau n’habiter aucun lieu
ils étaient les habitants inexpugnables
de leur fixité sans racines.
L’épée des autres
la couronne du monde
le sceptre que je suis
et chasser
les éclatantes simagrées du vide
loin de leurs palais pavoisés.
Après le cataclysme orné
d’écume fraîche
et de plaies dentelées
je me suis tenu tranquille
et j’ai bu ma goulée de silence
ô fougères
féerie verte au rideau retombé
niant l’entrelacs des tiges dont la sève
plus que jamais encagée
devient parfum qui se dégage
Es-tu né du soleil qui troue les robes claires
dore le ventre et donne sa chaleur au lait
ou bien ta mère est-elle une punaise de calvaire
qui te mange le cœur et te sèvre à jamais
Enfant tournant en rond au préau de misère
en noir sur blanc ainsi qu’une cible apparaît
as-tu fini de déchiffrer le syllabaire
du trou de la serrure antre gras de secrets ?
Dans le jardin bas du parc de Saint Cloud, ruine parmi les ombres du château disparu se dresse le groupe sculpté par Elias Robert .
Déposé de son fronton prestigieux d'où elle regardait les foules entrant sous son arche monumentale, la "France couronnant les Arts et l’Industrie " encadrée de ses poutis martelés, semble ne pas finir sa pénitence.
Les couronnes et auréole ont depuis longtemps disparues. Les mousses et suintement d'eau de pluie, laissant de sombre taches, plongent les sculptures dans une mélancolie féroce. Les passants oublieux du passé , les incultes dominateurs ayant scarifié d'un "MR" barbare la joue poreuse et humide de la France qui ne regarde que le vide, rendent cet exil des plus poignant. La rupture de continuité avec les frontons de Versailles qui clament en lettres de bronze "A toutes les gloires de la France" se cristallise par une relégation datant de plus de 100 ans .
" Par arrêté en date du 25 novembre 1899, « les sculptures ci-après désignées : groupe de couronnement, par Elias Robert, deux groupes d’enfants, par George Diebold, provenant de la façade de l’ancien palais de l’industrie ont été affectés, à titre de dépôt, à la décoration du domaine de Saint-Cloud… "
"Les frais de dépose et de transport seront, ainsi qu’il a été convenu, à la charge du Commissariat général de l’Exposition de 1900."
"Lorsque les trois groupes furent tronçonnés en quarante morceaux pour être détachés du bâtiment et transportés à Saint-Cloud, l’emplacement dans le parc, n’était pas exactement déterminé. Le démolisseur Casel les fit déposer dans un coin du chantier du Petit Palais en construction. Il semble que durant ces manipulations, les morceaux furent mis à rude épreuve, et ils arrivèrent à Saint-Cloud en piteux état. Par ailleurs bien que ce soit prévu dans son devis pour la commission de l’exposition de 1900, l’entrepreneur refusa, dans une lettre datée du 15 février, de s’occuper du transport de ce puzzle encombrant. Finalement déposés, on ne sait dans quelles conditions, sur la pelouse en bas du parc, les morceaux nécessitaient quelques soins avant d’êtres remontés. "
Le sculpteur Jonchey fut commandité pour réparer certaines parties, la tête de la figure principale, la jambe drapée d’une femme couchée, d’autres fragments de draperies, de bras et de jambes »
Une campagne de restauration eut lieu dans les années 20, la tempête de décembre 1999 décapita la statue de l’Industrie, heureusement recollée, une nouvelle campagne de restauration est prévue pour 2010 parait il.
Dans un ouvrage paru chez Parigramme, Sylvain Ageorges nous renseigne de manière magistrale sur les traces des expositions universelles, qui magnifièrent Paris:
Sur les traces de Exposition Universelles
1855 1937.
Le Palais de l’Industrie était construit suivant les principes les plus modernes : une structure métallique de poutrelles et colonnes, parement de briques et verres puis pierres en façade.
Trois architectes Viel, Desjardin,Villain et M.Barrault ingénieur civil, furent nécessaire pour élaborer ce monstre de près de 28 000 m2. Un immense vaisseau d’exposition de 35 m de haut avec 408 fenêtres avec une rotonde en arrière plan, ce qu’on appelait le « Panorama » était relié à la Galerie des Machines, le long de la seine, 1800m de long et 17 m de haut, remplie de machines tournant, crachant dans un fracas épouvantable !
Cliquez sur la carte pour voir les détails.
Cet espace d’exposition gigantesque reçu plus de 5 millions de visiteurs pour l’exposition de 1855 organisé par une commission impériale dirigé par Plon-Plon et inauguré par son cousin Napoléon III . Jusqu’en 1897 ce Palais « Napoléon » servit aux salons de Peinture, aux concours épique, aux salons des produits agricoles et cheptels Français et à diverses expositions d’Art liées à l’industrie. Sa destruction fût programmée pour créer l’ « axe républicain » qui va du Palais de l’Elysée jusqu’aux Invalides; c’est à dire , l’avenue Churchill actuelle, face au Pont Alexandre III entre le grand et le petit Palais construit pour l’exposition Universelle de 1900.
Il ne reste aucun souvenir dans l’esprit des parisiens de cette masse de pierre de métal et de verre .Le Palais de l'Industrie a disparu si ce n’est ce groupe mélancolique oublié ….Un grand nombres de poutrelles furent réemployées pour la construction de l’église Notre Dame du Travail au 59 de la rue Vercingétorix dans le 14° arrondissement. Ironie du sort cette église fut construite par Jules Astruc pour accueillir les ouvriers et travailleurs étrangers des chantiers de l’exposition universelle de 1900.
L’église Notre Dame du Travail au 59 de la rue Vercingétorix dans le 14° arrondissement.
Plan superposé de 1855 et 2010 de ce que l’on appelait le « carré marigny » avant la construction du Palais de l’Industrie.
Mes yeux
Ce que je vois
Le vide qui entre nous ouvre son chas d'ennui
et la cassure de nos regards
Les textes des photos d’en-tête sont des strophes tirées du recueil «
haut Mal » de Michel Leiris (NRF 1946).
Ci joint un extrait d'article très documenté de G.Poisson sur le palais de l'industrie; in "1855 La première exposition universelle Française" sur Napoléon .org:
"Dans le Palais de l'Industrie figuraient aussi les arts décoratifs, séparés des arts majeurs exposés ailleurs, ce qui est caractéristique. Ils témoignaient d'une technique impeccable et souvent virtuose, mise au service d'un décor surchargé, redondant, foncièrement éclectique, puisant son inspiration dans le pseudo-gothique, la Renaissance italienne, l'« historicisme », utilisés dans l'amour de l'ornement et de la surcharge, avec une prégnante horreur du vide. Art décoratif s'exprimant aussi par des procédés s'apparentant au faux : à l'ébène authentique se substitue le poirier noirci, le bronze de fonte est remplacé par le « bronze d'art » issu, grâce à Barbedienne, de la galvanoplastie. « Les éventaires surchargés de “superbes objets d'art” de l'Exposition ne sont dès lors que la version kaleidoscopique d'un intérieur cossu de l'époque » (Pascal Ory).
Et l'on fit un triomphe au procédé de Ruolz, exploité par la maison Christofle : l'Empereur lui commanda, pour huit cent mille francs, un service de cent couverts.
Ainsi, les pays participants exposaient-ils leurs productions côte à côte, et sous le même toit, source de comparaisons, mais sans mise en valeur, ce qui entraînera à partir de 1867 la création de pavillons nationaux séparés disséminés sur toute la surface de l'Exposition : 1937 verra l'apogée de cette formule. La rotonde avait été construite, à l'époque, par Hittorff sur des principes novateurs : diamètre de quarante mètres, charpente à structure suspendue. Elle fut modifiée pour l'Exposition et on y présenta les créations destinées à l'Empereur et l'Impératrice. Tout ce qui touchait à leur « Maison », à l'art décoratif officiel, tapisseries, porcelaine, était groupé autour des diamants de la Couronne. La rotonde apparaissait comme le résumé, la « tribune » de l'exposition, mais on y trouvait aussi le revolver du colonel Colt, les pianos Erard et Pleyel et un nouvel instrument de musique inventé par le Belge Sax, le saxophone.
Le long de la Seine s'élevait la Galerie des Machines, longue d'un kilomètre deux cents sur seulement vingt-huit mètres de large, aux entrées d'extrémités de style résolument classique, ouvrant sur une nef à fermes métalliques endemi-cercle.
Elle abritait une section purement technique, temple de l'Industrie où la France affichait sa compétition avec l'Angleterre. D'innombrables machines y fonctionnaient toute la journée, alimentées par la vapeur, dans un bruit assourdissant. On y voyait la locomotive à vapeur Cockerill, apte à tirer des convois de quatre cent cinquante tonnes de houille, ou la Crampton, des usines Cail, qui pouvait atteindre cent kilomètres/heure de moyenne, la rotative de Marinoni, grâce à laquelle la Presse va se développer et se diversifier, les machines à coudre de Grover et Baker ou de Singer, début d'une étonnante saga industrielle.
"
G.Poisson in "1855 La première exposition universelle Française." Napoléon.org
LA CASA BUONAPARTE
Le Prince Victor Napoléon, petit-fils de Jérôme,
dixième propriétaire de la maison Bonaparte au XIX ° siècle en sera le dernier
au XX° siècle.
Il la donnera à l’Etat, trois ans avant sa mort en 1926.
Vue extérieure avec le jardin oasis en vis à vis. Jardin créé par André Ramolino sur l'emplacement d'une ancienne maison .
La maison natale de
l’Empereur, classée Monument Historique, devient Musée national en 1967.
Les périodes de faste et d’oubli alternent depuis l’acquisition de cette maison du centre d’Ajaccio par la famille Buonaparte dès la fin du XVII° siècle.
En 1764, Charles-Marie Bonaparte épousa
la jeune Letizia Ramolino et s'installa avec elle dans la demeure familiale.
Napoléon, Lucien, Louis, Jérôme, Elisa, Pauline et Caroline y naîtront
successivement . Seul Joseph l'ainé naquit à Corte. Après le décès de son époux
en 1785, Letizia continua à élever ses enfants dans cette demeure
.La décoration fut mainte fois
reprise. Les saccages de l’occupation Anglaise, permit à Laetizia Ramolino –Buonaparte de percevoir une
indemnité qui fut mise à profit pour décorer l’ensemble de la maison en 1798.
Les grandeurs de l’Empire
comme les vents funestes de la fin de l’épopée napoléonienne, impriment les
vicissitudes de la famille dans les murs de la maison, qui se présentera nue et
désolée au couple Impérial qui en prend possession en 1852.
Napoléon III et l’impératrice Eugénie ont à cœur de refaire l’ensemble de la décoration et de la pourvoir en mobilier pour garder le souvenir du grand oncle intact.
Alexis
Paccard, architecte du palais de Fontainebleau et Jérome Maglioli, peintre
ajaccien, interviennent efficacement pour que le 15 août 1869, le jeune prince
impérial en visite avec sa mère à l’occasion du centenaire de la naissance de
Napoléon Ier, trouve la maison de son illustre aïeul en parfait état.
Décor de jaune uniforme, tel que la visite avant 2003 pouvait le laisser voir.
Durant l’hiver 1956 1957 des
travaux de restauration et d’ « embellissement » sont entrepris
par la volonté d’un conservateur, dont le nom est tu par égard pour sa famille.
Le deuxième étage voit l’ensemble de ses murs badigeonnés d’un jaune uniforme. Les élégants plafonds peint par Maglioli, ont été heureusement sauvegardés alors qu'ils devaient subir le même sort. La salle à manger est repeinte en appareillage de faux marbre blanc dont les traces ont été découvertes sous les trumeaux des glaces.Les chambres du premier étage sont tendues de tissus. La grande galerie est repeinte pour recevoir du papier peint ! Ouvert en 1967, le Musée n’a plus grand chose à voir avec les cartes postales du XIX°siècle qui présentaient en noir et blanc les décorations Napoléon III , détestées car incomprises.
En 2003, par la magie d’un
rayon de soleil rasant les murs du second étage, les traces et surépaisseurs
des décors sous-jacent se révèlent à l’œil aiguisé de Marie-lys de Castelbajac.
Restauratrice agréée Monument
Historique ayant notamment travaillée à la villa Paolina, appelé villa Bonaparte, Ambassade de France auprès du Saint Siège à Rome, ainsi qu'au château de la Malmaison, dont la Casa Bonaparte dépend.
Elle peut entreprendre des sondages et révèle ce que l’on soupçonnait …
Décor du second étage et buste de Napoléon III.
Peint sur un fond de chaux, une alternance de bandes verticales de différentes largeurs, présente un décor floral réalisé au pochoir. La cohérence avec les plafonds , les différentes couleurs habillant les murs donnent une élégance et un faste que l’architecture ne pouvait fournir. Dégagement mécanique au scalpel, les 248 m2 de murs sont délicatement grattés par l’équipe de M-L de Castelbajac. Les décors sont retouchés à l’aquarelle dans un lent et patient travail de micro touche qui donne une vibration agréable pour l’œil. En 2007 le deuxième étage étant terminé, la restitution des décors des appartements de la famille du premier étage peut être entreprise. Les murs et les sièges avaient été garnis en 1979 de tissus exécutés d'après les renseignements fournit par les archives. La chambre dite "à l’alcôve" qui, selon la tradition, était la chambre occupée par le général Bonaparte en 1799 à son retour d’Egypte, est restaurée en 2008. Les murs sont dégagés et retouchés. Les huisseries et fronton d’alcôve retrouvent aussi leur aspect antérieur, faux bois rouge et filets noirs pour les boiseries, or et argent pour les couronnes et palmettes .
Aujourd'hui après les travaux de 2008 .
Hier, avec le badigeon des années cinquante, le vert uniforme des boiseries.
La galerie avant restauration.
Mais le morceau de bravoure est sans conteste la grande galerie qui est en train de renaître en ce début 2010 . Cette pièce de réception est exceptionnelle dans une maison ajaccienne par sa longueur, elle mesure seize mètres et présente une superficie totale de 60 m2. Elle fut aménagée sur une partie de la terrasse en 1797 lors des travaux d'agrandissement effectués par la famille Bonaparte. Le parquet, le seul de la maison, est en noyer. Les décors Napoléon III ont été « cachés » par une grosse peinture blanche et verte servant de préparation pour coller du papier peint. Les dégagements ont été très long et éprouvant, mais la patience et les recettes techniques de l’équipe de Madame de Castelbajac ont pu en venir à bout en trois mois. Les volets et fenêtres ont été repeint en gris d’origine. Un élégant décor floral à été découvert dans les ébrasements des fenêtres.
Jean-jacques
Gambarelli Journaliste du journal Corse-matin publia en février un article dans
lequel Jean-Pierre Communs-Orsatti, responsable scientifique de la maison
Bonaparte, véritable homme orchestre de la résurection du musée nous explique
que :
« La tapisserie que l'on a apposée sur les murs de la galerie, à la fin des années 50 est une hérésie » « Le comble du mauvais goût a été atteint quand on sait que ce papier peint était censé imiter le style Louis XVI... Bref, une horreur. De plus, des rideaux avaient été conçus. Non seulement, ils n'ont jamais existé mais de plus, ils obscurcissaient la galerie. C'est à la fin 2008, à l'occasion d'une première réhabilitation du musée, que nous avons découvert les décors qui avaient été réalisés entre 1857 et 1859 par Napoléon III. Nous avons enlevé cette vilaine tapisserie et il ne restait plus qu'à commencer la restauration des murs » « On sait qu'elle a servi en 1799 au retour d'Égypte de Napoléon et que le futur maréchal d'Empire, le prince Murat y donna un bal exceptionnel »
Jean-Pierre Communs, qui eu la gentillesse de me faire une visite conférence particulière , n’est pas au bout de ses recherches. Il effectue une véritable archéologie domestique, allant chercher archives et témoignages épistolaires pour exhumer un historique oublié des transformations de la maison Bonaparte.
Il y a encore beaucoup d’inconnu concernant ….la place des différents papiers peints du XVIII° dont les fragments sont actuellement présentés dans un meuble à tiroir, les différentes transformations des caves et cuisines comme de l’organisation de la maison durant les périodes des différents propriétaires. Les sondages effectués ont pu déterminé que le choix des décors élaborés entre 1857 et 1860 reprenait une décoration antérieur sans doute en très mauvais état. Le choix des motifs et couleurs furent différents mais sont dans l'esprit d'une continuité décorative qui intègre la maison dans la tradition de la capitale liamone.
Le décor sous jaccent au décor XIX° mis au jour dans le fumoir ou "chambre à la suite" qui était tendue de tissu rouge. Deux séries différentes de bandes à motif au pochoir dans le même esprit.
Présentation de l'équipe de Travail de ML de Castelbajac.
Marie-lys de Castelbajac travaillant sur le meuble d'angle de la salle à manger en 2010
Aline de Cambolas dans la grande galerie .
Murielle Delaet-Bigot préparant les mélanges pour les retouches.
Michel Luciani travaillant sur les volets.
Simona Valli dégageant les décors sous-jacent des entre-fenêtres.
Avec l’acquisition de la maison mitoyenne transformée en espace muséographique, la casa Bonaparte est un musée à part entière qui par sa visite nous emmène de la maison natale de l’Empereur vers le rêve de pouvoir visiter un jour la mélancolique Longwood pour appréhender dans sa totalité la destinée épique de Napoléon Empereur des Français.
ES LEBE TELL ! Der Schütz und der Erretter!

Le ciel rose du matin détache les lignes d’épicéa qui
regardent la maison s’illuminer de soleil.
La chambre est transpercée de longs rayons jaunes. La pièce dans laquelle je me tiens est lambrissée de sapin franc. Un cadre de bois naturel pour une série exceptionnelle de papier peint dont les bleus et roses du ciel s’accordent parfaitement à la lumière du Jura qui nous entoure. L’histoire de Guillaume Tell s’y déroule dans un paysage de lacs et de montagnes aux multiples personnages.
« Vive Tell ! le chasseur et le libérateur ! » [1]
La légende de guillaume Tell constitue l’acte fondateur de
la Suisse. Sous dépendance du
Saint-Empire Romain Germanique, la révolte contre l’Empereur commença dans le
canton d’Uri à la fin du XIIIe siècle.
Le Bailli
Hermann Gessler, homme dur et orgueilleux, planta un bâton au milieu de la
place publique d’Aldorf sur lequel il plaça son chapeau, exigeant de la
population qu’elle le salua en passant.
Toute la population obéit.
Un matin, à la stupeur des hommes d’armes, un montagnard passant devant le chapeau, son arbalète à la main, accompagné de son fils de 10 ans, ne se découvrit pas.
Il fut amené
devant le Bailli Gessler.
« Tu as
la réputation d’être le plus habile arbalétrier du canton. Tu vas pouvoir le
prouver. Que ton fils se place sous cet arbre. Compte cent pas et attends mes
ordres. » Gessler demande alors à
un garde d’aller chercher une petite pomme et de la placer sur la tête de
l’enfant.
« Si tu ne veux pas finir ta vie en prison,
transperce cette pomme avec une flèche ! » Guillaume Tell prit deux
flèches dont l’une qu’il cacha dans ses vêtements. Devant la foule amassée, il
visa longuement et tira. La flèche siffla et traversa la pomme sans la faire
tomber.
Gessler demanda : « Pourquoi as-tu caché une deuxième
flèche dans tes vêtements ? »
« Elle était pour toi au cas où j’aurais touché mon fils ! »
Le bailli emmena Tell et son fils en bateau pour les jeter aux fers dans le fort de Kussnach de l’autre côté du lac des quatre cantons. Une violente tempête mit en péril l’embarcation . La légende rapporte que Guillaume Tell prit la barre et les sauva du naufrage.
Mais une fois arrivé, il s’enfuit puis lors d’une embuscade au lieu dit « Hohle Gasse »[2] tua le Bailli d’une flèche en pleine poitrine !
Une Ligue se constitua, la révolte était née. La légende aussi.
Le chapeau du Bailli semble attesté par de certains écrits alors que la pomme vient d’un conte de trois siècles antérieur, la légende de l’archer Toke qui découle elle-même d’un conte norvégien plus ancien.
Achetée en 1855 par Jules de Buyer, membre correspondant des
Sociétés d'Archéologie de Besançon & de Sens (1848) dont l’actuel
propriétaire a eu le bonheur d'hériter, cette série de vingt lés de papier peint contant la
légende du héros suisse est exceptionnelle à plus d’un titre.
Exceptionnelle par son état de conservation. Seuls
onze lés sur les vingt ont vu la lumière, les neuf autres ont été retrouvés en
rouleau sur le haut d’une armoire. Ils ont tous été tendus sur châssis
aujourd’hui, mais seul les onze premiers, qui ont été restaurés, sont
actuellement en place, enchâssés dans une chambre de sapin blond. Les neuf
suivants seront placés dans une autre pièce qui n’est pas terminée.
Exceptionnelle par son mystère, car sa provenance est
inconnue et son apparence inhabituelle. Les grandes compositions de scènes et
paysages composés en planches à raccord datent de l’exposition des produits de
l’industrie en 1806 et nous sont très connues.
Les manufactures de papiers
« panoramiques » ont des catalogues où toutes les productions sont
répertoriées par des maquettes aquarellées ou des gravures qui ont été plus
souvent conservées que les planches d’empreinte.
Le Musée des Arts décoratifs définis les panoramiques
comme « La représentation d’un paysage continu sans aucune répétition de
scènes et motifs, imprimé sur une suite de lés, le papier se raccordant les uns
aux autres et destinés à recouvrir tous les murs d’une pièce d’habitation, à un
coût abordable, dans le but de créer une atmosphère particulière. »
Les papiers sont donc imprimés à la planche
c’est-à-dire que chaque couleur correspond à une empreinte d’un gigantesque
« tampon » : un bois gravé, du poirier le plus souvent, évidé à
la gouge pour ne laisser du dessin que les parties d’une même couleur à
imprimer. Travail considérable de préparation donnant une facilité de
reproduction des motifs et paysages qui vont connaître un large succès sous le
second Empire et la Troisième République. La technique d’élaboration comporte plusieurs étapes compliquées pour un
créer un processus général assez simple.
Les couleurs sont constituées de pigments naturels mélangé à de la colle animale ou végétale « peaux de lapin et vieux cuir de harnais" (comme le note Desfossé et Karth in « Manufacture de papier peint « 1865).
Le
projet est réalisé grandeur nature par un peintre. Le dessin est reporté sur
des planches qui seront gravées suivant les différentes couleurs. Le papier est
préparé par un « fonçage » à la brosse, c’est-à-dire une couleur de
fond, bleu pour les paysages, gris pour les grisailles…La Manufacture Zuber , s’est spécialisée dans les fonds de couleurs dégradées, fond « irisé »
qui seront sa marque de fabrique. Un drap de laine tendu sur cuir sert
d’ « encreur » pour les bois. Les impressions se font par
pressions multiples, de la laine sur le bois, du bois sur le papier. Il y a
quelques finitions aux pinceaux lorsque cela est nécessaire. Après des châssis
en bois et tables de la fin du dix-huitième siècle, les manufactures se
doteront au dix-neuvième de machines plus élaborées.
Il existe dans le catalogue de la maison Zuber à
Rixhein, une série intitulée Guillaume Tell, édition originale de 1855 mais
sans reproduction.
Il est
attesté une courte correspondance entre jules de BUYER et Frédéric Zuber
(1803-1891) fils de jean Zuber (1773-1852) qui dirigeait la manufacture.
Mais il est aussi stipulé que cette série Guillaume Tell de Zuber reprend les paysages utilisés dans la série « La grande Helvétie » de 1815 réalisé par Pierre-Antoine Mongin.
Il n’y a absolument aucune comparaison possible entre les deux paysages. Donc d’où vient ce papier peint ?
Les techniques ainsi que les dessins sont complètement différents. Les arbres et personnages de ce papier peint ne semblent tout simplement pas peint à la planche . Les plans successifs sont réalisés par de larges aplats de couleur .Le ciel et les montagnes ainsi que les masses des villages et maisons en gros plan sont traitées en aplat rehaussé à la brosse fine sans dégradé. Le travail du pinceau est évident sur les arbres (feuillage réalisé à la brosse éventail ) Les personnages sont peints avec des détails qui n’ont pas du tout la facture des papiers Zuber de la même période. Ce serait donc un Unicum d'un atelier inconnu. Une pièce unique ?
Les détails des paysages montrent que les aplats ont été réalisés avec une large brosse dont on peut voir les stries dans les parties maigres. Les personnages, très fins avec force de petits détails vestimentaires, ont été réalisés avec une brosse fine et nerveuse. Les couleurs sont franches et le parti pris coloré est prédominant.
Coup de brosse éventail.
Il y aurait bien un fabricant parisien du nom de Farine qui commercialisait en 1840 un papier peint intitulé « Guillaume Tell délivre la Suisse », mais aucune recherche sur ce fabricant n’a permis d’avoir un aperçu de sa production. (Paul Claval in "Le papier peint panoramique Français ou l'exotisme à domicile " Le Globe 2008)
Ces panoramiques ont été collés en 1854 ou
1855, car, en les décollant, des journaux de l'année 1854 ont servi de papier
d’apprêt. Cette même date figure au-dessus de la porte d'entrée, attestant la
date des opérations de restauration conduite par Jules de Buyer.
Les archives de Vesoul pourraient donner la clef du mystère car les factures d’achat de 1854 se trouvent certainement dans le fond Louis de Buyer, lot d'archive familiale donnée en 1970 .
Les légendes peintes sous chaque scène sont des vers du "Wilhem Tell" de Schiller, pièce de théâtre écrite en 1804 qui inspira l’opéra de Rossini. Les signes typographiques sont du Gothique alémanique XIXe bleu nuit avec une épaisseur corail .
Lecture de Schiller:
Le chapeau du Bailli :
Wir unsre
Knie beugen einem Hut!
Treibt er sein Spiel mit
ernsthaft würd'gen Leuten? (Akt I, Bühne 3)
Nous, fléchir le genou devant un chapeau! Se
joue-t-il d’un peuple sérieux et respectable ? (FIX, p. 37)
Hirt (le berger) :
Ihr Matten
lebt wohl, Ihr sonnigen Weiden! Der Senn muss scheiden, der Sommer ist hin.
(Akt I, Bühne 2)
Adieu, pâturages, prairies dorées par le
soleil ; il faut que le berger vous quitte ; l’été s’est enfui. (FIX,
p. 8)
Le Bateau:
In Gottes
Namen denn! Gib her den Kahn,
Ich will's mit meiner
schwachen Kraft versuchen. (Akt I, Bühne 1)
Eh bien donc, à la garde de Dieu! Donne moi le
canot ; je l’essayerai avec ma faible force. (FIX, p. 18)
Premier chevalier s'adressant au berger et au pêcheur
(Acte I, scène 1, fin):
Ihr sollt
uns büssen - Fallt in ihre Herde!
Die Hütte reisset ein, brennt
und schlagt nieder! (Akt I, Bühne 1)
Vous l’avez aidé à fuir, vous allez nous le payer. Tombez sur leurs troupeaux, détruisez leurs cabanes, brûlez et saccagez (FIX,
p. 20)
La ligue (Acte I, scène 4)
Wenn Uri
ruft, wenn Unterwalden hilt,Der Schwyzer wird die alten Bünde ehren. (Akt I,
Bühne 4)
Qu’Uri appelle, qu’Unterwald vienne en aide, Schwytz respectera l’antique alliance (FIX, p.54)
Parricida, le moine :
Wehe mir!
Ich darf nicht weilen bei den Glücklichen.
(Akt V, Bühne 2)
Malheur à moi! Je ne puis m’arrêter là où habite le bonheur (FIX, p. 251)
G.Tell sur le pont : (Dernière scène):
Es lebe Tell! der Schütz und der Erretter! (letzt Bühne)
Vive Tell le chasseur et le libérateur! (FIX, p. 252)
Freidrich von Schiller ( 1759 -1805)
Notes:
[1] Friedrich von
Schiller : Wilhelm Tell ( FIX, p. 144)
[2] Chemin creux en français.
BEAUTÉ CORSE

Avant d'évoquer la campagne de restauration entreprise ce mois de Décembre 2009 à la Casa Bonaparte par M.L de Castelbajac et son efficace équipe composée de Murielle Delaet et d'Aline de Cambolas.
Je voudrais évoquer ici un point de vue spectaculaire près d’Ajaccio. Culminant à 650 mètres au dessus de la mer, le site embrasse du regard le golfe d’Ajaccio jusqu'au golfe de Sagonne dans un panorama somptueux sur la vallée de la Granova et les monts d’Oro ainsi que les contreforts du Renoso que l'on devine dans la brume ….
Toute la beauté de la Corse dans un lieu habité par les moutons qui tranquillement vivent autour du château de la Punta.
Une petite route à lacets périlleuse et peu fréquentée monte en épingle au dessus d'Ajaccio en direction d'Alata dans un maquis vert de lenstiques sentant la myrte et le romarin.
Le château de la Punta n’est accessible qu’a pied car la route est en si mauvaise état que la circulation en est désormais interdite. Des barrières interdisent l'accès du château qui ne se laisse voir que de loin..
Point de vue exceptionnel, perché face au ciel, la masse élégante et fragile d’un petit château lutte pour sa survie dans l’air iodé et la chaleur de la montagne clairsemés d’arbousiers.
Sur le fronton, une plaque de marbre rouge gravée donne un début d’explication à ce trésor de ciselure de pierres en décalage avec toutes les constructions régionales.
« Jérome, duc de Pozzo di Borgo et Charles, son fils, ont fait construire cet édifice avec des pierres provenant du Palais des Tuileries, incendié à Paris en 1871, pour conserver à la patrie Corse , un précieux souvenir de la patrie Française. L’an du Seigneur 1891 »
Les Pierres sauvées du château supplicié sont arrivées par bateau et ont gravi la montagne par la volonté du duc et du Comte Pozzo di Borgo , illustre famille corse ayant terre et titre sur le mont Pozzo. Construit de 1886 à 1894 par les architectes Albert et Léon Vincent , le château comporte des éléments d’architecture renaissance d’une valeur inestimable, seul témoignage des sculptures décoratives, frises, entablements et moulures de fenêtre, provenant des Tuileries de Philibert de l'Orme.
Reprenant les ordonnances du pavillon de jean Bullant à qui l’on doit le château d’Ecouen et le petit château à Chantilly.
Posé sur une large terrasse contenant les écuries en son sous sol, ceinturé d'une bordure de grilles sauvées du château de Saint-Cloud lui aussi disparu, les façades du château s’ordonnent sur une base de granit rose venant de Monticchi, un péristyle de huit colonnes ioniques aux cannelures richement ornées de fleurs de lys et chiffre de Catherine de Médicis soutiennent une série de pilastres et colonnes corinthiens à l’étage, qui subtilement déguise sous les longues croisées un deuxième étage invisible dans l’ordonnance des façades .
Le coté Sud s’ouvre d’un escalier à double rampe en élégant fer à cheval, réplique d’un des perrons du coté parisien des Tuileries. Quatre angelots debout sur une sphère,venant aussi des achats des restes de l’incendie de l’hôtel de ville de Paris, symbolisant les quatre saisons, sont l’œuvre d’un certain Debray. Les mousses et corrosion font disparaître les traits des visages de marbre blanc…En 2008 une cabane en planche avec toit devait les protéger des intempéries, elle n’aura pas duré un an face aux vents des hivers corses.
Sauvetage et modernisme sont les deux ingrédients pour réaliser une étonnante thébaïde où le confort moderne de l’époque comme l’électricité et le téléphone reliant Ajaccio rivalisaient avec le chauffage à gaines d’air pulsé.
Le Duc et son fils le jeune député de Sartène, font en 1894 une folie archéologique pour les historiens du futur en réutilisant par pur attrait du beau les vestiges d’une irréparable perte.
Classé monument historique en 1977,le château brûla le 7 août 1978 . Au bout de quatre vingts ans de faste discret, les flammes ravagèrent façades et décors, emportant le toit et les lucarnes sculptées.
Un incendie de maquis qui coûta la vie à un jeune pompier et fit passer le château de la Punta dans l’antichambre de sa mort programmée. Car vidé et fermé ,mis hors d’eau par une toiture de tôle ondulé, le château semblait s’enfoncer dans l’oubli et la fatalité.
En 1991 le conseil général de Corse du Sud acheta le château et les 40 hectares .Mais malgré une intervention remarquable comme la reconstruction en 1996 des lucarnes disparues coté nord et la réfection de la toiture, rien ne semblait se décider pour son avenir. Des étais furent nécessaires pour soutenir le péristyle de Philibert de l’Orne au nord . L'ensemble du bâtiment est de pierre calcaire assez tendre très érodée, les crampons de fer oxydés et corrodés installés à la place de ceux de plomb datant de la renaissance font que l’ensemble de la maçonnerie est en grave péril . Le linteau perd de sa fonction architectonique en prenant des courbes inquiétantes.
Les décors intérieurs sont à la hauteur d’une grande demeure de la troisième république florissante. Les sols de marbre agencés du vestibule et entrée sont remarquables. Le grand escalier est décoré de panneaux de peintures décoratives hollandaise du 17° siècle qui sont actuellement cachés derrière de lourds panneaux de contreplaqués. Les salles d’apparat comportent un salon Louis XV avec grisailles, une salle à manger avec plafond peint aux armes des familles alliés.
Plafond de la salle à manger .
Un grand salon renaissance avec une richesse de boiseries et d’ huisserie aux armes des Pozzo, travail de menuiserie de grande qualité. Le Plafond à caissons rivalise avec celui du château de la Pallice , la cheminée décline avec bonheur celle de Germain Pilon à Villeroy. La bibliothèque Empire comporte d’excellents bronzes toujours en place. La décoration intérieure raffinée alliant luxe et modernité se paraît de tableaux de Gérard , David , Sebastien del Piombo . Dix neufs chambres avec vues avec certainement un service efficace comme le laisse supposer le tableau d’appel de domestiques . La table devait être sans doute excellente aussi.
L’incendie détruisit complètement l’étage supérieur, le premier étage fortement dégradé par les infiltrations fut laissé à l’abandon . Les pièces de réceptions vidés de leurs meubles, livres et tableaux, furent fermé à la visite en 1978.
La maison rentra alors en un coma profond d’où elle n’est toujours pas sortie depuis plus de trente ans.
Les volets fermés, le temps arrêté, seul le vent siffle dans les pièces sombres et délabrées la complainte d’un art de vivre perdu.
Les premières mesures semblaient aller vers une reprise en main du monument historique menacé. Sondages et évaluations des travaux sont entrepris en 2002 et 2003 soit six ans après les premiers travaux de 1996. Face au dépassement des budgets prévisionnels par les réponses de l’appel d’offre émis par le conseil Général..il ne se passa rien .
Le conseil général tenta sans succès en octobre 2004, de vendre le château à l’Assemblée territoriale . En 2006 rien de nouveau ..le vent souffle toujours sur les hauteurs désertes du Mont Pozzo .
Depuis les réunions et inquiétudes grandissent ,le temps fait son œuvre …quarante après les moutons sont paisiblement les seuls à vivre autour des fenêtres regardant les paysages grandioses d’une Corse ayant un patrimoine inestimable à l’agonie.
Pour connaître les dernières chances et événements consultez le site remarquable ,très utile à ce petit sujet , des amis du Château de la Punta.
Découvrez les paisibles moutons sur la chaine d'hervé Muraccioli que je remercie et encourage....
Vue latérale avec la balustrade de Saint Cloud et les écuries en sous sol . Les volets ouverts permettent de voir l'étage habilement dissimulé dans la hauteur des fenêtres .
Les photos sont empruntées aux amis du Château de la Punta ainsi qu'à l'Avis de chateau.
COUNTRY LIFE
C'est avec un plaisir évident que nous avons goûté les douceurs de la campagne anglaise sous le soleil.
Le Hampshire, plus précisément la Test valley nous a accueillie pour trois semaines de travaux dans une somptueuse maison qui frappe par son architecture pensée, raisonnée, ordonnée .Sa physionomie singulière d’une blancheur éclatante joue avec modernité et tradition en un mélange unique, signe reconnaissable de la quintessence du génie anglais : les country houses de Sir Edwin Lutyens.
Le StudioReese s'y est vu confier la peinture décorative de deux grandes chambres par un décorateur américain qui depuis la réalisation de la Cuixmala de Sir james Goldsmith sur la Costalegre jouit d'une reconnaissance internationale.
Le numéro d'octobre de World of Interior, consacre un article sur la renaissance d'une autre maison Lutyens , grâce à son riche propriétaire, l'authenticité Art & Craft des débuts de sir Edwin Lutyens retrouve sa place après les interventions de Peter Inskip et de Veere Grenney.
Les concordances entre les deux maisons, l'anonyme d'Interior et Marshcourt ou nous avons travaillés, sont évidentes. Les jardins présentent aussi sinon des ressemblances tout du moins une identité commune lié par le travail de Sir E. Lutyens avec la paysagiste horticole Gertrude Jekyll.
Viceroy's Palace, New Delhi, India, 1920-31
Sir Edwin Lutyens est considéré par beaucoup comme le plus grand architecte anglais du XXe siècle. Né en 1869, sa carrière est prestigieuse, L'empire lui confit la réalisation planifiée de New Delhi, il y construit d'uniques réalisations qui enrichissent par le mélange des cultures le patrimoine indien déjà très riche. Maisons, églises, ponts, monuments commémoratifs sont réalisés en Angleterre et en Irlande durant la prolixe période de l'entre deux guerre, la très connue maison de poupée de la Queen Mary, sublime maison en miniature côtoie l'immense projet de la cathédrale du Christ Roi de Liverpool, le plus grand édifice religieux de son temps, colossale réalisation malheureusement arrêtée par la guerre
Marshcourt fait partie des fameuses Country houses anglaises, villégiatures construites suivant les principes Art & Craft du début du siècle qui privilégie la décoration vernaculaire et le mobilier artisanal, créant une rupture avec le style éclectique du second empire qui influença toute la décoration européenne et américaine,
Construite entre 1901 et 1905, Cette maison est pensée suivant les principes Tudor tout en gardant les différents éléments du style Lutyens qui confronte les techniques médiévales à une modernité propre au vingtième siècle et à ses préoccupations.
Les petites baies caractéristiques Tudor sont juxtaposés jusqu'à devenir des murs lumières, les fenêtres sont, aussi bien dans leurs dispositions que par leurs mécanismes ingénieux et ouvragés, des signatures tipyquement Lutyens que l'on retrouve dans d'autres réalisations.
Les cheminées de brique, très hautes, en torsades typique Tudor sont groupés en faisceaux imposants sur une masse de toit qui semble suivre les initiales du commanditaire.
Calpinage irrégulier, agencement d'élements décoratifs de silex et briques dans un mur de Craie.
Le principe des constructions en pisé ou "Rammed Earth" Tudor est conservé à l'intérieur (ceci allant dans le sens de l’Art & Craft) et amélioré à l'extérieur par l'utilisation massive de pierre de craie et de silex ordonnés en motifs non réguliers sur les parements de murs, les silex sont taillés en cube et rassemblés en larges carrés enchâssés dans le calpinage général irrégulier. Certaines pierres de craie gardent volontairement des pépites de silex en inclusions naturelles. Les hauts des murs,comme les bases de cheminées, sont sertis de briques en motifs avec des saillis d'angles.
Le plan général des bâtiments est difficile à suivre du premier regard. Un corps principal à double toit parallèle avec des bâtiments secondaires enserrant de petites cours alternent avec les grands dégagements octroyés par les ailes nord et sud.
La vue est dégagée, différentes terrasses communiquant avec de petits escaliers offrant du côté de la façade intérieure, un jardin d’agrément avec bassins et pampres de vignes sur treille.
Alliance de deux talents Gertrude Jekyll et Edwin Lutyens, Marshcourt fut construit sur la demande d’Herbert Johnson, aventurier de la finance, ami et milliardaire. Les dernières réalisations date de 1924, 1925 Sir Lutyens fit plusieurs transformations et aménagement ,rajoutant notamment des salles de bains . Il construisit aussi la grande salle de bal de l’aile Sud Est avec un mur verrière encadrant une somptueuse cheminé ayant en symétrie à l’intérieur un mur-miroir propre à refléter toutes lumières et agrandissant une pièce simplement gigantesque.
Marshcourt possède six suites avec salle de bain, quatre chambres d’invités, une bibliothèque, un grand salon, une extraordinaire salle à manger de noyer en marqueterie symétrique et un billard en marbre massif qui résista aux aléas de la maison qui devint un collège de garçons pendant 40 ans.
Achetée par un homme politique du Labour Parti dans les années quatre-vingt, des aménagements plus que douteux y ont été entrepris, les salles de bains d'origine ont été perdues au profit d'une standartisation de carrelages et d'éléments de bains malheureux. La maison fut revendue sans avoir été très occupée . Mise en vente en 2007 pour 13 million de Livres .Elle retrouve aujourd’hui sa splendeur passée par la volonté de son nouveau propriétaire.Les travaux ne font que commencer , il y a beaucoup à faire.
Sir Edwin Lutyens ( 1869 - 1944)
ATTENTION À LA PEINTURE
Massacre à Créteil 1980 acrylique et paillettes 195X 195cm
Muni de balais dans une sorte de fosse aux lions dans la Maison des Arts et de la Culture de Créteil alors que le public clairsemé passe sur les mezzanines, Robert termine à grands splash d’outremer une toile posée sur le sol.
Sex drugs rock ‘n roll and peinture …
Jean- françois Bizot nous explique que « depuis dix ans, il veut monter sur scène, être un rocker, brosser des tableaux comme cinq riffs de guitare électrique, arracher des émotions au public et finir sa toile d’un accord sec qui les jette hors du concert avec ce mélange d’énergie et de frustration, cette beauté suspendue d’un coup qui fait la force du rock »
Cette performance fut l’ultime concert de Robert Malaval …Peu après il se tira une balle dans la tête ; la nuit du 8 ou 9 août 1980 , rue du Pont Louis-Philippe dans le IV° arrondissement.
Il se tient actuellement jusqu’au 25 octobre 2009 au Musée des Beaux Arts d’Angers une rétrospective assez complète des œuvres de Robert Malaval. Les différentes périodes se succèdent depuis « Aliments blancs » jusqu'à « l’exposition pirate, Attention à la peinture » de Créteil .
Rock Dandy autodidacte qui de bifurcation en bifurcation explose une carrière toute tracée par les mannes pompidoliennes , Robert suit sa route de peintre en parallèle d’une actualité seventies des icônes rock. La peinture comme moyen pour agir, la peinture qui se dérobe et qu’il abandonne, la peinture qu’il retrouve en forçant ses penchants .Il passe d’une technique à la Atlan dans les années 57 / 60 , puis décolle avec l’aliment blanc qui lui font déjà quitter la peinture vers une « technique mixte » ce qui l’entraîne dans une modernité d’installations sculptures concepts. Inspiré des sécrétions envahissantes des chenilles du bombyx ; l’aliment blanc sort des toiles pour déborder sur des meubles ou autre objet comme un débordement de grège dans l’élevage du vers à soie .
« L’aliment blanc était une métaphore. En dehors de son origine obsessionnelle et névrotique, je me suis vite rendu compte que ça exprimait autre chose. C’est à dire que derrière l’idée de grouillement organique que je représentais, se profilait à mes yeux le grouillement qui est le propre de notre société.et contre lequel je me suis toujours révolté. »
Les temps sont bénéfiques aux courses folles de l’art qui n’en peut plus d’être abstrait …Klein Raysse Arman Buren sont prêt ..Malaval a 23 ans, il est jeune et beau c’est le succès . Dali l’invite à diner, Robert est toujours habillé de blanc, hygiéniste avant l’heure, il ne prend que du riz au lait à la Coupole ,laisse des traces de dentifrice sur son passage ….Pendant quatre ans il devient l’artiste blanc …son moule est prêt ….il peut produire des gaufres toutes sa vie …. "le style c’est comme un moule à gaufre… " disait Picasso.
Seulement Robert Malaval casse tout …sa vie , sa carrière…en 1964 Warhol est à Paris , le Pop et la Pop arrive ..Robert psychédélise..le LSD et le Rock sont là. Il peint Bernadette Lafond en rose et devient dans le maëlstrom de soixante huit un exilé ..les aliments blancs virent au jaune. Il arrête de peindre.
Who are you Floating baby 1968 Acrylique sur toile 81X 100 Coll Y Lambert
Il veut faire de la musique ,les Rollings Stones l’entraine…il s’acoquine avec le batteur de Vince Taylor signe chez Barclay au vue d’une maquette de Gitans ..Barclay les encadre avec un directeur artistique…Robert intransigeant et superbe, refuse cette supervision et dans l’altercation cogne le Directeur artistique. Il arrête la musique.
Il veut faire du cinéma. Pas d’argent ,il se lance dans la publicité, il aura un contrat avec un annonceur, mais un refus devant sa réalisation trop…moderne.
Les cheveux long, il fume et dessine des petits points sur des feuilles……il refuse d’être peintre mais s’enfonce dans du dessin régressif, machinal, automatisé pour aller au point zéro du geste …..Exposition en 1971 « Transat-Marine-Campagne, Rock ‘n roll, Expérience d’animation+ 100 demi heures de dessin quotidien » au centre national d’art contemporain à Paris. Il présente une série de dessins et d’installations qui ne plaisent à personne et surtout pas au ministère de la culture que n’y comprend rien. Il part dans le Morvan pour un été de peinture dans un atelier grange … divorcé depuis longtemps ,il privilégie son obsession picturale à sa famille. Il a deux enfants.
Il peint à l’acrylique une série de toiles exposées en octobre à la galerie Daniel Gervis à Paris « Été pourri-peinture fraîche »
« J’avais sélectionné mes couleurs pour la luminosité : on peut les superposer sans risque d’obscurcissement. J’ai voulu montrer des choses douces dans ce Paris qui devient terrifiant. »
« Après mon abandon de la peinture quand j’ai repris mon travail, j’ai décidé de donner une plus grande importance à l’ornementale… Quand j’ai recommencé à peindre, je suis parti peindre à la campagne (dans le Morvan , il pleuvait dehors mais pas dedans ) d’ou le titre de l’exposition…..L’année suivante, j’ai recommencé à la campagne et j’ai fait une expo intitulée "Multicolor " utilisant les tons pastels. Le désir coloriste revenait » (Entretien avec Michel Giroud 1979)
Les toiles se succèdent avec leurs tons charmants de rose et mauve, de bleu tendre, figures géométriques ordonnées en séries légères de contrastes et correspondances. Les lignes sont souples et dansantes loin du rigorisme sec du dessin industriel à la Mondrian.
sous la pergola 1973 acrylique 130X195 cm coll.Daniel Gervis.
« sous la pergola » « fraise et pistache » « Happy » sont les titres bien choisis de peintures douces et calmes ou les paillettes font quelques apparitions…le « Glitter » arrive avec le rythme des outrances de la scène Rock.
Dans la tempête (3 petits avions) 1975 acrylique et paillette. 114X146 cm Saint Etienne Métropole Musée d'Art moderne.
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« Poussière d’étoiles » acrylique et paillettes 1973 « je suis une étincelle » acrylique et paillettes 1974 sont les grands manifestes du désir d’aller plus loin par la peinture vers les sphères conquises par le Rock’n Roll qui de la mèche d’Eddy Cochrane a atteint la rouge crête hirsute d’Aladdin Sane.
« La paillette, c’est le make-up de la peinture…. J’ai vu que la paillette multipliait,amplifiait le coup de pinceau( comme le passage de la guitare classique rock avec ses effets de distorsion). Le Rock c’est la paillette, c’est l’articulation globale qui est importante : la paillette augmente l’intensité….Par la paillette, j’ai repris le goût au geste de peindre, au plaisir physique, manuel, de bouger . » mais les ventes ne suivent pas ,l’argent manque..les femmes ,l’alcool, les drogues sont aussi des paillettes qui le cernent, l’aspirent en un courant descendant vers le cri de l’époque ..la fin des seventies sonne le glas des espérances d’une génération baignée de Flower power et sataniste contestataire ….le mouvement Punk déferle comme une purge. Malaval devient le Kamikaze Rock …
La galerie Beaubourg géré par Pierre Nahon et Patrice Trigano organise une exposition Malaval …le vernissage ,haut lieu parisien dans ce centre de la culture branché voit arriver Robert la gueule en vrac couvert de pansements, les yeux noirs . Il est ivre, incohérent et palucheur… Scandale ! la galerie casse le contract . Au Gibus, la veille, lors d’un concert de Téléphone, suite à une bousculade avec un membre de la famille du patron, il s’est fait dérouiller par le service d’ordre.
Kamikaze Rock ,Ether et Trichlo sont les ivresses des sans le sou….les vaches sont maigres les nuits interminables, les roulements du « No Futur » de Johnny Rotten scandent les perspectives qui s’ouvre à l’aube de ses quarante ans …

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« La vente du commissaire Binoche s’est déroulée dans la plus grande agitation comme un concert de rock’n’roll, il y avait là aussi beaucoup de monde, l’Espace Cardin était plein à craquer mais beaucoup était venus pour voir la « Bête » et ceux là en ont eu pour leur argent car le show était gratiné ; tout le monde est reparti de paillette(mais pas qu’un peu) et la toile de l’avis de tous était fort belle mais la vente en générale assez basse ( et même très basse) il faut dire que dès que j’ai commencé à faire gicler la peinture quelques personnes ont quitté la salle écoeurées ; les autres les ont huées ; c’était un chahut pas possible tout ça à été filmé et j’attends les résultats ( c’est en cours de montage) Dans le style kamikaze c’était difficile de faire mieux ! Le résultat de tout ça est que sans doute personne n’oubliera ma présence. »
Lettre à Antonio Sapone Avril 1979
La peinture qui gicle, Robert sait le faire . Les dernières toiles sont les plus fortes. La rétrospective d’Angers en témoigne ,un collectionneur anonyme en a prêté les plus beaux exemplaires . Maitre Binoche aussi avec la superbe toile « Sulfuric Rock »…. L'exposition regroupe les multiples périodes de travail. Les dessins, les petits points , les sérigraphies, les sculptures, le foisonnement d'idées se juxtaposent aux outrances du geste. Les dessins sont rigoureux et précis, les toiles explosent, la couleur brille ...et si la peinture moderne avait le droit d'être décorative?
"la peinture n'a pas uniquement pour but de "s'exprimer" mais de faire un objet concret pour les autres. C'est pourquoi le côté décoratif ne me dérange pas la moins du monde Léger Matisse ont été décoratifs. Si un tableau n'est pas du tout décoratif, on ne le regarde pas"
Propos recueillis par S. Lecombre en 1980
Sulfuric Rock acrylique et paillettes 1979 - 150X150 cm
La peinture gicle, gicle même sur les beaux habits des mélomanes venus écouter un concert d’Isaac Stern …Confrontation avec un peintre ivre et la gentry…Les notes des teinturiers seront réglé par la Maison des Arts de Créteil .
« La note arrive. J’ai bien vécu et je n’ai pas envi de payer l’addition »
Robert Malaval se suicide à 42 ans en laissant un mot.
Isidore Odorico ou la mosaîque à l'ouest
La ville de Rennes rend hommage jusqu'au 3 janvier 2010 à l'un des maîtres mosaïstes les plus talentueux de l'entre deux guerre. Le musée de Bretagne présente une exposition rétrospective du travail de l'atelier Odorico .
Les frères Odorico originaire du Frioul s'installèrent à Rennes en 1883 . Leurs productions connurent un immense succès grâce à leur procédé de pose par inversion. les créations d'Isidore Odorico figurent parmi les joyaux de l'Art Déco. la multiplicité des motifs pour toute destination dans un style personnel qui trouve sa place dans l'art européen du début du siècle, font de lui un créateur à part entière pourvu d'une immense production. Rennes, Nantes, Angers, Laval, Saint Brieuc ..Tout l'ouest de la France se trouve enrichie d'un patrimoine exceptionnel .Les mosaïstes de l'atelier Odorico travaillèrent pour de très nombreuses réalisations architecturales aussi bien publiques que privées qui aujourd'hui sont regardés comme des joyaux artistiques à protéger.
"La tenue de cette exposition en Bretagne est un symbole : elle consacre la valeur d'un patrimoine culturel exceptionnel, familier mais souvent méconnu, synonyme d'intégration réussie et d'excellence artistique.
Aujourd'hui, les dommages de la pollution et de la promotion immobilière mettent en jeu la survivance de cet héritage régional. Accessible à tous les publics et tous les âges, l'exposition vise à favoriser son appropriation par le plus grand nombre afin de soutenir l'effort nécessaire de conservation" le catalogue comme le site de l'exposition nous dit sans fioriture que ses trésors sont toujours en danger malgré une tardive reconnaissance.
Les ateliers Odorico cessèrent leurs activités en 1978 .Victime de la mosaïque industrielle, du linoléum, du carrelage bon marché en kit ainsi que du goût pseudo moderniste minimaliste. Un fond Odorico de 998 dessins et aquarelles fut créé au Musée de Bretagne avec les archives décorative de l'atelier.

Les fastueuses réalisations comme la piscine Saint George de Rennes ne sont toujours pas protégé par les Monuments Historiques d'où les multiples transformations qui ont dénaturé le concept des Bains hygiénistes de 1926. La piscine du Balnéum de Dinard de 1928 fut démolie sans états d'âme, sans conscience du patrimoine perdu.
Les décors de la propre façade des Ateliers Odorico Frères 16 18 de la rue de Léon à Rennes dont les cartons et aquarelles préparatoires sont connus et conservés, ont été malheureusement perdu .
En témoigne la "réhabilitation" récente de l'immeuble .

Aquarelle de la façade. Notez la cohérence du dessin des huisseries.
La façade des anciens magasins Valton de la rue d'Autrain à Rennes ont été remis à l'honneur ,le purgatoire semble terminé. Les couleurs des céramiques ont retrouvées leurs éclats.

La maison Bleue boulevard Foch à Angers.
Cette maison est un immeuble imposant qui présente pour ceux qui lèvent la tête, un décor de nuit étoilé aztéquoïde à la Van Gogh . Le bâtiment est heureusement classé...

Décor extérieur de façade comme les décors intérieurs .

Les décors de l'École Supérieure d'Aviation d'Angers sont actuellement sauvés alors que ce bâtiments des années trente était à l'abandon taggé et détruit ..ruine pathétique près de l'aéroport d'Avrillé.
Le palais du Commerce de Rennes qui abritait initialement l'hôtel des Postes et des Télégraphes ainsi que l'école régionale des Beaux-arts a été construit de 1886 à 1896.

En 1931, l'atelier Odorico réalise l'ensemble des mosaïques ,énorme et magnifique travail. En 1993, la poste fait l'objet de travaux de rénovation et à cette occasion, quelques mosaïques d'Odorico sont découvertes. C'est l'atelier Sinopia du Mans dirigé par Mr Hubert Philippe qui est chargé de les restaurer.
Les fantastiques bains du château de Marson à Rou-Marson dans le Maine et Loire, furent construit en 1927. Cette exceptionnelle piscine, inspirée de l'architecture thermale antique et de la colonnade en hémicycle d' Hardouin-Mansart à Versailles est l'oeuvre de l'architecte saumurois Pierre-Jean-Victor Brunel.Une intrépide restauration permit de conserver le lieu dans son aspect originel.

Les mosaïques d'Odorico qui couvrent les murs et colonnes sont d'une liberté sans pareille dans l'organisation des tesselles de smaltes (pâtes de verre) , émaux de briare, grès-cérame ou granito.
Les décors intérieurs de l'hôtel d'Anjou à Angers(1 boulevard Foch) sont à rapprocher des créations du Ver Sacrum de Vienne .


Cette bonne ville d'Angers peut s'enorgueillir d'avoir un ensemble unique de mosaïque; chef d'oeuvre du patrimoine national malheureusement peu connu des touristes.

Le site des "mosaïques à l'ouest" vous fournira des informations plus détaillés sur les innombrables réalisations d'Isidore Odorico.

le sommet d'Ekaterinbourg
La ville d'Ekatérinbourg est en ébullition. Le groupe BRIC ( Brésil, Russie, Inde, Chine) ainsi que les états d'Asie centrale sont, ce lundi 15 juin, les invités de la Fédération de Russie. Le président afghan Hamid Karzai et le pakistanais Asif Ali Zardari se sont rencontrés pour traiter des problèmes du terrorisme les concernant tous deux. Le président iranien Ahmadinejad a lui reporté d'une journée son arrivée...Il n'a pas été communiqué de raison officielle..(on s'interroge!)
le président Medvedev est logé dans la suite présidentielle,au dernier étage du nouvel l'hôtel Hyatt, terminé très récemment. Nous y avons fini la décoration en mai dernier , depuis les services de sécurité du FSB ont vidé l'hôtel et fait toutes les vérifications nécessaires .

Surplombant l'Isset, le cours d'eau qui traverse Ekaterinbourg, les étages de l'hôtel Hyatt brillent sous un ciel sans nuages. Le chantier, démarré en juillet 2005, constitue la première face visible d'un gigantesque programme de développement.
Soutenu par un industriel local, Andrei Kozystine, «Ekat City» regroupera dès 2011 près d'un demi-million de mètres carrés de commerces, bureaux, hôtels et appartements de luxe.Bien que la crise financière et la récession économique provoque un coup d'arrêt au chantier .La tour Isset n'a pas été plus loin qu'un gigantesque trou dans le sol.
Un autre projet encore plus grandiose devait bientôt voir le jour au milieu de la taïga, à la périphérie d'Ekaterinbourg: une ville nouvelle de 300 000 habitants baptisée «Akhademia City», qui s'étalera entre deux forêts sur 1 300 hectares...Un rêve d'urbaniste grandeur nature, coûtant la bagatelle de 20 milliards d'euros et porté par l'un des milliardaires russes les plus en vue du pays, Viktor Vekselberg. Celui-ci a présenté ses plans au président Poutine début septembre, et envisage sauf retard du à la crise ,d'achever la première phase des travaux d'ici à 2011. La réalisation du chantier de l'hôtel Hyatt a été confiée à Bouygues, dont le chiffre d'affaires en Russie a quadruplé depuis 2004 (185 millions d'euros prévus cette année). Les projets d'Ekat City et d'Akhademia ont tous les deux été conçus par le cabinet français Valode & Pistre.
Nous y avons donc travaillés pour le compte de la socièté FREBA animé par les très urbains jean Christophe et Jérôme .Nous avons réalisé la décoration intérieure .

Les couloirs ,les deux halls d'accueil et la grande salle de réunion, concerts, événements appelée le "Ball room" ont reçu une décoration fait de feuilles de cuivre doré vernis, appliquées à la mixtion à l'eau. Posées en bandes verticales sur les portes et meubles du rez de chaussée , sur les murs des étages. la décoration est conçue par Valode et Pistre,. Ce cabinet d'architectes qui a le soucis des pluridisciplines, interfère entre art contemporain et architecture par la présence d'artistes exposant dans leur locaux, ce qui créer une "croisé des chemins", une intersection entre le champ artistique et architecturale....
L'hôtel, rectangle de verre ayant une forme incurvée, est empreint d'un style "décoration d'entreprise" issue du modernisme d'après guerre comme de l' "Interior Design " qui suivit .Un formalisme épuré que l'on retrouve chez le groupe SOM avec quelques scories digérés à la Mies van der Rohe. C'est beau, c'est chic, c'est vide, c'est mondial et ça plait aux Russes..
On dirait une galerie d'art sans tableaux....le cuivre doré, coloré par le vernis , donne une couleur miel très agréable ..dommage que se soit si fragile.
Cinq voyages d'une équipe de huit à dix personnes pendant trois semaines, travaillant six jours sur sept, ont été nécessaires pour venir à bout de ce travail. Les conditions et les moments choisis pour intervenir, ne purent garantir la préservation des premiers décors ,tous les travaux de la première session d'avril 2008 furent à refaire un an après.
Supervisé par l'excellent Malek, figure de la dorure parisienne ,l'équipe du faire face à de nombreux tracas administratifs ... pour louer des appartements , des voitures, avoir des badges d'admission . Il a fallu trouver du matériel ( protection, escabeaux et vernis) Tout était simple en principe et difficile en réalité.
Les difficultés les plus surprenantes auxquels Malek et l'équipe se trouvèrent confrontés tenaient aux moyens de paiements ( carte bancaire la plus part du temps inéficientes avec leurs terminaux, paiements en liquide réclamés avec des billet neufs et qui ne l'étaient jamais assez ! ) ainsi que de nombreux formulaires à remplir et copie de visa ...badgé et encarté avec notre photo pour la sécurité du chantier (société privé de surveillance) Le manque d'ascenseurs fut assez pénible au début (19 étages à pied avec le matériel)...
Mais la vie d'expatriés temporaire a du bon...nombreuses soirées vodka ....quelques bars dansant,quelques restaurants ....quelques musées et plusieurs soirée à l'Opéra!
Vodka Ekaterinbourg 40° , chaussures russes.....
Le réservoir Isset gelé.
Nous y avons connu la neige et le verglas (Moins 20°) avons traversé le lac gelé à pied ....subi le dégèle avec ses pluies et sa boue..le printemps avec son soleil, sa chaleur et ses centaines de gens dehors, tard dans la nuit.
La ville est intéressante, elle témoigne par son architecture des fortes périodes de l'histoire Russe.
L'entrée du gigantesque complexe métallurgique ISETSKIYI, Une ville dans la ville...
La fée de l'acier salue les canons héroïques forgés par la valeureuse armée des ouvriers d'Isetskiy
Il y a trois ans Eric Chol écrivait : " Située à 1 660 kilomètres à l'est de Moscou, campée entre l'Europe et l'Asie, Ekatérinbourg profite depuis quelques années de l'envolée de la demande des matières premières. Bauxite, titane, cuivre ou vanadium: l'argent des minerais de l'Oural ruisselle dans le Pittsburgh de la Russie et dope le revenu de la région (+ 28% entre 2004 et 2005). Résultat, les industriels étrangers, un peu à l'étroit à Moscou, se précipitent sur cette nouvelle frontière: en 2005, leurs investissements ont doublé, pour atteindre 1,1 milliard de dollars."
Mais ce n'est qu'une facette très visible que le visiteur aperçoit vite. Avec un peu de temps et d'attention, remonte à la vue les profondeurs de misère d'une population brisée qui survit entre un travail peu payé, des tramways hors d'âge et un habitat délabré.

La tristesse russe, la mélancolie lié à la rigueur du climat et le peu de perspectives est palpable . C'est un peuple frustre, écrasé par la puissance publique représenté par des commissaires d'abus de pouvoir ralliés à des forces de Police corrompues. La fameuse' "milicia"qui craint les puissants et se vengent sur les faibles.
Il faut lire les chapitres les concernant dans les guides de voyages sur la Russie ( Lonely planet etc..)

Le tourisme est inexistant, la pratique de l'anglais peu diffusée, la politesse différente ...C'est un vrai dépaysement .
Les différents peintres ayant composés l'équipe, sans cesse renouvelée, ont à des degrés divers, pu apprécier la ville et tenter d'en comprendre le fonctionnement, les habitudes, les circulations .Convergeant vers le centre en deux grandes parallèles, l'avenue Lenina et la rue Malescheva sont le flux et le reflux des populations des périphéries irriguant la ville. Certains d'entre nous s'y sont sentis très à l'aise d'autres y ont plutôt déprimés, certains y sont vraiment tombé malade ( ce qui ne les pas empêché d'y revenir )
Les différentes équipes des sessions de travaux.
Ekat 1 (05/2008)
Ekat 2 (12/2008)
Ekat 3 (03/2009)
Ekat 4 ( 04/2009)
Le chantier s'est terminé au début du mois de mai 2009 dans l'effervescence de la suite présidentielle qui avait pris beaucoup de retard....
Puis par une mémorable soirée dans un restaurant Ousbek d'excellents Shaslik (sorte de kebab parfumé) où la vodka " Standart" ruisselait comme une fontaine glacée sur les esprits échauffés par un Karaoké postillonnés sur les tapis colorés.
la cathédrale Alexandre-Nevsky et le couvent de Novo-Tikhvin

Le complexe architectural du couvent de Novo-Tikhvin dont la cathédrale Alexandre-Nevsky en est la pièce maitresse, est en complète restauration.
Nous l’avions évoqué dans le billet du 2 avril 2009 « Les peintres et doreurs d’ Ekatérinbourg ».

Il est un peu prématuré pour les peintres fresquistes de travailler dans la cathédrale car les travaux sont loin d’être terminés…
Mais les « doreurs » ont re-donnés aux coupoles la puissance d’attraction visuelle traditionnelle aux clochers et bulbes orthodoxes.
Il ne s’agit pas à proprement parler de dorures. Les bulbes et les coupoles sont en cuivre massif qui ensuite est peint ,en cabine au pied de l’église, avec une peinture doré métallisée très brillante.
Le portillon d’entrée est toujours là. Mais l’église annexe ainsi que les bâtiments des sœurs ont été dénaturés par une reconstruction profane qui a remplacé les coupoles et clochers. Une sorte de tour crénelé a été construite sur le transept ce qui lui donne un aspect de fortin de tour de prison qui est incompréhensible dans l’ensemble architectural .Les deux constructions symétriques (dont l’une est en restauration ) sont dans un état préoccupant , murs lézardés , boursouflés .Ils est encore possible de retrouver dans les parties basse les restes de bâtiments visibles sur les ancienne photos.

Un des pavillons symétriques avec la "tour crénelé " construite sur le transept de l'église annexe. .
Les bûcherons sont à l’œuvre, les billes de bois sont débitées en planches sur place et convertis en échafaudages pour la reconstruction qui commence.
Le sol est labouré par les engins de chantiers, le parc est fermé par des palissades.
Les sœurs du monastère animent une boutique d’objets religieux ou elles écoulent leur production : icônes, broderies, habits liturgiques.
La renaissance du monastère date de 1994 .
II y a aujourd’hui 150 sœurs, dont 5 sœurs Schema, 35 sœurs, 61 cénobites et les novices.
Les sœurs font revivrent les arts orthodoxes notamment l’art du chant Znamenny (Знаменное пение, знаменный распев). Chant monophonique, qui comme le Grégorien est une prière chantée. Composé de huit modes d’intonation ,il existe différent type de chant Znamenny , le « Stolpovoy, » « Malyj » (dit petit chant) et « Bolshoy » (grand chant). Chant sans pause ni temps mort, il n’a rien à voir avec le chant classique . Il utilise un solfège très différent avec une annotation particulière appelé le « kryuki »( крюки).
Chanté traditionnellement par les hommes, la disparition de nombreux moines sachant le pratiquer eu pour effet, dans le renouveau religieux actuel, d’autoriser les chorales mixtes et ainsi de faciliter l’apprentissage ,même par les sœurs, de ce chant qui élève l’âme au point d’« étonner l’oreille pour que la vérité enfouie dans le chant mélique pénètre le cœur ».
En musique, le mélisme (du grec: μέλος, melos, "air, mélodie, chant") est une technique consistant à charger de nombreuses notes sur une syllabe d'un texte, lorsque celui-ci est chanté à l’unisson ( l’unisson est une même note ou une même mélodie, jouée simultanément par plusieurs instruments ou chanteurs.)
Cette musique est opposée à la syllabique, dans laquelle chaque syllabe du texte est fondue dans une seule note.
Les anciennes cultures utilisaient ces techniques mélismatiques afin d'atteindre des états de transe hypnotique. Ce qui était le but recherché dans certains rites initiatiques comme les Mystères d'Éleusis autrefois, ou la contemplation mystique des Medlevi (derviches) aujourd’hui.

Le renouveau du couvent de Novo-Tikhvin va de pair avec la reconstruction du métochion de Merkushino
(Un métochion ou métoque (du grec μετοχή, communauté, parfois noté métokhion, ce qui reflète mieux la prononciation du mot) est un territoire dépendant d'un monastère orthodoxe.) Merkushino fut popularisé dans le monde orthodoxe par l’éxumation du Martyr Konstantin dit le « Hieromartyr » non corrompu,en effet son corps n’est pas décomposé ce qui constitue une énigme..
Ce petit village de l’Oural était déjà connu depuis la fin du dix septième siècle grâce aux reliques de Simeon de Verkhoturye grand saint sibérien. En 1994 l’année de la réouverture du couvent d’Ekatérinbourg , les Sœurs entreprirent un travail historique sur le diocèse, elles collectèrent des informations sur le village de Merkushino et son monastère vassal.
Les études firent apparaître un document bien oublié, datant de la période ou la région était sous le contrôle des armées blanches.

Une liste de noms avec date mentionnant les prêtres exécutés par les Bolchéviques en 1918. Un prêtre de Merkushino du nom de Konstantin Boyavlensky fut fusillé le 14 juillet 1918 à la suite d’une marche de protestation paysanne contre les enrôlements de force dans l’Armée Rouge.
Les premières recherches des Soeurs ne permirent pas de trouver sa tombe, même si quelques vieilles femmes se souvenaient de l’événement.
En 1997 le monastère d’Ekatérinbourg, fort de ses généreux donateurs ,entreprit la reconstruction du petit ensemble de Merkushino .
Le monastère et l’église de l’archange saint Michel avaient été abandonnés, laissés en ruines après leurs transformations partielles en centre sportif !

Une tombe fut trouvée devant l’autel de l’église, en dégageant au bull-dozer les éboulements de la voûte .A l’ouverture du cercueil miraculeusement épargné par les engins de chantiers, Il apparut un prêtre avec une balle dans la tempe, enterré avec ses habits sacerdotaux…
une bible était à ses cotés avec l’inscription « 4 mai 17, Perm, konstantin Boyavlensky » Le fait que le corps n’était pas putréfié que la rigidité cadavérique quasi inexistante permit de l’habiller avec des vêtements neufs sans les découper , fut pour les Sœurs une manifestation évidente du choix du martyr konstantin pour la sainteté proclamé par Dieu. De nombreuses tombes furent trouvées dans l’enceinte du monastère ,les restes des moines étaient en poussière dans des cercueils effondrés .

Le complexe reconstruit, les foules se pressèrent pour célébrer le saint incorruptible présenté dans un cercueil de Malachite ouvragé ,fermé par une vitre, avec un couvercle amovible pour voir sa dépouille, sa main droite fait un signe de bénédiction. Les sœurs développèrent une iconographie précise pour ce nouveau saint, il est représenté grandeur nature sur le couvercle.
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Il est remarquable de voir le métochion aux deux saints (Simeon de Verkhoturye et konstantin Boyavlensky ) renaître avant le couvent Novo-Tikhvin d’Ekatérinbourg. Ce qui prouve que la foi prime sur la volonté de paraître.
L’église de Saint konstantin fut consacré en 2006 par Vikentiy l’archevêque d’Ekatérinbourg et de Verkhoturye.
Les nouveaux MASTER CLASS de L'Atelier Nadaï


Un interview de Michel et kyoko Nadaï
(1) Michel et kyoko , vous vous êtes très impliqués dans la réussite de l'Atelier Nadaï .
Les nouveaux cursus d'été sont maintenant ouverts. En quoi consistent-? Quand ont-ils lieu?
Michel N :
« Ces master class sont des cours de perfectionnement dans le domaine de la peinture décorative, décors de bois, trompe l’œil et décors de marbre. Ils sont ouverts à toutes personnes désireuses d’approfondir leurs connaissances dans ces matières.
Seront abordés pour le premier cours et durant deux semaines du 29 juin au 10 juillet 2009, loupe de chêne, maille, ornementations de style peintes en trompe-l’œil et fausses moulures. Ce cours sera animé par Michel NADAÏ, Maître Artisan, Meilleur Ouvrier de France, enseignant depuis 1992 et auteur du livre « Art et Technique de la Peinture Décorative » aux éditions Vial.
Pour le deuxième cours, l’Atelier NADAÏ à l’immense plaisir d’accueillir Monsieur Pierre LEFUMAT qui durant deux semaines également, du 13 au 24 juillet 2009, nous proposera une jolie promenade dans les décors de marbres dont il a le secret. Au programme, Sarrancolin, Brèche Médicis et pour finir Onyx vert du Mexique.
Est-il utile de présenter ce Maître du décor, soixante années de carrière, il a signé des décors un peu partout en Europe, et dernièrement au Salon International de la Peinture Décorative qui se tenait à Bergame en Italie, ce grand Monsieur a offert à la profession un magnifique ouvrage « l’Art du faux marbres » que l’on peut commander aux Editions Vial.
L’ensemble des panneaux seront réalisés à l’huile sur du film polyester. Les fournitures premières, peintures, solvants, et supports seront fournis par le centre de formation »
Kyoko : « Comme vous pouvez le constater, ces deux master class proposent quatre semaines de vacance bien remplies. »
(2) Comment définir le fondement pédagogique de l’apprentissage en atelier ?
M :
« Lors des sessions longues, le parcours pédagogique est balisé de manière sécurisée et progressive pour amener l’étudiant, à force d’exercices répétés et variés, à acquérir sans trop d’appréhension les fondements essentiels du métier. La journée type du stagiaire commence par la présentation du cours du jour, s’ensuit, une démonstration ponctuée de nombreux commentaires porteurs de conseils et autres recommandations sur le maniement des outils, les mélanges et la gestion des couleurs, et surtout le but à atteindre afin de réaliser un ouvrage représentatif de l’image que l’on se fait du travail du Peintre en Décors.
Quand la démonstration s’achève, commence alors pour l’étudiant la mise en application sur son panneau. Avec le soutien des notes prises durant la démonstration, notre stagiaire va reproduire les gestes du professeur, les mises en teinte, il va également affronter le maniement spécifique des outils du Peintre en Décors, en plus de la technique il va acquérir un langage propre aux gens du métier ainsi qu’une science pleine de particularités dans les matières étudiées.
Bien entendu, le professeur suit la progression des élèves, il apporte soutiens, conseils, corrections éventuelles il est aussi un acteur très important dans l’émulation du groupe permettant justement à celui-ci d’exprimer de nombreuses qualités où résonnent, comme en point d’orgue l’entraide, le respect et l’amitié.
Ainsi, jour après jour, notre stagiaire va parcourir un programme complet lui permettant d’appréhender la mise en pratique professionnelle, le maniement des glacis à l’huile, les glacis à l’eau, l’acrylique, l’utilisation des pigments, les décors de bois et de marbres, les patines et autres effets de matière, une connaissance approfondie des lois de la perspective, l’harmonie des couleurs et enfin la réalisation des panoramiques et les murs peints, par ailleurs, il a avec lui toutes les technologies étudiées en cours, de nombreux panneaux qui pourront témoigner auprès de sa clientèle de son savoir et de sa technicité. Il a aussi une voie privée qui le relie au Centre de Formation et aux professeurs lorsque des démarches professionnelles et/ou l’approche d’un chantier particulier le réclame ».
(3) Avez-Vous remarqué une recrudescence de demande de stages depuis la sortie de votre somptueux livre " Art & Techniques de la Peinture Décorative..." ou celui de Monsieur Lefumat sur la technique des faux marbres ?
M :
« En effet, la sortie du livre Art & Techniques de la Peinture Décorative, a suscité un regain d’intérêt pour le travail et bien sûr beaucoup de demandes de stage.Nous avons reçu par ailleurs de nombreux témoignages et l’on avoue avoir été très touchés par certains venus de confrères, de gens qui normalement sont nos concurrents mais qui restent avant tout des personnes précieuses dans notre vie professionnelle.
En fait, le monde du Décors est très petit, même à l’échelle internationale, nous nous connaissons tous avec plus ou moins d’affinité, mais il y a une chose essentielle qui nous relie et qui force le respect mutuel, c’est d’une part, la défense du Métier que nous nous efforçons de protéger pour une clientèle de plus en plus exigeante et d’autre part cette manière de nous retrouver aux quatre coins du monde sur un chantier ou au Salon International de la peinture Décorative, c’est d’ailleurs à cette occasion qu’a eu lieu le lancement du livre de Monsieur Pierre Lefumat, à Bergame, Italie. Cet ouvrage est magnifique, avec ces belles photos, ces réalisations magnifiques, ce livre est un vrai cadeau pour nous les peintres en décors, un témoignage merveilleux où l’humilité côtoie page après page le savoir authentique d’un grand Maître. Nous pensons avec beaucoup de sincérité que cet ouvrage va marquer une nouvelle date dans l’histoire de notre métier. »
(4) Quels sont les différents profils d'étudiant que vous avez en stage ?
Kyoko :
« Les personnes qui font le choix d’étudier dans notre Centre de Formation viennent d’un peu partout, de France et de l’étranger. Le dernier stage a accueilli, une Galloise, deux Américaines, un Espagnol et un Japonais le reste du groupe était constitué de Français, tous de régions différentes. Force est de constater que d’année en année, le public féminin se prend de passion pour notre métier. »
Michel :
« L’âge moyen se situe entre trente et quarante ans, ce sont parfois des professionnels du bâtiment qui viennent ajouter un savoir nouveau à leur carrière, ailleurs, ce sont des reconversions, des changements d’itinéraire, de nouveaux départs, nous accueillons également des personnes plus jeunes qui approche l’apprentissage du métier de manière très large, c’est à dire dans l’idée de l’englober dans un bagage personnel et artistique, nous avons également des personnes plus âgées qui mettent fin à leurs carrières pour étudier enfin ce métier que la vie ne leur a pas permis d’apprendre plus tôt.
Toutes ces motivations se retrouvent chaque année et vont former un groupe que nous allons accompagner durant toute la formation, de là naissent de grandes amitiés, de grandes passions et de très belles aventures humaines. »
(5) Quels sont les stages qui remportent le plus de succès ?
Michel :
« Pour l’instant c’est le stage long qui la préférence des stagiaires. Ce stage propose une immersion totale dans l’apprentissage du métier. En fait les personnes qui s’inscrivent en formation viennent rechercher un tout plutôt que quelques brides éparpillées qu’ils viendront chercher au fil du temps. La formation est structurée en module, ainsi les étudiant ont tout loisir de se projeter dans le module de leur choix ou de prendre la formation dans son complet, ce système est vraiment très souple et permet des entrées en formation tout au long du stage. »
(6) Avez-Vous des nouvelles de vos anciens élèves?
Michel :
« Oui, nous avons souvent des nouvelles de nos anciens élèves. Comme je l’ai dit plus haut, les élèves sont informés à la fin de leur parcours que le centre leur est toujours ouvert pour faciliter l’ensemble de leurs démarches, qu’elles soient administratives ou purement techniques. Ces moments de retrouvaille sont, bien entendu, des instants emplis d’émotion que nous partageons bien volontiers sans retenue car il est toujours agréable de suivre l’évolution des stagiaires. »

(7) Pouvez-vous nous décrire l'atelier et ses commodités?
Michel :
« Notre atelier est un véritable atelier de peintre, c’est un espace de plus de 100 m2 pourvu d’une grande verrière qui confère au local une luminosité des plus confortables puisqu’elle provient de la lumière du jour. La ventilation des locaux est assurée par un système réversible qui fournit une douce chaleur l’hiver et une fraicheur salutaire lors des canicules l’été.
Par volonté, nous ne souhaitons pas accueillir plus de 15 élèves, ainsi, chaque élève dispose d’un espace d’étude confortable, de plus, en limitant le nombre d’élèves, le travail des professeurs s’en trouve facilité pour suivre et soutenir l’essor du groupe.
L’école se situe sur la commune du Passage d’Agen, là aussi c’est une volonté pour faciliter la vie des stagiaires, ils ont un accès direct aux commodités de la ville, aux loisirs et également à l’intendance, les transports sont simplifiés, pas de bouchon aux heures de pointe, pas de grève subite dans les transports, un parking simplifié et gratuit avec un accès immédiat à l’école, Nous avons aussi un aéroport avec une ligne directe pour Paris, d’autres destinations existent, mais je n’ai pas encore poussé la curiosité jusque là, il y a également le train, nous avons le TGV pour Paris, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lille…
Nous avons également l’autoroute que l’on peut prendre à dix minutes à peine de l’école, comme vous pouvez le constater, l’emplacement de l’Atelier NADAÏ a murement été réfléchi pour offrir aux élèves un maximum de confort pour faciliter l’accès et la vie en stage ».

Kyoko :
« Pour l’hébergement, il y a plusieurs possibilités, d’abord le particulier, il a l’avantage d’offrir un service et des tarifs des plus attractifs, il y a aussi une résidence pour étudiant, ailleurs une résidence hôtelière qui consent des tarifs préférentiels pour la location de petits studios, équipés de tout le confort, de kitchenettes, de bornes WIFI… L’hébergement reste toujours une préoccupation pour nos élèves aussi nous essayons d’obtenir pour eux le meilleur accueil et le meilleur service. »
(8) Pouvez-vous nous parler de la région d'Agen et plus particulièrement du Poussou ?
Michel :
« Le Poussou est le lieu-dit où nous résidons. Il se situe à peu près à vingt minutes en voiture de l’Atelier. Le Poussou est un endroit magnifique et parfois, au détour d’un virage dans certaine promenade, on ressent comme une petite brise venue tout droit de la Toscane.
Le Passage d’Agen est la banlieue immédiate d’Agen. Entendez en cela que pour accéder à la ville le seul périphérique à emprunter consiste en un pont puisque la ville est séparée de sa banlieue par les caprices de la Garonne qui roule ses flots comme notre cher Claude Nougaro roulait ses errrreu….
On trouve de tout à Agen, c’est le pays de l’ovalie, c’est l’endroit où Francis « fait jouer ses mains sur un morceau de bois », selon le poète, Agen serait la perle du Midi, on y fait point de régime, on côtoie avec facilité le foie gras, le confit, les cèpes, et même pour les plus gourmets, on peut entrer dans certaines boutiques pour se laisser tenter par quelques pruneaux. À déguster sans modérations surtout lorsqu’ils sont fourrés au chocolat… ! »

Michel &Kyoko :
« Merci au blog peintresdeco de nous avoir offert ces quelques lignes. Nous vous disons à tous à très bientôt, ici ou ailleurs, en promenade ou avec des pinceaux, de toute manière et pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter,
sur le site internet www.michelnadai.com
ou par email : michel.nadai@wanadoo.fr »























































































































































































































































































































