cfd97d17-665b-4046-8d3b-e0f530f2764c

P4

Voici une autre photographie sortie de la boite de souvenirs, Nous l’appellerons : P4. Les premières photos qui accrochaient le regard étaient celles avec personnages. Nous y avons vu le Maréchal des logis Lièvre de la 2eme compagnie du GT 18. Compagnie qui convoyait en Indochine les troupes à travers le pays et notamment vers Battambang au Cambodge. Il y fut en opération avec la 13eme DBLE (Demi Brigade de la Légion Etrangère).
Celle-ci nous montre sans doute ce qu’a vu le MdL Lièvre lors de sa visite dans les ruines d’Angkor Vat avec son camarade et ami Yves Alain, que nous avons reconnu à ses côtés sur les clichés du billet précédent.
Cette photographie est intéressante car prise de haut. Toutes les vues actuelles sont prises du sol maintenat qu'il est formellement interdit de grimper sur les superstructures des temples. Ici le photographe prend son cliché en plongé, ce qui nous montre les faîtages des toits. Le bâtiment central est cruciforme. A droite, il est relié par une coursive à fenêtres avec balustres. Une amorce de tour à étage (Gopura) est visible. En regardant plus précisément, on aperçoit derrière le bâtiment central, la fuite d’un toit continuant le plan cruciforme du toit à fronton. Il y a six fenêtres visibles sur la droite. Une grande masse sombre avec un toit écroulé occupe le centre du cadrage. Des pierres éparses sont posées sur le sol à droite.
Quelle partie d’Angkor est-ce ? D’où a-t-il prit sa photo? ( Le photographe est anonyme car s’il y a si peu de clichés dans la boite de souvenirs, c’est sans doute qu’ils ont été donnés au MdL Lièvre et qu’il n’en est pas l’auteur.)
Le plan d’Angkor Vat est fascinant. Une régularité d’entrelacs de croix dans des carrés. Imbriqués les un dans les autres reliés par une longue voie reposant sur une horizontale simple. Peut être qu’il est utile de rappeler ici les dates et le nom du Roi qui fut l’ordonnateur de ce temple, palais, mausolée et monastère.
Construit entre 1113 et 1150  ( C’est l’âge des cathédrales en France: Chartres, début des travaux:1134, Notre Dame: 1163 ..) par le grand Roi Suryavarman II.
Il fut consacré à la seconde divinité de la Trimurti, Vishnu, à laquelle il s’identifiait. C’est ainsi qu’à sa mort, il prit le nom de Paravisnuloka «  Celui qui est allé au paradis du grand Vishnu »
Angkor Vat signifie « Ville royale Monastère ».
J’ai rappelé brièvement dans le premier article étudiant ces anciennes photos, l’étrange lien qui uni la France à ces ruines. Celles qui furent délaissées, oubliées par les fils des Khmers et découvertes au monde par la curiosité historique des voyageurs et savants français du XIXeme siècle.
 Aujourd’hui le tourisme de masse chinois met en péril les temples. Les allées, terrasses, escaliers et galeries sont fragilisées car envahies d’une foule en baskets et casquettes US brandissant des perches à selfies.

Cette première photographie (P4), montre des ruines.  Mais quelles sont elles?  C’est sans conteste une partie d’Angkor Vat. On reconnait les colonnettes de Grès, les entablement, les frontons, la formes des toits.
Les vues actuelles d’Angor Vat présentent des bâtiments en bon état avec quelques stigmates du temps mais pas d’effondrement de toit et de pierres décalées sur le haut des murs comme sur ce cliché. Pour identifier l’angle de vue et la partie représentée, il n’y a donc que les photos anciennes qui peuvent nous renseigner. Deux cartes postales anciennes viennent à notre aide. Tout est plus clair !  Il s’agit de la partie droite de la galerie ouest, avec le porche donnant sur l’édicule dit Bibliothèque du Nord, dans la cour intérieure. La photographie a été prise des soubassements de la première galerie avec quinconce que l’on appelait autrefois troisième étage. Maintenant le décompte se fait à partir du Prasat central vers l’extérieur.

 

Capture d’écran 2018-12-06 à 11

L'édicule effondré (Bibliothèque) et la porte à droite avec le batiment au toit cruciforme. Allée centrale dans le lointain.

Capture d’écran 2018-12-06 à 11

Vue avec la tour d'angle amorcée dans P4


 Le cliché P4 montre comme les cartes postales anciennes, le porche du Nord effondré. Le photographe monte sur les ruines des escaliers de la partie centrale, se retourne et photographie d’où il vient ..La première carte postale présente un cadrage plus réussi car l’allée centrale est visible. La perspective peut se dérouler et l’ampleur du lieu est mieux exprimé. Mais c’est le même angle de vue et nous pouvons reconnaitre notre cliché P4: Le porche nord et son pavillon de la deuxième galerie face à l’édicule nord  de la cour intérieure.

 

eeba328f-4583-45cf-bb75-a7367530f166

P5

La photographie P5, est la deuxième vue d’Angkor Vat sans personnages. Le cadrage coupe le haut d’une tour d’angle. Il pourrait s’agir de la Prasat Nord de la partie centrale, dite la galerie avec quinconce. Ce deuxième niveau d’Angkor Vat était interdit à tout public. C’est pourquoi la galerie à nef unique qui le délimite en une sorte de carré de 110 mètres sur 115, est très sombre car il n’y a aucune ouverture. Des fausses fenêtres avec colonnettes sont présentes à l’extérieur pour l’ordonnance architecturale.
Une rampe de fer est visible sur le premier escalier du porche central hors champ sur le cadrage. Cette rampe à certainement été installée par les services d’étude du temple chaperonné par l’école Française d’Extreme Orient. Les douze escaliers de ce niveau sont impressionnants avec une pente de plus de 70 degrés. Une pente très raide, due au parti pris de faire des escaliers d’une seule volée.
Un naga se détache sur le ciel. L’état des bâtiments semble très satisfaisant en témoigne les frontons de la tour qui sont en excellent état.

 

 

e5cce6ce-8158-4412-9653-5dbddcf304c0

P6

Les photographies suivantes, P6 et P7, montrent deux moments de détente avec celui qui l’on reconnait comme le Maréchal des Logis Pierre Yves Lièvre.  Il est bien difficile de déterminer une date pour ces deux instantanés; 1946, 1947 ou début 48? quelque part sur les routes d’Indochine.

La photo P6 montre le MdL Lièvre avec un camarade tête nue. Ils sont tous les deux souriant, qui avec une cigarette aux lèvres, qui avec un chapeau de brousse ayant souffert d'avoir connu la saison des pluies. Leurs chemises sont ouvertes sur leurs torses ..ont-ils un « maillot de corps »? Peut être..Il y a des plis dans le blanc surexposé. Cette surexposition ne permet pas de voir s'il y a un col. Le pantalon est remonté sur les chaussures de marche à jambières attenantes. Les uniformes sont sobres, assez fripés, sans écussons ou particularités. Ce sont des tenues de brousse, des tenues de combat mais sans ceinturon. Vestes à quatre poches plates et pantalons simple sans les poches latérales à l’américaine.
Que font ils ? ils déambulent sur ce qui ressemble à un chantier…Il y a derrière eux, huit annamites. Il faut être attentif car ils ne se laissent pas distinguer facilement. De gauche à droite : on voit nettement un homme assis un peu en retrait à la hauteur de l’épaule gauche du MDL Lièvre puis les jambes nues de deux hommes derrière lui, masqués par sa haute stature. A droite de la photographie, il y a quatre hommes qui travaillent tournés vers le talus. A droite de celui qui est le seul à porter une chemise, il y a une silhouette noire au profil très lisible et à ses cotés, on aperçoit à demi caché le fessier d’un homme et sa jambe.
 Le dernier homme, le cinquième près du cadre, se tient droit, la main sur l’épaule gauche et porte ce que l’on distingue comme une hotte. Il est nu avec un pagne. Il attend. Il porte à la commissure des lèvres un petit bâton..Est ce une pipe? ou juste un effet photographique?
 Le bétel étant consommé par les femmes, il ne peux pas s’agir de ça. De plus, ils sont nus avec des pagnes, un seul porte une chemisette en loque. Leurs coupes de cheveux est intéressantes: ils ont des chignons. Celui qui est vu de dos en train de bêcher, porte une longue natte très fine. Ils ressemblent fortement aux Moïs, peuplade traditionnelle vivant dans les montagnes du Vietnam et sur les plateaux des revers de la cordillère annamite. Ils sont très proches en coutumes et habitats des « Kha » ou des « Méo » du Laos ainsi que des « Hmong » du Cambodge.

cochinchine-_chez_les_mois_-groupe_de_mois_-_poujade_ladeveze_71_iphone_

Moï


Le sol semble meuble et peu tassé. Est ce une route? Pas sur.  Les Moïs travaillent-ils à déblayer? Ils ne semblent pas « ouvrir » une route. C’est assez énigmatique mais l’ambiance parait détendue. A première vue, on pourrait croire que les deux militaires français remontent la route qu’ils font déblayer par des locaux embrigadés dans des travaux pénibles de terrassement, il y a des rochers dans cette forêt. On imagine les camions derrière, en file attendant que l’ouvrage se fasse. Mais n’est ce pas plutôt une promenade sur un chantier (collecte de terre à brique?) rencontré au hasard d’une halte?  Le MdL Lièvre porte dans sa main droite quelque chose. Ce n’est pas une arme mais une chose qui tient dans sa paume avec une courroie qui passe entre son pouce et l’index. Est ce une gourde? un calepin ? un appareil photo? Son camarade pourrait être Yves Alain. En rapprochant les photographies II et III de celle-ci, on note une certaine ressemblance de coiffure et de morphologie avec lui.

 

e623acd0-93d1-40d1-8b8b-2d41362bcfe7

P7

 La photographie P7 est un portrait. Un portrait presque en pied du MDL Lièvre. Le cadrage coupe le chapeau de brousse (copie française du green jungle hat anglais modèle 1944) ainsi que les mollets. Mais ce n’est pas un instantané . C’est une photo posée. Le MdL Lièvre  tout sourire semble prendre une pose royale comme dans le célèbre tableau de Rigaud avec un déhanché praxitélien, c’est à dire en contra posto ! ( traduction:  le tombé des épaules contraire au déhanchement ..cf: statuaire grecque Praxitèle…) La scène est joyeuse en bordure de petits bananiers. Cette posture royale est dû au sceptre ..à la canne royale qui ressemble à une gaffe de marinier en métal mais avec un col de cygne à la place du crochet ! Cela ressemblerait plutôt à une perche de débâchage que l’on utilise pour les camions à plateau. Il ne s’agit pas d’une canne de chef de village ou de bâton de pélerin en tout cas. Le MdL rit et fait rire sans doute ses camarades. Il prend la pose. on prend une photo. Moment joyeux de détente, de « déconnade" entre militaires. Mais la grande différence avec la photo P6 et les précédentes, ce sont cette cartouchière et ce fusil qui n’apparaissent dans aucunes autres.  Le fusil est porté crosse en l’air dans le dos avec la sangle sur l’épaule. Le canon pointé vers le sol n’est pas clairement identifiable comme celui en dotation dans l’armée Française en Indochine ; le MAS 36 qui a un fût qui semble plus fin. La qualité de la photographie nous trompe peut être, mais la cartouchière plates en bandoulière est atypique aussi ..cela ne correspond pas à celle en cuir pour chargeur de MAS 36 ou de MAC 24/29. Est-ce une particularité du GT 18 ? Difficile de le savoir ….Une autre différence à remarquer est la présence d’une montre bracelet et d’un fin maillot de corps à manche longue.
 Le sourire du Maréchal des Logis Lièvre est assez visible pour être reconnu. Et il est indéniablement reconnu ! C’est bien lui, ce sourire que l’on retrouve chez ses enfants et surtout sur le visage de sa fille !
Sur le visage adulte des enfants, les chemins tortueux de l’hérédité sont lisibles comme en plein jour sur les jeunes visages des parents.

 

ed9f699b-f498-4150-95c7-0ef7be693042

P8

Parmi les clichés d’Angkor que nous avons commenté, il y avait cette vue de trois tours sanctuaires sur une terrasse avec escaliers encadrés par des lions assis. Nous l’avions volontairement écartée car elle ne correspondait pas à ce que nous connaissons d’Angkor Vat. Nous l’appellerons P8.
 Deux militaires sont visibles à gauche. Un homme nous fait face, il a des chaussette blanche qui attire le regard. Il est en short et porte un calot. Derrière lui, un autre en pantalon et chemise à manche courte (ou relevée ) rentrée dans la ceinture porte le képi blanc des légionnaires. Un soldat de la 13eme DBLE certainement convoyé par la GT 18. Donc nous pouvons envisager la possibilité, mais sans aucune certitude, que cette photo date de 1947. Battambang est une ville du nord du Cambodge à l’est du grand lac Tonlé Sap. Sachant que cette vue de trois Prasat sur une petite terrasse ne correspondait absolument pas avec les constructions d’Angkor Vat, une rapide recherche iconographique sur l’art Khmer nous permit d’identifier le temple comme étant celui du Preah Kô près de Roluos au nord de Battambang près de la frontière Thaïlandaise.

preako2

84df6bb8b7f34edf6da653773b4e6199

Prea Kô

Le temple construit par le Roi Jayavarman II est dédié aux ancêtres, avec ses trois tours masculines flanqués de trois autres féminines derrière elles. La présence de trois statues du taureau Nandin lui donna le nom de Prea Kô qui signifie « taureau sacré ».  Marilia Albanese dans son ouvrage « Angkor les splendeurs de l’art khmer »( Gründ 2002 ) nous parle du Preah Kô  « Le Prasat situé au centre de la première rangé, plus grand que tous les autres, abritait une effigie de Jayavarman II, représenté sous la figure posthume de Parameśvara. » Cette statue que nous voyions en ombre dans l’ouverture centrale était donc encore en place lors de la visite des militaire français. Les tours étaient en très mauvais état. C’est très visible, aucun des éléments décoratifs ne semblent complets. Les murs de brique ont perdus leurs revêtements de stuc sculptés d’arabesques. Les gardiens protecteurs ( dvarapala) de portes sont manquants. Ils reviendront et le temple sera entièrement restauré ….. Il aura belle allure avec ses Prasats remontées mais la statue sera manquante, elle à été transportée au musée National du Cambodge à Phnom Penh. Wiképédia Anglais nous renseigne: « Le Paramavara, (Sanskrit: परमेश्वर)  ou Paramashiva est le terme généralement appelé dieu Shiva comme étant l'être suprême selon le saivisme, qui est l'un des 4 principaux sampradaya de l'hindouisme. Parameshwara est la réalité ultime et rien n'existe qui ne soit non plus avec Paramashiva. » 

prea khooo

Le Shiva du Preah Kô au Musée de Phom Penh

Il est fascinant de voir que, dans ces ruines qu’arpentent des militaires en opération, Shiva dans l’ombre de sa retraite se découpe sur le ciel, les bras brisés mais la tête haute et cela depuis plusieurs siècles. Maintenant, luisant sous les mini lampes muséales, le pauvre Shiva doit rêver aux nuits de brouillard mourant aux matins rouges dans sa solitude d’avant le tourisme mondial.

 

a63294f3-e15b-43fe-ac40-8df84afeba85

P9

18e18a2c-a8a7-460a-8bbe-a7532241b168

P10

Les deux dernières photographies (P9 et P10) trouvées dans l’enveloppe de la boite de souvenirs, représentent une grande chute d’eau, plus large que haute; juste un paysage sans bâtiments ni personnages; puis une vue de baigneurs regardant l'objectif en contre bas de la chute.
 Ils sont trois sur un groupe de rochers au pied de la cascade. Deux annamites, un blanc. Deux debout, un assis. L’annamite debout parait nu alors que le blanc laisse deviner un long maillot des années trente. Celui qui est assis n’est pas très visible. Sa position serait plus celle d’un jeune homme ou même celle d’une jeune fille. Ils paraissent, tous les deux, très noirs de peau. S’il s’agissait d’une photographie sans aucune provenance et sans présupposé; l’on pourrait aisément la situer en Afrique ou dans les îles. Mais les Moïs sont bien sombres de peau et le blanc ressemble à quelqu’un que l’on a l’impression d’avoir déjà vu. il pourrait, vu sa pose et sa tignasse, s’agir d’Yves Alain, le camarade du MdL Lièvre. Voilà une séance de baignade avec des locaux. Moment de détente sous le ciel blanc dans la chaleur de l’Indochine ..De vrais vacances en somme! Il n’y a, nous l’avons déjà dit, aucune mention au dos des photographies. Nous ne savons ni le lieu ni la date…aucune mémoire orale ne peux nous aider. Où se trouve ces majestueuses cataractes?  Croisées sans doute au détour d’une mission, près d’un poste français? Une étape sur le chemin..peut être ? Nous savons par les états de service connu du MdL Lièvre que ses positionnements étaient situés principalement autour de Saïgon, dans la plaine des joncs ainsi que vers la mer de chine sur la route cotière entre Phan Thiet  et Nha Trang.
Les missions de transport allaient aussi vers le nord; c’est à Thaï Ninh qu’il connu le baptême du feu en avril 1946. Thaï Ninh est une étape vers la frontière Cambodgienne. Il remonta jusqu’a Battambang et même Roluos près de la Thaïlande. Mais rien ne renseigne sur une mission vers le sud et les chutes d’eau qui nous occupe semblent bien être les chutes de Tataï sur l’affluent de la rivière Préat qui coule vers Koh Kong. Les chutes sont situées près de la province de Prat en Thaïlande, le long de la frontière dans le golf de Thaïlande. Elles sont encore aujourd’hui un lieu de baignade, mais dans des conditions moins sauvages avec des petits bateaux plein de touristes en gilet de sauvetage orange. On y accède par la route après une heure de trajet en venant de Sihanoukville.

chute

Chutes de Tataï


Les chutes sur P9 sont bien fournies avec un gros débit qui ressemble à celle de la saison des pluies. P10 montre un paysage noyé avec de nombreux débordement de lit. Donc, il est possible d’imaginer que ces photographies aient été prises entre le mois de mai et la mi novembre 1946 ou 1947. Mais sans assurance aucune, car elles peuvent tout aussi bien avoir été prises en 48.... bien qu’en 1948 le Maréchal des Logis Lièvre fut en poste à Phan Tiet. Petite ville située sur la route côtière à l’est de Saïgon. Il fut atteint du Typhus et rapatrié sanitaire en août 48.

Face à ces photographies qui semblaient muettes et promises à l’oubli, nous espérons que ces petites réflexions permettent de remplir les blancs des verso et de garder la mémoire de:

Pierre-Yves Lièvre ( 1928 - 2004)

Croix du combattant; Médaille commémorative d’extrême Orient.

 

 

 

 

Tataï sur Eden

chute2