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La vie au 25

La marquise reçoit deux jours par semaine et son salon concurrence celui de la Princesse Mathilde qui s’en offusque.

La « société » en étant presque la même….

 


Pourquoi le « Tout Paris » cette évanescente aristocratie littéraire et artistique, se presse-t-il aux diners de la Païva considérée par beaucoup comme scandaleuse et dont la Presse brocarde les dépenses excessives de son luxe tapageur?
Les frères Goncourt nous ont laissés des descriptions très défavorables. Ils n’ont pas de mot assez acerbes pour ces diners auxquels ils ont été conviés que très épisodiquement, cette «  dent dure » étant un procédé attirant mais réducteur qui fit , on le comprends, le succès de leur Journal.
 Mais l'attrait de ces diners rassemblant dix invités le vendredi puis vingt le dimanche, uniquement des hommes, vint par la qualité de l’assemblée alliée à une très bonne table dans un lieu à découvrir mais aussi par la personnalité de Thérèse Lachmann bientôt Blanche de Donnersmarck dite "La Païva".


Fréderic Lollié qui fut un habitué de ces soirées est assez flatteur dans ses écrits:
« La société parisienne n’avait pas de secret pour Mme de Païva, malgré qu’une grande partie de cette société suivit son cours en dehors d’elle. Instruite du sort de bien des gens, lisant les journaux d’importance, en trois ou quatre langue parcourant toutes les nouveautés littéraires d’une valeur égal à leur succès, enfin se faisant envoyer toutes les partitions des musiciens acclamés, elle étonnait son entourage par la sureté de son jugement et la diversité de ses informations. »   F.Lollié « La Païva La légende et l’Histoire de la Marquise de Païva » Tallendier 1920 Paris p.169

Personnalité hors du commun, la Marquise sut créer l’écrin pour sa cour ainsi que la renommée découlant d’elle.  Les diners du rez-de-chaussée de la place Saint Georges n’étaient que la préfiguration du Salon des Champs Elysées, où s’y affinant quelques fidèles, le bouche à oreille et la presse firent le reste. Le Comte Guido von Donnersmarck, nouvel alter ego d’une femme mariée, grâce à sa puissance financière participa grandement à cette élévation spectaculaire qui fit de la « Marquise » une personnalité en vue.

Le Comte fut décrit comme un jeune homme renfermé et peu affable. Sans doute trop timide et sans expérience, il fut attaché par une découverte de ses sens qui dans les bras d’une femme plus âgée et très expérimentée pu lui permettre de construire une fois marié et veuf, une deuxième existence avec la jeune Katherina Von Slepzow de trente deux ans sa cadette, dont il put ainsi par son expérience acquise la couvrir de « bijoux d’Impératrice ».

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Le jeune Comte acheta pour la marquise de Païva en 1857 le château de Ponchartrain, villégiature dans les Yvelines. Les serres du Château pourvoyaient l’Hôtel des Champs Elysées en légumes et fruits frais*, la cave était excellente . Les diners parisiens s’y nourrissaient. Les conversations étaient très orientées, les sujets « funèbres » ou « galants » étant proscrits seuls les arts et la littérature avaient droit de cité.

*« Un château royal nous donnait des raisins, des cerises et des pêches quand tombait la neige… » Houssaye  Confessions T5 Paris 1885 1891


La verve de Théophile Gautier, les saillies de Léon Gozlan , les propos d’Eugène Delacroix nous sont rapportés par Arsène Houssaye dans ses « Confessions » où il n’hésite pas à écrire :
« Mais l’art, la littérature, l’éternel féminin, éclataient sur la table, comme les topazes du vin de champagne, les perles du vin du Rhin et les rubis de tous les châteaux du Bordelais. Jamais les gens de lettres et les artistes n’avaient été plus royalement fêtés. »
Les invités et habitués avaient eux même le loisir d’inviter à leur tour des convives intéressants et intéressés, l’aréopage se constituait par cooptation et n’était pas réinvité les grincheux ou les ennuyeux «  La causerie à l’hôtel Païva était toujours étincelante, imprévue, ruisselant d’inouïsme. »

L’Inouïsme! voilà un beau néologisme pour décrire ces diners dont beaucoup en évoquait le luxe sans espoir d’y être convié. Le célèbre escalier d’onyx d’Algérie unique à Paris (et peut être, ailleurs aussi !) présente sur sa base un cartouche en lettres d’or qui stipule:

 «  Pulsat amica cohors, dodus ingeus pendit portas Inuita turra venit, caudite parva domus »  

Ce qui peut se traduire par l’élégante formule:  «  Si la foule des amis se présente, ouvre toutes grandes les portes de la vaste maison, mais si c’est la foule de importuns, entrebâille les portes de l’étroite demeure. »
  Quelque soit le statut social, la renommée ou la carrière politique, la Marquise ne recevait dit-on que ses « amis » ou les amis de ses amis. Nous sommes très loin du mauvais jeu de mot « Qui paye y va » !
Les convives se retrouvaient dans le grand salon en attendant l’apparition de la Païva. Ils pouvaient accéder au balcon dominant le jardin sur l’avenue. Cette ample balustre a disparue avec la sur-élévation de la terrasse.
Le physique de la Marquise a suscité de nombreux commentaires, ainsi de cette description très violente de Jules de Goncourt datant de 1867 :
 « La maîtresse de maison, je la regarde, je l'étudie. Une chair blanche, de beaux bras et de belles épaules se montrant par derrière jusqu'aux reins, et le roux des aisselles apparaissant sous le relâchement des épaulettes; de gros yeux ronds; un nez en poire avec un méplat kalmouck au bout, un nez aux ailes lourdes; la bouche sans inflexion, une ligne droite, couleur de fard, dans la figure toute blanche de poudre de riz. Là dedans des rides, que la lumière, dans ce blanc, fait paraître noires, et, de chaque côté de la bouche, un creux en forme de fer à cheval, qui se rejoint sous le menton qu'il coupe d'un grand pli de vieillesse. Une figure qui, sous le dessous d'une figure de courtisane encore en âge de son métier, a cent ans, et qui prend, par instants je ne sais quoi de terrible d'une morte fardée. »


 La Païva ne semblait pas aimer son image et il est souvent rapporté qu’elle dû se farder excessivement pour lutter contre un vieillissement précoce.
Elle n’avait pas le gout de la photographie ni des portraits. Les photos de la bibliothèque nationale montrant l’inscription « la Païva » sur une jolie jeune fille de trois quart, désigne Mona Païva une danseuse de 1925 qui n’a évidement rien à voir avec la Marquise.

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Mona Païva . Danseuse de cabaret d'avant guerre ( 1930)

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La courtisane Cora Pearl abusivement confondue avec la Marquise et Catherine Von Slepzow portant les bijoux de l'Impératrice achetés pour la Marquise.

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Photo retouchée colorisée. Une représentation couramment admise de la Marquise. Mais Portrait si laid et dénué d'intérêt qu'il aurait été préférable de ne pas le connaitre.

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Portrait attribué à Adolphe Menut.

Une autre photographie montrant une femme en pied avec une belle toilette prise presque de dos est souvent légendée Marquise de Païva mais rien ne vient l’authentifier.


Fédéric Lollié dit avoir « entrevu l’admirable tableau de Gérôme trop secrètement gardé »

Car si le portrait du Comte de Donnersmack, réalisé par Paul Baudry est connu et fut exposé à l'exposition «  Portrait du Siècle »  il n’en est pas de même pour le portrait de la Marquise réalisé par Jean-Léon Gérôme. Ce tableau dont aucune reproduction n’est connu fut emporté au château de Neudeck et disparu à jamais.
Une description très favorable à la Marquise a été faite par Lollié qui insiste sur les yeux intelligents « caressant tour à tour impérieux » , le buste « irréprochable dans ses contours » les bras et les épaules « magnifiques » et la voix acérée et mordante tout en concédant un profil légèrement sémitique! Le Senne qui n’est pas tendre car trop près des descriptions des Goncourt et mélangeant les périodes, n’omet pas de rappeler que la Marquise « grande, élancée la taille bien prise… portait admirablement la toilette ». Emile Le Senne « Madame de Païva » 1910 Paris


Les bijoux et les lustres se répondaient dans leurs éclats , la Païva fut évidement victime de cette obligation de réussite, de cette obligation de réceptions « mondaines »  où la verve, le brio, la chaleur étaient de mises. Mais des réunions entre amis place Saint Georges puis de l « inouïsme » des diners de l’hôtel des Champs Elysées à peine terminés dont la renommée fut nourrit pas les échos de presse, la Marquise vit son salon aller jusqu’à la monotonie d’une « institution » à bout de souffle après la chute de l’Empire .

L'ambiance très différente fut décrite par Monsieur de Villeflosse :   « Ferdinand bac, il y a dix ans me confiait que tout gamin, son parrain Arsène Houssaye, l’avait emmené diner dans cette salle à manger où la chère était aussi somptueuse que le décor. A sa grande surprise, il trouva sa place à côté de la Marquise et cette idole mûre  « guenon du pays de Nod, bête à sept cornes » disait Alexandre Dumas fils, chercha tout le temps du repas à planter son mince et haut talon sur le pied stupéfait de l’adolescent ».  
Le privilège ressenti par les invités s’était émoussés, la Marquise elle même avait « vieillie » et les invités se firent plus rares.
Le comte Guido ne fut jamais célébré comme un grand causeur, l’on disait de lui qu’il semblait se désintéresser des discussions et ne se départissait pas de son air sérieux de jeune homme pommadé et compassé.
La Marquise, si elle ne savait que trop facilement parler d’argent, fût tout d’abord "moderne et mécène" avant de se laisser prendre par le pouvoir des « affaires » politiques. C’est à ce titre qu’après la défaite de Sedan, elle oeuvra dans les cercles du pouvoir par des manoeuvres liées au statut de son mari qui fut nommé gouverneur d’Alsace et de Lorraine.
 Elle fut très utile par sa connaissance des milieux fortunés parisiens, pour le calcul et la négociation de l’indemnité de guerre, fixée à six milliards de francs. Profitant de la parenté du comte avec Bismarck et de son entregent auprès de Gambetta, elle voulut  négocier un rapprochement entre la France et l’Allemagne mais ne gagna que la position inconfortable d’espionne peu favorable après celle de courtisane. Elle dû sous la pression du gouvernement français quitter Paris pour sa retraite de Silésie en 1877.

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Jardin d'Hiver du 25 avenue des Champs Elysées.


Les cheminées nous l’avons vu ne flambaient que très rarement, les calorifères ne réchauffant que très peu, les invités pouvaient se plaindre du froid et notamment dans le « jardin d’Hiver » où se tenait après souper une collation sous la verrière. Extension sur la cour arrière, le jardin d’hiver n’existe plus actuellement. Seule son allée latérale subsiste profondément remaniée par les extensions des années vingt.
«  Dans la serre où l'on fume après dîner, on est gelé par des courants d'air venant de la couverture, ou étouffé par les bouffées de chaleur des bouches du calorifère. »  Journal des Goncourt 1868.


 Les Goncourt ont encore une fois la plume dévastatrice mais cela nous renseigne sur la «  circulation » des hôtes qui déposés sous le porche couvert accèdent en passant une «  porte de bronze, lourde majestueuse  » qui s’ouvre sur le vestibule; puis les invités entrant dans les salons où la Marquise se fait attendre, gagnent enfin la salle à manger avec la grande desserte d’ébène, les grands chandeliers et les grandes torchères d’argent. La table était somptueusement parée d’un service de Saxe au milieu duquel trônait ce fameux surtout de table dit « Surtout d’Ariane » oeuvre de Carrier Belleuse livré en mai 1867.
Représentant Ariane chevauchant une panthère, estimé d’une valeur de 800 mille francs de l’époque que l’on décrivait ainsi : «  Des néréides entrelacées se glissent au travers de la surface miroitante en offrant des mets délicats…une Ariane sensuelle se penche sur le dos de la panthère, en levant sa coupe » June Hargrove  1979 RMH

Ce surtout n’est connu que par des photographies de la Bibliothèque des Arts Décoratifs . Carrier Belleuse en fit une variante appelée « la version de Johan Dannecker » en 1805.

 « Après le café on s'assoit dans le petit jardin muré, aux dessins de verdure de tapisserie, pareil à un jardin de Pompéi, dans lequel arrivent, par bouffées sonores, la musique de Mabille, les quadrilles de la prostitution à pied, venant expirer aux pieds de la fille, qui se vante d'avoir par jour 1 000 francs de loyer à Paris et 1 000 de loyer à Pontchartrain.
Elle reste en ce jardin, presque nue, par le froid de la soirée qui nous gèle tous, dégageant autour d'elle la froideur d'un marbre, et manquant de l'éducation, de l'amabilité, de l'acquit, du tact, sans la douceur du charme, sans la caresse de la politesse, sans le liant de la femme, sans même l'excitant de la fille, et sotte tout le temps, mais jamais bête, et vous surprenant, à tout moment, par quelque réflexion empruntée à la vie pratique ou au secret des affaires, par des idées personnelles, par des axiomes qui semblent l'expérience de la Fortune, par une originalité sèche et antipathique qu'elle paraît tirer de sa religion, de sa race, des hauts et des bas prodigieux de son existence, des contrastes de son destin d'aventurière de l'amour. »
Jules et Edmond de Goncourt Journal 1867.
La charge est rude mais l’explication simple.
La Marquise par son parcours chaotique, par sa lutte acharnée, par son emprise personnelle et sa volonté inflexible de réussite matérielle était au delà de la sympathie, de l’affabilité.  Les grandes dames de l’aristocratie peuvent être aimables et avoir du tact, leur onctuosité est toute baignée du sentiment profond de leur supériorité naturelle, alors que la parvenue dans la lutte et la douleur sait son pouvoir en quelque sorte usurpé, illégitime profondément, donc, la garde ne se baisse jamais. Il n’y a pas de place pour la « caresse de la politesse » seule la réédition du subalterne permet la stabilité de la position.
La liste des invités les plus assidus déroule un panorama de la vie mondaine et intellectuelle: Théophile Gautier, Eugène Delacroix, Paul Baudry, Louis Léon Gérome, Emile de Girardin, Charles Augustin Sainte Beuve, Paul Lacroix, Hector Lefuel, Emile Augier, Paul de Saint Victor, Léon Gozlan, Arsène Houssaye, François Ponsard..etc
 Partagé entre plusieurs Salons dont celui de la comtesse de Loynse, Taine se fit excuser sous maints prétexte, quant à Renan, il fut connu pour toujours refuser les invitations.

La domesticité très nombreuse se devait d’un service irréprochable car les convives du vendredi étaient bien souvent ceux des mardis de la cousine de l’Empereur qui recevait rue de Courcelles. Lollié nous apprends que ces domestiques étaient « mieux payés que des chefs de bureau »! le Senne nous rapporte qu’un domestique servant à table s’était permis de sourire à l’énoncé d’un bon mot qui fit rire l’assemblé. Il fut sanctionné pour ce manque de détachement car il est impensable que le personnel puisse écouter les conversations. Ils pouvaient entendre sans avoir l’air de comprendre mais en aucun cas participer. Ce qui est le summum du professionnalisme.

Le personnel n’a pas laissé de souvenir écrit. Nous ne savons que peu de chose sur l’organisation de la maison. Le personnel dévolue à la Marquise devait être en surnombre car outre les parures, la toilette est restée dans les mémoires. Lollié nous rapporte que quatre femmes de chambre s’occupaient des bains de la Marquise qui prenait quatre bains de suite avec soit du lait, soit de l’eau parfumé au tilleul. Le Senne corrobore cette information en rapportant une lettre d’une femme de chambre qui explique qu’après les bains multiples et parfumés, la Païva se faisait énergiquement masser et frictionner de lait mélangé d’Alun et de citrons. Elle ne se plaignait jamais que se fut trop énergique et se raffermissait les chairs à l’air froid des fenêtres ouvertes.
Les cuisines et le jardins, les allées-venues incessantes entre Pontchartrain et le 25 devaient mobiliser un certain nombre d’homme. Les écuries pouvaient contenir neuf chevaux et six voitures à cheval comme le stipulait le prospectus de la première vente en 1893. Les remises et écuries étaient très spacieuses, il en existe partiellement encore derrière les nouvelles constructions d’après 1923 . Elles furent vendues séparément après la vente de 1902  et cela pour un prix aussi élevé que l’adjudication totale.

La fin du salon de l’avenue des Champs Elysées était prévisible à la chute de l’Empire, même si il y eu un renouveau certain vers 1872 avec la reprise des diners mondains. La grandeur était passée et les manoeuvres politiques n’arrangèrent rien, l’hôtel fut fermé d’abord par intermittence entre 1875 (date de la fin des travaux à Neudeck) et 1877 , puis définitivement avec le déménagement du Comte et de la Comtesse .
La façade fermée resta silencieuse, cloitrée et mystérieuse pendant 16 ans.

 

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Revues Les Modes 1922
Les Parisiens colportaient de nombreuses rumeurs, les courtisanes dont les histoires savoureuses se mélangeaient, fabriquaient malgré elles leurs légendes. La confusion augmentait les fantasmes comme le rapporte le journal « Les Modes » en décrivant la Marquise servie nue sur un plateau d’argent portée par quatre maitres d’hôtel lors d’un diner dans la grande salle à manger!

Confusion avec Cora Pearl * dit « le plat du jour » qui s’était présentée à son amant, nue sur un plateau, et se fit connaitre comme la « grande horizontale »!
* Emma Elisabeth Crouch 1835-1886 Maitresse du Duc de Morny et de Plon Plon !

 

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Le grand oeuvre oublié

La Marquise se retira dans son nouveau château de Neudeck en haute Silésie, aujourd’hui territoire Polonais.
Après la mort trop vite venue de Manguin en 1869 l’architecte privilégié de la Marquise devint le grand Hector Lefuel. L’architecte des grandes transformations du Louvre et témoin de leur mariage. Mariage tant attendu par la Marquise et le comte Henckel, qui ne fut célébré qu’en 1871, car la Marquise réussie après une longue procédure à faire casser et annuler son mariage avec le Marquis de Païva qui lui ne se suicida qu’en 1872, le 9 novembre précisément.
Les « jeunes » époux entreprirent la construction d’un nouveau « Schloss » sur les terres prolifiques du berceau familial Donnersmarck où ils possédaient 24 mille hectares de terre . L' ancien château remanié dans le style Tudor en 1840 n’eu plus l’heure de plaire , la Marquise voulu son nouveau domaine.
 La documentation est rare concernant la décision et la construction du nouveau château . Mais la Païva y imprima sa marque indélébile . Il n’est pas impossible que Manguin commença les travaux et les plans avant la guerre de 70. Mais sa mort prématuré laissa Lefuel reprendre le projet. Il est des similitudes du corps central du château avec une villa construite à Saint Maur par Manguin mais en l’absence de document rien n’est certain.
Le château de Lefuel est beaucoup plus qu’une folie, c’est de nouveau un coup de maitre, une recréation dans un style éclectique néo louis XIII à la Mansart. Lefuel comme Manguin avant lui, disposa de la fortune colossale du Comte pour réaliser une oeuvre complète et cohérente d’une dimension autrement gigantesque que l’Hôtel des Champs Elysées.  

 

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1935 ?


Présentant une grand façade majestueuse harpée de chaine de pierres blanches jouant avec la brique, le château s’ordonne autour de jardins pourvus de grandes statues de bronze encadrant des escaliers amenant vers des bassins dans un esprit rappelant manifestement le jardin des Tuileries.
Les fondations furent très difficiles à élaborer en raison d’un sol extrêmement meuble et humide doté d’une nappe phréatique très importante. Les techniques de drainage en usage pour les villes balnéaires durent être utilisées. Outre la consolidation classique avec empierrage, il fut enseveli 10 000 grumes de chênes recouvert d’une couche de plomb de près de 10 cm d’épaisseur pour stabiliser le sol !
 Hector Lefuel s’occupa de l’ensemble des travaux avec une équipe d’architecte et passa commande pour les aménagements et la décoration intérieure en étroite collaboration avec la Marquise.
Les jardins furent confié aux talentueux paysagistes Peter Joseph Lenne et son élève Gustav Meier.
Le château fut achevé en 1876 .
La Marquise s’y installa en 1877 …..y mourut le mardi 21 janvier 1884 à 16 heures.  

Ce fut sa dernière grande entreprise.

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1935 (?)

De nombreux artisans français et non des moindres, travaillèrent pour cette réalisation totalement ignorée en France.
 La maison Christofle exécuta de très importants éléments de décor intérieur. Les artisans français firent de nombreux séjour pour monter, ajuster ces réalisations , comme la rampe et balustrade de l’escalier de fer forgé et bronze orné de paons sculptés. Il ne fallut pas moins de 28 caisses arrivées en 1875 et deux spécialistes pour assembler le tout. (Mr Binder et Mr Beuriot, artisan de la Maison Christofle in Revue du Louvre Zgorniack 1989 N°1)


 Ernest Eugène Hiolle* sculpta une grande cheminée toute à fait extraordinaire présentant Diane allongée avec deux chasseurs en pendant sonnant de la trompe.
 Une grande partie du mobilier fut sans doute acheté à l’exposition universelle de Vienne en 1873 car suivant la notice rapportée à l’époque, le comte Henckel et H. Le Fuel auraient dépensés dans la section française plus de 300 mille francs.
Le déménagement du 25 avenue des Champs-Elysées certainement très important constitua un apport non négligeable. Il faut se souvenir que le grand lion héraldique de bronze, sculpté par Jacquemart, fut emmené en Silésie comme beaucoup d’oeuvres d’art de moindre formats, petits tableaux et mobilier.
L’architecte, peintre, ornemaniste Charles Rossigneux **fut chargé de la décoration peinte. Un temps sollicité pour réaliser le mausolée de la Marquise mais le projet fut finalement abandonné sans que l’on en sache les raisons. Il n’y a que très peu de documents connus concernant l’intérieur du château. Le fait pour les artisans français de travailler pour les prussiens n’avait évidement pas bonne presse durant les années de guerre et après la défaite de 70. La discrétion fut de rigueur d’où un manque de publicité organisé et donc de documentation restante.

*Ernest Eugène Hiolle (1834 1886 ) Prix de Rome1862 sculpteur cf: « Amérique du Nord » statue actuellement sur le Parvis du Musée d’Orsay Paris.

** Charles Rossigneux 1818-1907  Décorateur, a beaucoup collaboré avec la Maison Christofle.

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 Une description polonaise relate la présence de 99 chambres et 34 suites!  les grandes salles d’apparat comme le salon rouge, la grande bibliothèque, la salle de chasse contenaient de nombreuses tapisseries, mosaïques et compositions de Malachite ainsi que de grandes peintures murales. De nombreux tableaux importants furent répertoriés, ainsi de « la femme adultère » et d’un « Saint Thomas l’incrédule » de Murillo, une « Abigail » par Cranach l’ancien . Dans le bureau du comte, il existait une collection de portraits de famille par Franz Von Lenbach  ainsi qu’un Eugène Carrière dans la salle de musique!

L’étude attentive des rares photographies d’intérieurs montrent des éléments décoratifs que l’on peut rapprocher de l’Hôtel des Champs Elysées.

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Une des photographies présente une vue de la cheminée du salon. Chose extraordinaire! Trone devant la cheminée une table qui semble la réunion de deux consoles aux atlantes du grand salon parisien. Mêmes poses, mêmes drapés, l’esprit est en tout point semblable qu’il s’agit evidement d'autre chose que de copies mais une ré-interprétation, une déclinaison du travail de Manguin et de Carrier Belleuse dont nous avons vu que les quatre consoles disparues du grand salon de l’Hôtel des Champs Elysées sont actuellement et heureusement  réparties entre les musée d’Orsay, des Arts décoratifs  et le Museum de Toledo dans l’Ohio ainsi que dans une galerie privée.

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Une des Consoles aux atlantes in situ à Paris et l' exemplaire du Musée d'Orsay.

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Table aux Atlantes

Qui a réalisé cette « table aux Atlantes »? mystère. Etait ce un modèle unique ou existait-il une paire ?  Le travail est en tout point comparable et la conception si elle diffère semble bien une recréation du modèle de Manguin . La Marquise devait réellement regretter ses consoles qu'elle n'avait pu ou voulu emporter car scellées aux murs du grand salon parisien . Leurs disparitions ultérieures fut un vol caractérisé.

L’étude de la photographie du grand salon nous montre une cheminée avec de belle sculptures couchées ainsi que deux cariatides agenouillées. La masse de marbre de l’entablement reçoit un gigantesque vase se reflétant dans un grand miroir.

Nous pouvons remarquer qu’à l'exacte conception du style , les bronzes décoratifs en ajout sur l’architecture de marbre, cette cheminée est comparable aux grandes réalisations du 25 avenue des Champs Elysées. La filiation est évidente, la conception des figures féminines couchées avec leurs cariatides nous ramène aux cheminées de Carrier Belleuse comme à celle de Delaplanche. Qui fut l'auteur de ces figures couchées qui semblent de bronze doré ou argenté ?…. le marbre devait vraisemblablement être rouge, peut être comparable à un rouge des Pyrénées. De quel atelier les bronzes sont-ils issus….mystère. Les recherches sont à faire...


Le grand miroir est très innovant dans sa conception. En triptyque, il déborde de la cheminée pour parer l’intégralité du mur. Les montants de bois dorés sont élégamment terminés par des fougères-palmes qui s’intègrent dans une composition florale de palmiers très décoratifs. Cette conception de mur miroir débordant sera reprise dans les années 1970. Deux statues de faunes dansants, profitent de cette extension de miroirs, pour encadrer la cheminée qui se trouve par se stratagème deux fois plus monumentale. Les murs du salon sont tendus de tissu ou de papier incrustât. Les lambris et entre-murs dessinant de grands pilastres, sortes de parclose ainsi que les entre-poutres sont décorés sur fond clair de motifs géométriques peint d’un style néo-grecque. Les plafonds sont peints avec ce qui semble une myriade de pouti dans l’azur …. Les architecture des portes avec fronton à pan coupé sont très similaires avec ceux de Paris. Nous retrouvons aussi les paires d’angelots en rond de bosse encadrant les armes Donnermarck.  La Marquise semble avoir déclinée en crescendo son environnement parisien qu’elle aimait réellement . Nous sommes dans ce qui semble une « extension » de sa création de 1856.

 

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La grande salle  de « chasse » présente la grande cheminée d’Eugène Hiolle, Gigantesque morceau de bravoure avec au faîte une Diane couchée sur son cerf entourée de ses chiens. Voilà Anet ! voilà les sonneurs de trompe de la renommée !…en termes colossaux sortant du marbre blanc dont la base chantournée s’évase pour former de petites banquettes. Extraordinaires formes dont les courbes très modernes semblent annoncer l’art nouveau.
 Le foyer qui à la taille d’une porte double, semble surmonté d’un panneau de bronze rectangulaire, peut être une scène de chasse comme pour la cheminée de la salle à manger parisienne?
 Hiolle qui a travaillé pour l’Opéra Garnier , l’Hôtel de ville en autre, est un sculpteur connu et reconnu, mais rien dans sa biographie ne nous renseigne sur cette commande et son exécution.

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La salle de chasse apparait avec sa mezzanine surplombant la cheminée, d’une taille impressionnante, l’on aperçoit des trophées d’armes sur les lambris, des faisceaux de fusils à crosses orientales. Les murs sont recouverts de grandes peintures de chasse, l’on y distingue des cavaliers et des chiens ainsi que de grands arbres. Malheureusement, aucunes informations supplémentaires ne nous est encore parvenues concernant le ou les peintres ayant exécutés ce colossal travail.

Le mobilier devrait retenir notre attention. Les grands fauteuils Louis XIV aux accoudoirs en cou de cygne avec un piètement à balustres reliées par une entrejambe chantournée ressemblent terriblement à ceux présents sur les deux vues du salon des Champs-Elysées prises en 1893. Les appliques à branches multiples sont en tout point comparables également dans les différentes photographies à celles existant sur les documents parisiens.

 

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La grande salle à manger, ou plus vraisemblablement salle de réception, salle de banquet parait bien vide. Une table ronde au lourd pied central isolée sur un tapis de grande taille n’est de toute évidence pas à sa place. Cette photographie ressemble à celles prises à Paris en 1893 dans un salon vide où les quelques fauteuils restant ont été disposés à la va vite le long des boiseries.
De quand date cette photographie et quelle fut l’histoire du château pendant les années du Reich Nazi? L’on sait cependant que pendant les préparatifs de l'invasion allemande de Pologne, le fils de Guido, Guido Otto Fürst Henckel von Donnersmarck a rencontré Oberstleutnant Erwin Lahousen de l’Abwehr (renseignements militaires) à Hochdorf le 11 Juin 1939 . Il offrit l'assistance de l'ensemble du personnel forestier de sa succession polonaise. L'offre fut acceptée. Mais ne nous ne savons rien de la vie du château pendant cette période.

 Le meuble à miroirs finissant la pièce est gigantesque. Surmonté des armes Donnersmarck l’on peut voir deux cariatides de part et d’autre de ce qui peut s’apparenter à une desserte. La partie basse présente une série de vases et candélabres avec deux étagères de grandes hauteurs portant des globes; le tout est très étonnant par son gigantisme.  Les grands lustres sont de même ampleur que leurs homologues du salon parisien.
La salle à manger a de quoi surprendre. Les peintures monumentales semblent imiter des tapisseries. Les paires de lévriers du plafond architecturé de disques moulurés  avec de curieuses retombées en forme de toupies, sorte de « sprinkler » géants, encadrés de peintures géométriques sont très particuliers pour ne pas dire extraordinaires.
Le Metropolitan Museum of Art à New York possède une collection d’aquarelles et de gouaches signées par Jules-Edmond-Charles Lachaise et Eugène-Pierre Gourdet, Deux architectes d’intérieurs de talent, très prisés par l'impératrice Eugénie. Ils ont créés de nombreux plafonds pour l'Opéra Comique à Paris, l'Hôtel de Pless à Berlin, l’ Hôtel Rothschild à Vienne, le palais du duc d'Albe à Madrid, le manoir anglais de l’impératrice Eugénie en exil ainsi que de nombreux décors dans des hôtels particuliers et des églises de Paris. Le musée possède trois aquarelles montrant les projets pour le château de Neudeck.

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Salle à Manger Neudeck- Aquarelle du Metropolitain Museum - New York -Lachaise /Gourdet 1880



Le bureau bibliothèque ne nous est connu que par deux photographies dont une montrant une cheminée qui semble être la réplique celle de la bibliothèque du 25 à Paris. De marbre noir avec quatre inclusions de lapis, des griffons et un motif central de venus alanguie….et deux cariatides, anges aux visages et poses similaires  dont les têtes sont peut être plus tournés vers l'intérieur du foyer. On peut aussi remarquer les mêmes petits écussons de bronze avec lions héraldiques aux extrémités du bandeau .

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Les deux cheminées : Neudeck et Champs Elysées, similitude troublante pour une réalisation considérée comme unique.

Une copie? une variante sur le même modèle! Nous ne savons pas qui est l’auteur des bronzes à Paris ,   attribué un temps à Dalou mais fortement contesté son biographe Dreyfous …les cheminées sont anonymes. Mais la Marquise disposait des dessins de Manguin et Lefuel fut le continuateur dirigé et inspiré car il est dit aussi bien par Houssaye que par Lollié que la Marquise voulut transporter pierre par pierre son hôtel lors de son exil!

 

bureau bibliothèque


Que voyons nous au dessus de la cheminée? Enchâssé en trumeau surmonté des armes de famille, un grand portrait de femme avec un long boa de fourrure ou de plume …et une cravache à la main. La pose est simple, de face . La tête légèrement penchée, élégante et détendue. Est ce le fameux portrait de Thérèse, Marquise de Païva, peint par Gérome? Le fameux et unique portrait que Lollié nous dit avoir vu? 

Où est ce Catherine von Slepzow la deuxième époux de Guido?  Cela semble plus probable et très ressemblant .

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Catherine Von Slepzow deuxième Comtesse de Donnersmarck

La Marquise fut remplacée après sa mort, non seulement par une jeune et nouvelle épouse mais par une descendance qui la marginalisa comme un épiphénomène dans la généalogie de la famille Donnersmarck.  Famille qui existe toujours et d’une manière publique, en la personne du réalisateur et scénariste, Florain Henckel von Donnersmarck.
( La vie des Autres « Oscar du meilleur film étranger 2007, The Tourist avec A.Jolie et J.Depp 2010.)

Par l’intermédiaire d’Hector Lefuel, la Marquise commanda à Emmanuel Fremiet les sculptures du parc.
Quatre groupes de sculptures de grandes tailles. Le cerf et l’ours, le cheval et la lionne, l’autruche et le serpent, le pélican et le poisson, réalisées et fondues en France, furent transportées en caisse pour être montées sur de hauts socles de pierre .

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Fremiet ne fit pas le voyage pour superviser l’installation. Ces réalisations très peu connues en France sont aujourd’hui des oeuvres extrêmement admirées en Pologne et comparables aux quatre groupes animaliers du jardin des Tuileries réalisés par Auguste-Nicolas Cain .

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 Emmanuel Frémiet  1824 1810

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Jardins 2010


Le château fut prit dans la tourmente de l’offensive Oder-vistule en 1945. Il fut dit-on saccagé par les troupes soviétiques qui l’occupèrent puis l’incendièrent . Mais certaines rumeurs attribuent aux communistes polonais l’incendie du « Neue Schloss » avant l’arrivé des Russes.
Il ne reste actuellement du château que les jardins avec leurs bassins et par miracle les grandes statues animalières de haute virtuosité de Fremiet ainsi que quelques sculptures de l’atelier de Theodor Kalide* de taille beaucoup plus modeste.

*Theodor Erdmann Kalide sculpteur allemand 1801 1863

 

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Le Kavalier Palace


Il ne reste pour se rendre compte de l’importance du bâtiment principal, comme du soin apporté à sa construction, que ce que l’on nomme la « Bachelor House » ou la « Kavalier Palace »   c’est à dire la grande dépendance du château construit de même style en 1903 et restauré intégralement. Les jardins sont très visités car la petite ville de Swierklanjec (l’ancien Neudeck) n’est qu’à 21 km de la ville de Kalowice.
Le château fut construit en Voïvodie de  Silésie située territoire Prussien,cette région passa en territoire polonais après 1919 mais resta toujours la propriété de Donnersmarck. En 1939  nouveau changement de frontière, la Silésie revient au Reich puis de nouveau à la Pologne en 1945 mais cette fois-ci la famille fut expropriée par la dictature communiste, ce qui mit fin à près de 300 ans de présence et d’action de la famille Donnersmarck dans cette région .

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1950 ?


Les ruines des deux châteaux Donnersmarck restèrent 17 ans comme de grandes carcasses fascinantes, battues par les vents hautaines et silencieuses.
Elles furent visitées comme des témoignages d’une grandeur passée entretenant le rêve d’un avenir possible .
 En 1957 les ruines sont classées Monuments Historiques par le conservateur régional. Les jardins ouverts à la visite sont une sorte de périple romantique qui rappelle les ruines du château de Saint Cloud prit dans la végétation, objet d’un but de promenades mélancoliques pour les parisiens.
Le ministère des Arts et de la Culture polonais décida le 20 décembre 1961 de la reconstruction du Neues (nouveau ) château appelé affectueusement par la population le « petit Versailles »
( Oberschlesisches Versailles) 

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Photo de colonie de vacances devant les ruines. Les cheminées existent toujours comme la grille d'entrée. (1950 ?)

Mais, soit considérant ces ruines comme un témoignage de la présence allemande à éradiquer ou soit comme une insulte au prolétariat dominant, le commandant de la Silésie passa outre. Le général Zietek ordonna la destruction des ruines et autorisa les syndicats des mineurs à utiliser les décombres pour leurs constructions sociales.
Les deux Châteaux de Neudeck furent scandaleusement rasés entre septembre et novembre 1962.

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Photo de 1956


 Il ne reste plus aucune trace de l’ancien château, fief des Donnersmack depuis 1623, son emplacement s’efface des mémoires alors que le  nouveau château de Lefuel reste présent par son absence visible sur la terrasse devant les jardins dessinés de parterres et de bassins . La grande poterne et sa grille ouvragée furent démontées et réemployées sans aucune autorisation officielle pour l’entrée du zoo de Katowice.

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Le personnel du chateau rassemblé devant la grille. 1910

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Zoo Chorzow


Quels trésors disparurent avec l’incendie? Le pillage est une façon de préserver les oeuvres. L’armée Rouge avec ses asiates délocalisés et ses commissaires politiques intransigeants semblent avoir tout détruit et cela malgré les commissions mises en place par Staline pour confisquer les biens de valeur allemand en guise de compensation pour les dommages de guerre infligés à l’Union soviétique.
  Les tableaux, notamment le portrait de Gérôme et peut-être les quatre toiles du grand salon des Champs Elysées; les meubles et les extraordinaires ouvrages de la maison Christofle; les mille souvenirs de la Marquise, à jamais perdus ainsi que le témoignage de l’excellence française en terre slave..
Le Polonais aujourd’hui profitent du parc et de ses allées aménagées avec escaliers de pierre, petit pont et parterres de fleurs. Ils déambulent admiratifs entre les grandes sculptures de Frémiet. Mais le joyau a disparu.
Remarquable par son ampleur et le soin apportée à sa réalisation, le château de Neudeck fut une extraordinaire entreprise, inconnue en France mais dont nombre de polonais gardent une tendre nostalgie. Il est encore actuellement des voix pour s’élever, pour réclamer la restitution in situ de la grille et son arche de pierre. Certains rêvent même d’une reconstruction !


La visite virtuelle existe Ici.


Visite virtuelle du Château de Neudeck

 

 

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 Grand bassin avec sculptures rappelant les jardins de l'Observatoire. Hommage à Carpeaux?