HOMONYMIES
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Il y a parmi les innombrables messages reçus par le biais de l’abonnement numérique au New York Times un petit jeu très amusant que je ne me lasse pas de faire.
Le « flashback Quiz » est intitulé très sobrement "Pouvez-vous placer chronologiquement ces huit événements notables ?" Un élément avec sa date vous est proposé et il suffit de placer les autres sur l’échelle du temps … avec à chaque fois un petit texte censé vous rappeler ce dont il s’agit.
Par exemple, le quiz du 26 septembre dernier vous donnait comme point fixe "autour de 57 mille ans avant JC, un Néandertalien soignait sa dent en la forant avec une pierre pointue"…. ce qui n’est pas trop difficile pour la suite car l’événement suivant à placer, nous demande de situer l’attentat contre Theodore Roosevelt. Avant ou après Néandertal ? La complexité du quiz est progressive. Par exemple où placer Candy Cummings, joueur de baseball, qui lança la première balle en courbe ? Avant ou après « l’Année sans été » qui suite à une explosion volcanique plongea le pays dans le brouillard? (Réponses 1816 pour l’Année sans été et 1867 pour la balle de Baseball)
Il faut physiquement déplacer les vignettes proposées sur l’écran et les intercaler entre elles pour que la date apparaisse… Your Weekly History Quiz est une école d’humilité car certaines erreurs pourraient nous faire honte. La connaissance historique d’une chronologie, d’une échelle de l’Histoire est pourtant considérée comme un socle de culture générale, le fameux « NG ».
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Perfect Score
Charlemagne et Néandertal, Louis XVI et Napoléon III sont inscrits sur notre déroulé mental d’une succession d’événements et de personnages qui débouchent sur notre présent.
Mais il y a, lorsque l’on écrème et survole par la mémoire le peu de connaissances restées de nos apprentissages, des chausse-trappes, des difficultés qui sont malgré les correctifs effectués dans le repentir de nos bourdes ou confusions, des points sensibles de fragilité ….. Marie de Médicis est-elle, avant ou après Catherine de Médicis ? Quid de Richard Cromwell ? Avant ou après Thomas ? Avant ou après Oliver ? Tout se brouille … Jane Seymour est-elle reine ou actrice ? Ah? Les deux?
Ce ne sont pas que des homonymes parfaits, il y a des familles, des dynasties qui nous embrouillent l’esprit à loisir. Que l’on songe à nous expliquer le génie musical de Bach par exemple !
Le plus connu Jean Sébastien est un point de repère. La dynastie musicale commence avant lui, avec son grand-père paternel Christoph Bach (1631-1661). Le fait que Jean Sébastien ait épousé en première noce sa cousine Maria Barbara Bach de son nom de jeune fille, complique aussi son arbre généalogique.
Sa descendance comprend vingt enfants dont quatre fils musiciens accomplis ayant connu la célébrité. Une dynastie de Bach qui s’éteint en 1845 avec le petit-fils Johann Christoph Friedrich Bach, compositeur célébré parmi les 53 membres de sa famille qui jouaient d’un instrument de musique.
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Carl Philipp Emmanuel Bach , le Bach de Berlin ..et de Hambourg
Cette dynastie est si compliquée que les musicologues la simplifient en parlant de « Bach de Berlin », de « Bach de Bückeburg », de « Bach de Londres » (qui fut un professeur du jeune Mozart). La généalogie devient aussi de plus en plus complexe avec la récurrence des prénoms : Johan Christoph, Johann Christian, Johann Jacob, Johann Ernst… Heureusement, cette généalogie a été faite, a été dûment élaborée, par Jean Sébastien Bach lui-même puis mise à jour génération après génération … La liste des œuvres composées et jouées est si impressionnante qu’il faut beaucoup de précision pour la situer dans une chronologie.
Voulez-vous parler de musique française ? Nous avons aussi la dynastie Couperin au début du XVIIIe siècle …. François Couperin dit « le grand » entouré de Louis Couperin, Nicolas Couperin, Armand-Louis Couperin ; tous musiciens…!
Lors d’un dîner entre amis, je me suis beaucoup amusé d’un télescopage historique ; « C’est une attachée de presse très en vue car c’est la meilleure amie de Marthe Robin ! » Ma vision de la stigmatisée entourée des protagonistes de la série Dix pour cent me donnait une image assez comique. Murielle Robin est maintenant plus célèbre que Marthe mais la confusion est toujours présente pour une certaine génération.
Il y a aussi des découvertes, au détour d’un texte, qui vous compliquent tout … Je lisais dans un livre ancien des propos sur la littérature. Il était question de Balzac comme d’un merveilleux prosateur, je n’y comprenais plus rien, le « classicisme dans son épuration stylistique » au début du grand siècle ? Que venait faire ce Balzac-là ? Je n’avais jamais entendu parler, ni à l’école, ni ailleurs de Jean Louis Guez de Balzac (1597-1654) qui n’a absolument rien à voir avec notre Honoré du début XIXe … un simple homonyme qui était connu sous le nom de Balzac et non pas de Guez. Les Rousseau vous compliquent tout également et pas uniquement par la récurrence d’un nom commun (même à l’Assemblée nationale). Jean-Jacques et Jean-Baptiste Rousseau se sont croisés au dix-huitième siècle, ils ont écrit et publié l’un comme philosophe, l’autre comme dramaturge et poète… Ils sont rentrés tous deux dans l’histoire littéraire française. Ils ne sont absolument pas de la même famille et par leurs noms composés nous perturbent au détour de pages d’essais plus érudits que nous.
Un moyen mnémotechnique personnel qui date des bancs de l’école me faisait souvenir que ce n’était pas le plus simple « Marie-Catherine » comme prénom composé qu’avait choisi l’Histoire mais le bancal « Catherine-Marie » pour situer nos reines de France.
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Catherine Jeune
Catherine de Médicis (1519-1589) et Marie de Médicis (1575-1642)… Mais concernant la Saint-Barthélemy ? Est-ce Catherine ou Marie ? Ah ? La Journée des dupes ? Oui ! c’est Marie en 1630 et la Saint-Barthélemy c’est Catherine en 1572…. C’est la grande reine qui n’a pas épousé Henri IV mais Henri II. Oui bien évidemment ..
Le nom Médicis revient assez souvent lors de discussions historiques ou artistiques. Lorsque l’on parle de Rubens ou d’architecture et de décoration, la reine Marie est présente ; mais les noms de Cosme ou Laurent de Médicis se retrouvent aussi d’une manière assez courante en présupposant qu’entre Laurent le Magnifique et Laurent II de Médicis notre affaire est faite ! Mais une précision… Les deux reines de Médicis ont-elles été Régentes de France toutes les deux ? Affirmatif !
Je pourrais à loisir développer les difficultés de ces traîtresses homonymies qui nous procurent un brouillard spongiforme dans l’esprit en égrenant des questions dont vous trouverez, si vous êtes curieux, des réponses édifiantes pour votre fameux « NG »
Combien de Dumas pouvez-vous citer ? Oui, je vous aide : Il y a les trois Alexandre Dumas qui vous perturbent. Mais l’un était général révolutionnaire et les autres dramaturge (Monte-Cristo et les Mousquetaires) et romancier (la Dame aux Camélias d’A. Dumas fils 1824-1895)… Ça perturbe !
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Edition Illustrée
L’on peut citer René François Dumas, membre du Tribunal Révolutionnaire mort en 1794… et le fameux psychologue Georges Dumas, médecin de renom décédé en 1946 ….
Quel était le lien de famille entre Pierre Corneille auteur des pièces classiques le « Cid », « Horace » et « Cinna » avec Thomas Corneille également du XVIIe siècle auteur des tragédies Ariane et Timocrate ?
Et les frères Perrault ? : Charles, Claude et Nicolas : le premier auteur des fameux contes mais aussi écrivain, architecte, médecin et théologien du grand siècle …
Et Racine ? Encore le XVIIe siècle … Jean Racine tragédien, Louis Racine poète, Jean-Baptiste Racine écrivain. Les deux Charles Racine du XXe siècle ?
Ne parlons pas d’Hugo notre gloire nationale … le grand Victor écrase les Abel Hugo écrivain homme politique, Eugène Hugo poète, Charles Hugo écrivain journaliste, François-Victor Hugo traducteur de Shakespeare ; tous issus de la même famille …
C’est donc une histoire de prénom. Il y a des jeux de famille. Nous pourrions nous divertir avec la famille Daudet. Les deux frères Alphonse et Ernest, tous les deux écrivains à lire et relire ; puis le « grand imprécateur » Léon Daudet (du nom de sa biographie) écrivain et homme politique qui terrorisait la Chambre des députés par sa verve et ses saillies (« On n’a jamais vraiment combattu des idées politiques sans attaquer ceux qui les portent » « Commémorer la Révolution française est un peu comme célébrer le jour où on a attrapé la scarlatine. » !) Puis Lucien Daudet écrivain et aimable peintre qui nous amène jusqu’en 1946.
Les prénoms sont donc essentiels … Marthe ou Muriel ? Pierre ou Marie (Curie), Irène ou Frédéric ? (Joliot-Curie)
Quel était le prénom de Poincaré, président de la République française ? Raymond ou Henri ? Pas Lucien … Si c’est rond c’est point carré, est-ce une formule d’Henri Poincaré le mathématicien ? Ou de Lucien Poincaré le physicien ?
Le grands savants vont-ils par paire ?
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Vous connaissez Cuvier ?
Les frères Georges et Frédéric Cuvier. L’un naturaliste, précurseur de la paléontologie moderne, l’autre zoologiste, tous les deux décédés durant la décennie 1830 … Ils se retrouvent souvent dans les mêmes livres …
Les frères Broglie ? Une paire de cerveaux incomparable et un jeu de prénoms à retenir… Lequel a travaillé sur la mécanique ondulatoire ? Les ondes radioélectriques ? Les rayons X et mis au point la communication avec les sous-marins ? Maurice ou Louis de Broglie ?
Lequel était physicien expérimental et l’autre physicien théoricien ? Lequel a reçu le prix Nobel ?
Ah, quelle famille ! Généalogie compliquée à souhait : Maréchaux de France de père en fils alors que ce n’est pas une distinction héréditaire. Ducs et Princes italiens à chaque niveau. Des personnalités rencontrées à chaque détour des pages des livres d’histoire ou de littérature ….
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Louis de Broglie
Confusion jusqu’aux tableaux des collections américaines. Que pouvez-vous me dire sur les deux jolies femmes somptueusement peintes par Ingres présentées au Metropolitan et à la Frick Collection de New York ?
Louise et Pauline de Broglie ayant posé respectivement en 1842/1845 et 1853 .. Quel est leur lien de parenté ? Mère & fille ? Trop facile ! Sœurs ? Non plus ! Cousines ? Mais pas du tout !… Louise est la soeur du mari de Pauline…
Laquelle est décrite comme la « petite fille de madame de Staël » ?
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Metropolitan NYC
Le très célèbre satin bleu de la robe est-il celui de Pauline ou de Louise ? Ah, il faut vraiment avoir les tableaux en tête lorsque l’on veut les visualiser mentalement. Oui, ils ont tous les deux du bleu, des robes de satin bleu, un arrière-plan de velours bleu couvrant une cheminée pour l’un et une banquette de soie bleue capitonnée pour l’autre.. Puis du jaune, des pieds de bronze doré sur la cheminée pour l’un, du jaune de soie pour l’autre, sur petite chauffeuse remarquablement représentée…
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Fricks Collection NYC
Il faut visualiser la position des bras pour se souvenir de la pose et l’attribuer à Louis ou à Pauline. Main levée vers le visage, bras sagement en parallèle … Laquelle est positionnée en trois-quarts gauche ? Laquelle en trois-quarts droit ?
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Ou alors répondre à la question : Laquelle des deux femmes porte dans les cheveux un ruban rouge ? Cela peut fonctionner aussi si vous posez la question avec un ruban bleu !
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Louise de Broglie est plus espiègle que Pauline plus mature et calme … Le satin de Pauline est une prouesse technique supérieure à celui de Louise … Pauline est plus connue que Louise …
Les tableaux n’ont été réunis que deux fois dans une même présentation.
Venant de deux familles distinctes, ils sont présentés ensemble pour la première fois en 1867 lors de la grande rétrospective posthume de Jean Auguste Dominique Ingres
La deuxième et dernière fois à ce jour, ce fut lors lors de l’exposition intitulée « Two Portraits by Ingres » à la Frick Collection du 29 avril au 15 juin 1986 à New York. Une étude comparée serait extrêmement intéressante mais ce n’est pas notre objet ici.
Il y a des œuvres en double qui aiguisent notre mémoire visuelle, je pense ici à la voluptueuse sculpture d’Auguste Clésinger de 1847 conservée au musée d’Orsay « Femme piquée par un serpent »
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Musée d'Orsay Paris
Connaissez-vous les différences avec la « Bacchante couchée » du même Clésinger présentée au musée du Petit Palais ? C’est une variante du même thème… Les poses sont bien semblables, le corps nu de la femme couchée à la renverse tout aussi sensuel et provocant, le petit serpent a disparu, les pampres de vignes remplacent les roses mais c’est toujours la merveilleuse anatomie d’Apollonie Sabatier si chère à Baudelaire … La variante du Petit Palais date de 1848, l’année suivante du scandale dû à la présentation au Salon de Peinture et Sculpture, de ce si réaliste corps de femme intitulée initialement « Rêve d’amour » pour devenir « Femme piquée par un serpent » . Le spasme est toujours là, l’effet est le même, seule la cause change en devenant un tout petit serpent a son poignet. La bacchante est plus directe, elle se roule d’extase dans les raisins qu’elle presse de ses chairs… Il est à noter qu’il existe une variante en plâtre avec un gros serpent au Musée Calvet d’Avignon … Mais l’effet s’en trouve amoindri …
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Petit Palais Paris
La Bacchante a été réalisée légèrement plus grande que nature pour faire taire les virulentes critiques de 1847. L’on soupçonnait, certaines mauvaises langues accusaient, Auguste Clésinger d’avoir moulé le corps de la belle Appolonie… un procédé de faussaire, une imposture dans le milieu de l’Art… qui n’est pas sans rappeler quelques controverses actuelles. La Bacchante fut donc sculptée en taille directe dans un beau bloc de marbre l’année suivante … On ne s’en lasse pas.
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Duc et Maréchal de France
Pour en revenir aux Homonymes perturbateurs, le cas de Richelieu a été pour moi source de confusion. Le duc de Richelieu est-il Richelieu ? Le Richelieu, le cardinal si connu ?
À ma grande surprise, j’ai rencontré au fil des pages lues, le ministre de Louis XIII, L’ami de Louis XV, le ministre de Louis XVIII. Quelles confusions faciles !
Le cardinal est le premier duc ! Mais comment ce titre héréditaire se poursuit-il avec un ecclésiastique ? Par autorisation spéciale royale pour les fils de sa sœur… Et voilà le duc de Richelieu, maréchal de France arrière-petit-neveu qui accède aux gloires militaire et politiques. Libertin et ami de Voltaire, sa vie est extraordinaire … Puis la révolution passe et le duc revient avec son arrière-petit-fils sous la Restauration ; le duc de Richelieu, gouverneur d’Odessa et premier ministre de Louis XVIII. Les prénoms sont là heureusement pour nous les distinguer mais il faut être attentif : Armand Jean 1er Duc, Louis François Armand 3e Duc, Armand Emmanuel 5e duc. Tout est simple lorsqu’ils sont placés sur l’échelle du temps.
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Le grand Bé
Le grand écart se fait aussi avec l’aimable Chateaubriand, le frère de la gentille Lucile :
« C'est sur la grève de la pleine mer,
entre le château et le Fort Royal, que se rassemblent les enfants ;
c'est là que j'ai été élevé, compagnon des flots et des vents. »
François René de Chateaubriand dont les mémoires sont un enchantement, brille par son nom ; il étincelle dans mon imaginaire venant de son fief familial, le château brillant de Combourg
« Durant quatre mortelles lieues, nous
n'aperçûmes que des bruyères guirlandées de bois, des friches à
peine écrêtées, des semailles de blé noir, court et pauvre, et
d'indigentes avénières. (…..) « Enfin, nous découvrîmes une
vallée au fond de laquelle s'élevait, non loin d'un étang, la
flèche de l'église d'une bourgade. À l'extrémité occidentale de
cette bourgade, les tours d'un château féodal montaient dans les
arbres d'une futaie éclairée par le soleil
couchant. »
In Mémoires d’Outre-Tombe publication posthume
Une fois bien pénétré de cette personnalité entremêlée du charme de son écriture, un autre Chateaubriant surgit avec une face sombre qui entache l’homophonie étincelante de son nom. Il faut être attentif pour remarquer la différence de lettre finale. Alphonse l’égaré catholique vient nous perturber en gâchant l’image brillante du vicomte.
« Est vivant, celui qui pratique l'absence totale de doute, comme la plante, comme l'animal. Hors de cette foi, c'est fini : on crève !
« Nous grouillons comme des vers sur un fonds effroyable d'égoïsme, alors que nous avons en nous la promesse d'hériter dès l'oubli de nous-mêmes… » in La réponse du Seigneur 1933
Écrivain coupable, se jetant dans la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale, il publie de nombreux articles pro-nazis dans le sinistre « La Gerbe » qui feront oublier son œuvre et l’amèneront à une condamnation à mort par contumace après la guerre. Il n’a heureusement aucun rapport avec François René …
Il faut donc placer ces deux écrivains bien inégaux sur l’échelle du temps.
François René de Chateaubriand couvre une longue période très riche, matière de ses mémoires : 1768 à 1848 la fin du dix-huitième siècle, la fin d’un monde ; l’Empire et la Restauration. Le romantisme pouvait advenir.
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Chateaubriant avec sa canne et son ami Déat
L’écrivain Alphonse de Chateaubriant est lui un régionaliste qui reçut le prix Goncourt en 1911 pour son roman « Monsieur de Lourdines ». Livre qui se trouve dans bien des bibliothèques familiales ainsi que « La Brière » qui fut un grand succès… Hélas, la guerre le perdit, déshonneur et complicité avec l’ennemi, indignité et condamnation. Il meurt en Suisse sous pseudonyme en 1951. Plus personne ne le lit guère, il ne survit malgré tout par homonymie avec le dormeur du Grand Bé.
Pensez-vous que la coupe est pleine ? Eh bien non. Il y a ces fameux Sadi Carnot … Trois pour un seul nom étrange. Le Sadi Carnot que l’on retrouve sur les plaques émaillées des rues ou des squares, est le plus souvent notre président de la République française assassiné à coup de couteau en 1894.
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Ils ne sont pas nombreux les présidents français à avoir succombé à un assassinat ! Outre Sadi Carnot tué par l’anarchiste Caserio, il n’y eu ensuite que l’infortuné président Paul Doumer qui fut la victime d’un certain Gorgulov qui déchargea son revolver sur lui en 1932
Mais les Sadi Carnot perturbent car ils sont trois Sadi, dont un, fils de Lazare Carnot, le célèbre général. Les prénoms sont rarement évoqués: Marie François, Nicolas Léonard, Lazare Hippolyte.
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M F Sadi Carnot
Il faut placer ces noms comme des petites bougies sur le grand sapin de l’Histoire … Militaire, écrivain, homme d’État et physicien… Sadi Carnot Président, Sadi Carnot fondateur de la thermodynamique, Sadi Carnot Historien et restaurateur du château de Rochepot… Tous vivant au dix-neuvième siècle issus du grand Carnot du dix-huitième …. Il faut se divertir en parcourant les biographies de ces grands hommes au drôle de nom composé. Sadi viendrait de Saadi Chiraz, le grand poète perse apprécié par Lazare père qui le francise. Les traditions ont un commencement !
En guise de conclusion il me faut évoquer mon cher cousin Étienne Segrétain qui signa comme co-auteur un livre assez fascinant sur le chef de bataillon Pierre Segrétain son père, qui commanda le 1er BEP (Bataillon Étranger Parachutiste) en Indochine. Grand militaire, il fut tué lors des combats de la « Route du Sang » ; la Route Coloniale N°4, le long de la frontière chinoise en octobre 1950.
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De nombreux ouvrages retracent ces âpres combats qui sont une des gloires et des souffrances de l’armée française au-delà de toutes connotations politiques. L’ouvrage d’Étienne, mon cousin est une enquête co-signée avec un historien archiviste au Service Historique de la Défense qui se nomme Franck Segrétain… Ils ne sont aucunement de la même famille. Ils se sont connus par leurs recherches communes.
Les homonymes se retrouvèrent à des degrés divers, dans l’intérêt porté au charismatique chef de bataillon, Pierre Segrétain, dont la fin assez documentée est énigmatique.
En effet son corps, sa sépulture n’a jamais été retrouvé et la suite des terribles événements qui s’abattirent sur le nouveau Vietnam du Nord n’autorisèrent aucunement d’aller enquêter dans l’ancien Tonkin.
Au début des années 2000, les Segrétain l’un dans les archives, l’autre sur le terrain entreprirent cette recherche fascinante sur les derniers instants de celui à qui furent rendus les honneurs militaires par le Viêt Minh.
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