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Photo Torsiac ©2019

 

Etienne Manac’h, ambassadeur de France en Chine de 1969 à 1975, était parti pour Pékin afin de se reposer : « A l’heure ou je m’exilais j’étais au bord de l’épuisement physique. La Chine était un havre. je me délivrais de l’action pour entrer en méditation » Ainsi , la « Révolution culturelle », pour avoir converti la République populaire en une sorte de planète morte pendant une décennie, aura du moins eu un effet bénéfique: elle aura été « merveilleusement propice » au sommeil de l’estimable diplomatie, qui, jouissant là, pendant six années, «  d’une bibliothèque où jamais la chaleur ne fit défaut pendant les mois d’hiver, ni la fraicheur de la climatisation pendant l’été torride »put « « dans une demeure qui avait le calme d’un monastère «  se remettre tranquillement de « dix huit ans de fièvre parisienne ». On se demande quand même ce qui avait amené de Gaulle à se désintéressé aussi brusquement de la Chine - La crise de la « Révolution Culturelle » ?
Il ne devait en tout cas plus en attendre grand-chose, comme l’indique le choix de son envoyé.


Se reposant maintenant en Bretagne de son repos pékinois, M Mana’h a écrit un très gros volume de souvenirs ( Mémoires d’extrême- Asie  Vol I Fayard 1977) dont la lecture est très …reposante. L’ouvrage, qui compte cinq cent quatre vingt dix pages bien tassées, ne couvre que la première année de son séjour en Chine. (…..)
M Manac’h ne se préoccupe pas outre mesure de la politique intérieure chinoise. Sur ce sujet, comme ses collaborateurs s’en souviennent, sa maxime était : moins en saura, moins on risquera de déplaire aux autorités chinoises.

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A la source de ce touchant dévouement se trouvait évidement le tour très classique de Zhou Enlai: ce dernier avait réussi à faire croire à M.Manac’h qu’il le prenait vraiment au sérieux, s’acquérant ainsi la gratitude éternelle de l’intéressé. Cette gratitude se cristallisa finalement dans la théorie selon laquelle la France jouirait de « relations privilégiées » avec la Chine.
Les « relations privilégiées », en fait, ne signifiaient pas que les Français obtenaient un plus large accès que d’autres à la Chine, ni même que ses hommes d’affaires y pouvaient négocier de meilleurs contrats ( on a vu des pays qui ne se souciaient même pas d’établir des relations diplomatiques, mieux réussir dans ce domaine), mais bien que la Chine était en droit d’exiger de la France, sans contrepartie, ce qu’elle aurait été en peine d’attendre de toute autre nation; elles signifient que, pour obtenir de Pékin le même traitement, voire parfois un traitement plus médiocre que d’autres pays, la France s’astreignait volontairement à des obligations supplémentaires, pouvant aller - on l’a vu en une mémorable occurence - jusqu’au sacrifice de son honneur et des élémentaires devoirs d’humanité.
(….)
« La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de Chinois » avait observé le général de Gaulle. Son envoyé, n’ayant disposé que de six ans pour méditer cette pensée, semble n’avoir eu le temps que d’en peser la première moitié. Les chinois n’apparaissent guère dans son ouvrage et quand, d’aventure, on en rencontre au détour des pages, c’est avec le saisissement de Robinson découvrant Vendredi.

(….)

Ne s’intéressent pas autrement au sort des Chinois durant ces années tragiques de la victoire du « social-fascisme à caractère féodal » ( comme l’appelait un auteur que l’ancien ambassadeur ne doit guère pratiquer, Li Yizhe ), On aurait pu croire qu’au moins celui de certains étrangers aurait dû retenir son attention, puisque, là, il ne pouvait en éluder l’information. Un exemple entre vingt ; il ne mentionne Anthony Grey que pour nous assurer que le journaliste anglais ( qui fut soumis pendant plus de deux ans à une détention inique) était en  « excellente santé » ( en fait le régime auquel il fut soumis l’avait reduit mentalement et nerveusement à l’état d’épave ) et qu’il n’avait souffert «  ni sévices physiques  ni privations matérielles » ( M .Manac’h s’abstient de signaler que Grey à écrit tout un livre sur son calvaire).
(…)
En avril 1970, un chinois, membre d’une délégation en visite, avait discrètement fait savoir qu’il voulait faire défection; du côté de français, la Sécurité lui avait donné l’assurance que l’asile politique lui serait accordé ». Les cadres de la délégations, ayant eu vent de son projet, le droguèrent et cherchèrent à le réexpédier de force à Pékin. A Orly, la police s’interposa: l’homme, plongé dans un demi coma, n’était manifestement pas en état de voyager. Il fut ramené à Paris, et placé dans un hôpital. Les Chinois exigèrent  qu’on leur rendit leur victime. De fébriles pourparlers s’engagèrent entre Pékin et Paris ; les « relations privilégiées » étaient en danger il fallait les sauver, fût ce au prix de l’honneur et la simple décence humaine.
La France renia donc sa parole, le malheureux , qui ne tenait même pas sur ses jambes, fut arraché de son lit d’hôpital, livré aux geôliers maoïstes, embarqué à destination de Pékin, vers le sort qu’on imagine…M. Manac’h qui fut, je pense, au courant de cette opération abjecte, saura certainement apporter l’épisode bien mieux que je ne pourrais le faire. Pour lire enfin ce qu’il aura à nous dire la) dessus, nous demeurons stoïquement prêts, s’il le faut, à piocher à travers cinq ou six livraisons supplémentaires de ses Mémoires.

Janvier 1978

Hygiène   Simon Leys

 

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Samedi 15  Juin


Petit déjeuné seul avec Cyrille à 8h …
Nous partons sur le chantier pour finir ce plafond et essayer de rectifier les différences de teintes.
L’ambiance du chantier est plus calme ..Ils travaillent tous les jours ..mais le week-end semble plus détendu .
Nous terminons le plafond …mais il y a toujours des différences de teintes entre les plaques de faux marbre …c’est un effet que l’on aurait recherché en France pour plus de véracité ..ici ça ne passe pas ..Ils m’ont fait rectifier des veines qu’ils jugeaient trop grandes et trop longues!

Géraud arrive pour le déjeuné ..Nous retournons dans le même restaurant qu’hier en terrasse, à la même table ..il fait chaud, les bières sont bien fraîches, nous sommes à l’ombre;  c’est très agréable . Nous sommes bien accueilli …Les passants sont très divertissants pour nous .
Les commandes passées, nous regardons, Cyrille et moi, Géraud manger son assiette de tofu au piment sur du riz blanc …les minutes passent et nous attendons toujours . Pourtant il n’y a pas grand monde ..nous sommes samedi . Non il n’avait pas compris !! il n’a rien « lancé » en cuisine pour nous …alors que je lui ai spécifiquement demandé avec mon traducteur enregistré .. " du porc des légumes sautés et du riz blanc" ( comme hier) ..Non il n’avait pas compris et donc maintenant c’est moi qui ne comprend pas comment il a pu ne pas comprendre ..Quelle erreur avons nous commise pour qu’il ne comprenne pas …Enfin, nous déjeunons et c’est la même chose qu’hier mais dans une présentation différente…
Nous retournons sur le chantier ..pas d’énervement . Il fait chaud et nous sommes en rythme avec cette torpeur de milieu de jour ..apanage des pays chaud.
Nous passons dans la grande salle à manger pour coller les seules toiles qui sont enfin arrivées hier soir de HongKong…Nous n’avons qu’un paquet de colle ... Nous marouflons sans difficultés ces deux grandes toiles qui sont inspirées du cabinet de Marie-Antoinette à Fontainebleau ..mais re-dessinées pour des panneaux de 4 mètres 20 de haut pour 2 m 30 de large …Les visages sont très réussis ainsi que les carnations ..les fausses  petites pierres sculptés aussi, en revanche les palmes et acanthes et corbeilles de rotin tressées sont  d’une facture assez sommaire et peu nerveuse …Mais l’effet global est pas mal du tout .
Nous allons jusqu’à épuisement de la colle …..Nous retournons à l’hôtel pour sortir vers 19 H .
Cyrille et Géraud monte dans leurs chambres,  je reste un peu dehors, assis devant l’épicerie à boire une canette fraîche …( Il existe une canette de « Soda Water » 0 calorie Sugar free, de marque Watson’s qui fait un excellent Perrier …l’offre d’eau pétillante est très succincte ici)

Nous allons sur l’esplanade où les danses aperçues samedi dernier ont lieu ..Musiques et gymnastiques rythmiques ont déjà commencés. iI y a beaucoup d’enfants ..qui courent en tous sens ..avec des patins à roulettes ou des trottinettes dont les roues s’illuminent ..Les danses sont les mêmes que samedi dernier …je reconnais la professeur de danse « classique » qui a dû dans sa jeunesse participer aux ballets glorifiant la Chine des "Masse Révolutionnaires en mouvement pour la glorieuse édification du Socialisme triomphant grâce au communisme paysan".
Géraud hésite ..tourne  et retourne et se décide au bout d’un petit moment de valse hésitation ..Il prends du temps pour se décider ..ce n’est pas la première fois que nous le remarquons. Le restaurant devant lequel nous sommes lui parait bien, mais trop chic pour nos tenues pense t-il  ( il est en short orange …moi pas ..même habillé en américain, je pense que ça ne pose pas de problème d’autant plus que j’aperçois par la vitre un client en short et pieds nus !..Mais les fauteuils rouges, le personnel très chic et les lumières des lustres le font douter. Une fois à l’intérieur, tout se passe très bien, si ce n’est que la chef de rang ..qui  semble parler un bon anglais ..avec une belle prononciation ..... ne connait qu’un nombre si limité de mots que le dialogue est difficile ..Voilà le seul restaurant sans connexion libre a internet ..Il faut s’inscrire et une page en chinois s’ouvre …impossible pour nous de remplir quoi que se soit .
Nous buvons un vin blanc australien que je suis allé choisir moi même dans leur cellier -cave à vin visible de la salle où nous sommes …Nous dinons très agréablement ..et retour à l’hôtel pour Géraud alors que décidons de faire une longue marche dans les alentours de ce « village » de Vanke.
Il y a beaucoup de petites boutiques invisibles du boulevard ..voilà une conception « américaine «  de zones piétonnes et commerciales avec habitations, l’accès y est gardé par de barrières , les voitures doivent s’annoncer comme dans une zone « privée ».
Un grand distributeur de livres retient mon attention ..une bibliothèque de quartier automatisée…avec un petit catalogue …Nous allons caresser des petits chiens dans un enclos appartenant à une jolie boutique de meubles de jardins, plantes et objets décoratifs. Nous déambulons sur les balcons terrasses ou il y quelques boutiques également ..…puis retour à l’hôtel .

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Dimanche 16 Juin


Réveillé vers 5h du matin ..rendormi à 7h 30 jusqu’a 9h …Il y a un gros cafard sur le sol de ma salle de bain …on mange trop, je dors mal et me sens fatigué .
Après le petit déjeuné composé que de fruits et d'un café. Nous allons sur le chantier voir si les toiles sont en place! ..Le chantier est calme ..Les doreurs sont toujours là ..les tapissiers aussi .
Tout va bien ..nous n’avons rien à faire ..pas de toiles, pas de matériel, le plafond pas sec ..c’est dimanche, nous visitons le jardin …en pleine réalisation. Des femmes âgées plantent sous un soleil de plombs, des milliers de petits pots contenant une plante malingre inconnue. Les arbres arrivent par camions et sont plantés dans une terre rouge et grasse …Ils ont des perfusions accrochés sur leurs troncs, attachés à des étais. Une pièce d’eau avec fontaines, cascades dans les rochers est en construction ..Une grosse pelleteuse à chenille trone dans la boue ..la terre est lacérée de ses traces profondes.. Cela ressemble plus à une zone de guerre ou de manoeuvre qu'a un jardin chinois pour l’instant, même si une somptueuse pagode y trône avec ses toits recourbés portant des cloches de bronze aux quatre coins. Les piliers de soutenement des étages ont de magnifique chapiteaux de poutres entremêlées du plus bel effet ..Voilà une construction traditionnelle qui émeut beaucoup plus que le gros pâté Troisième République qui est derrière nous . Les sculpltures de façade sont assez bien faites mais les deux atlantes des étages supérieurs en symétrie de façade sont amusantes à détailler. Il y a sur chaque ailes du bâtiment un couple soutenant les entablements. La femme et l’homme ont le même torse « Michelangelesque »  Ils n’ont pas osé le buste féminin ..
Les colonnes du rez-de-chaussée sont des futs bagués avec des chapiteaux corinthiens dont les angles dépassent des corniches ..Pas très réussi. Les bases des colonnes sont plus fines que les bagues qui alourdissent le fût d’une façon désagréable à l’oeil ..Bref plein de petites erreurs qui gâchent l’ensemble ..c’était la même chose à Al Khobar avec la villa néo-palladienne des Tamimi plein d’erreurs de proportion et d’équilibre des formes.
Nous allons à l’hôtel en milieu de matinée …Nous décidons d’aller chez les peintres déjeuner . Le Dafen Oil Painting Village, le quartier à l’est de Shenzhen où nous avons déjà fait des courses. Géraud ayant repéré une jolie boutique de sculptures sur bois avec des pièces toutes à fait intéressantes …Il y est allé déjà deux fois..et veut  acheter un bouddha en bronze (?)
La boutique étant fermée à midi, nous allons déjeuner sur le boulevard ..Le soleil est rude pour mon crâne ..je me mets à la mode chinoise, j’ouvre mon parapluie ( enfin celui de Cyrille car j’ai oublié le mien à l’Hôtel) .. Nous trouvons un restaurant non climatisé ouvert sur la rue avec des ventilateurs- plafonniers..Tables en bois et frigos plein la pièce….c’est typique et authentique ..Je prends du lard fumé et pimenté avec du riz blanc..Cyrille des coquilles aux piments ( des coques plates ..comme les dernières fois ) et Géraud une cassollette de grenouilles hachées avec des légumes baignant  dans l’ail et le piment …avec du riz et du thé ..Nous, nous sommes à la Tsing tao fraiche qui se boit comme de l’eau ..Géraud ne savait pas ce qu’il commandait …( moi non plus pas vraiment ) car tout ce commande d’après photo…et c’est évidemment non seulement pas précis mais même souvent trompeur. Les grenouilles sont hachées de telle sorte qu’il y a plus d‘os que de chair, c’est assez parfumé et même assez bon mais pénible à déguster.
Nous allons mieux après ce long repas ..Autour de nous, ils vont et viennent, s’assoient, déjeunent laissent une tonne de restes et s’en vont …un quart d’heure au maximum …Nous voyions devant nous à une table ..un chinois chauve avec de belles sandales de cuir ..il est habillé de lin blanc ..il a une barbiche et des lunettes de lettré…de son sac de toile dépasse un manche d’ivoire sculpté ..( Manche de couteau ou d’ombrelle? …Peut être les deux.. ( une sorte Zaotichi chinois?) Il est élégant et calme ..il sort sans un regard.
Nous accompagnons Géraud dans sa boutique de sculpture …Un peu à l’écart dans une ruelle cette petite échoppe tranche nettement avec les dizaine de « galeries » vendant sensiblement la même chose…d’horribles paysages trop colorés et systématiques ..ou des copies d’après photos ...et même peintes sur des tirages numériques…vraiment sans intérêt. Géraud a eu une chance incroyable de tomber par hasard avec nous sur cette boutique lors de notre premier passage.

La discussion commence à être longue ..et un peu lassante ..donc nous le laissons dans ses affaires de commerce …
Dans la rue adjacente nous rencontrons celui qui nous avais renseigné lorsque nous cherchions à acheter des tubes à l’huile …Il est toujours habillé à l’ancienne mode avec ses guêtres montante et ses sandales avec semelles de paille.. Il nous fait venir chez lui au deuxième étage …boire un thé ..il parle trois mots d’anglais ..mai est très souriant très aimable ..je m’installe dans une grande pièce ou deux jeunes femmes étaient accroupies sur un grand « tatami » …il y a dans la pièce un autel avec de l’encens, des panneaux de calligraphie partout… des  bouteilles rangées à l’horizontale ..je reconnais des bouchons de champagne ..il y a mille choses en vrac des catalogue des caisses et de petits meubles chinois …Il nous offre un thé apporté par une des jeunes femmes ..Je remarque des instruments de musique accrochés aux murs ..Trois sorte de sitar ..chinoise dont je ne connais pas le nom ni le son …L’ambiance est extraordinaire voilà Trois minute nous étions dans la rue surchauffée et maintenant en tailleur sous la brise du ventilateur a boire le thé avec des chinois énigmatiques .
Une ravissante femme de 45 ans à peu près  ( bien que l’attribution de l’âge  les concernant soit difficile dans la tranche médiane . Je ne les perçois que très jeune ou très vieux ..) habillée d’une robe traditionnelle en soie rose avec des motifs de fleur ..vient s’associer avec nous et me filme avec son téléphone …Ils ont tous des téléphone à la main et notre hôte a deux iPhone !…
Nous voila cyrille et moi entouré donc de notre ami à chignon et vêtement traditionnel ( comment dit on Kimono en chinois?) et de deux ravissantes femmes dont une nous amène un plan de grosses myrtilles. Cyrille a rencontrer avant de monter les escalier une jeune fille en short qui parle anglais ..elle vient s’assoir avec nous ..je ne sais pas qui elle est …mais s’offre à faire la traductrice … Elle m’explique que je suis dans l’ atelier de calligraphie « taoïste ». Mais impossible de comprendre son nom ..Personne n’a l’air de se rendre compte que nous ne comprenons rien .. Notre hôte nous donne des papiers calligraphiés ..le mieux se serait un poème .. »le ciel est large et le soleil loin «  ? un vers dans ce gout là …et pour Cyrille c’est une pensée de Mao (?) si j’ai bien compris ..Nous parlons de nous et je montre des photos de notre travail ..(entre peintre on doit s’entendre non?)La jeune femme en rose me sourie toujours avec sa robe fendue ..elle est ronde et a beaucoup de charme dans le visage ..des yeux rieurs et la lèvre sensuelle .. Elle nous invite a venir à côté car notre hôte doit joué de son instrument de musique ..pour une sorte de réception . Nous acceptons ..et nous voilà parti a 5 mm à pied dans une galerie au premier étage ..Géraud est toujours dans sa boutique et discute le prix des bouddhas de bois …
Au premier étage donc ce trouve une galerie vide avec une grande table pleine d’assiettes préparées de fruit ..le rouge des pastèques tranche sur la nappe blanche qui a été décorée par des petits monticules de mousses des bois …Il y une dizaine personne dont plusieurs femmes en jolies robes traditionnelles. Je les salue de plusieurs  Nihao nihao et ils me répondent en me regardant avec une certaine curiosité ….Nous nous installons Cyrille et moi le long du mur devant la table, accompagné de notre traductrice qui se prénomme Charlotte ( elle ne vient pas de Shenzhen et parle vraiment très bien anglais, je pense qu’elle doit venir d’HK mais non elle habite Ningbo me dit elle  !) Elle nous explique que nous allons assister à une petite réception organisée pour l’ouverture de la galerie ..il y aura de la musique, de la danse et une présentation de la cérémonie du thé !!
une jeune femme en robe chinoise traditionnelle satin crème fait l’ouverture avec un micro sans fil décoré de strass et diodes lumineuses..le son est amplifié avec une chambre d’écho ..les gens arrive du fond de la boutique appartement, nous sommes  bientôt une vingtaine, la représentation commence …Le laïus est long ..Charlotte ne peut me traduire tout. Une distribution de fleur est effectué pour « l’anniversaire de son père! » Je ne sais si il est présent ..je ne sais pas qui est cette jeune fille nous sourions sans comprendre.
Au bout de la table ..s’installe une jeune fille en costume traditionnel ..La cérémonie du thé commence sur une petite musique lancinante ..Elle a devant elle une théière des petit bol blancs très élégant posés sur de petit carrés de pierre noire..elle manie la pince pour prendre ces petits bols sans anses ..entre chaque mouvement ( très gracieux cela va sans dire ..elle tourne les poignets  lentement en amplifiant ses gestes comme un prestidigitateur   ) L’opération de préparation du thé consiste d’abords à chauffer les tasses ..puis à mettre le thé dans un petit bol a couvercle ..(beaucoup de thé noir sorti d’un sachet en aluminium) lavé une première fois le thé ..Puis de nouveau le faire infuser ( rapidement ) puis servir ..nous y avons droit ..il est fort et excellent. C’est un moment amusant ..lente chorégraphié, mais assez maniéré et sans vraiment de mystère ..c’est, je trouve, sur-joué dans la grâce, avec des gestes volontairement théâtrales sans réelle signification .. Le rituel japonais ou chinois vu dans certains films semble plus proche de la réalité élaborée lorsque les codes étaient actifs.
La musique s’amplifie et la première dans danse commence …Très maigre habillée de blanc avec une veste en  voilage noir transparent ..une jeune femme exécute des figures de danse très mélancolico-ampoulé mais qui finissent par me séduire ..je me laisse aller au charme du moment…Les téléphones se lèvent  de tout côté et ce n’est qu’une longue série de photos films et captures d’instant …ils sont sans complexes..
Vient le tour de notre ami le musicien Calligraphe ..Il s’installe devant une petite table dans le coin de la pièce …nous sommes toujours derrière notre table ..Il disparait parmi les gobelet et les tranches de pastèques…son sitar devant lui il présente sa musique en un long monologue ..traduit par charlotte par un  « il va jouer de la musique » ..évidemment je ne dis rien, je suis calme et respectueux ..La musique est, disons minimale ..quelques notes avec des glissando très timides ..une sorte de longue introduction suscitant l’attente …Cyrille me confiera après qu’il a trouver ça discordant…suspectant le calligraphe de ne pas savoir jouer ! Mais comment savoir …? Nous occidentaux sommes loin de la musique traditionnelle chinoise ..mais pourtant on peut mal jouer dans tous les pays ..et dans ce bricolage de réception, il n’est peut être qu’un amateur tâtonnant du sitar … nous avons entendu ce que l’on a entendu et je n’ai pas senti pour ma par que l’auditoire semblait écouter une performance ..d’ailleurs je l’ai trouvé bien contrit notre calligraphe ..surtout la fin, car après trois piccata et un petit glissando, il semblait faire non pas un silence mais une hésitation …puis sembla abdiquer ne sachant plus que faire .
la deuxième danse plus moderne fut exécuté par toute jeune fille habillé d’un long kimono vaporeux aux longues manches qui cachent les mains..elle a un joli chignon de très beaux yeux bien effilé et une bouche charnue malheureusement un peu molle ..quand elle sourit elle dévoile ses gencives et ses grandes dents …est elle belle, est-elle laide?..La danse est en tout cas parfaitement maitrisée dans ses mouvements c’est très agréable de la voir virevolter en passant  devant nous …la musique est moderne mais l’esprit est traditionnel.
Plusieurs discours s’enchainent ..le gros directeur à tête de boulanger ( ile est habillé en blanc .. ) sympathique et jovial ..il parle depuis plusieurs minute lorsque je demande à charlotte de quoi il peut bien nous entretenir ..elle me dit qu’il offre ses service à quiconque voudrait un cuisinier car il aime à faire de la bonne cuisine !! (?)Notre présentatrice ( la  jeune femme en beige) présente maintenant une femme tout en noir, habillé en tailleur pantalon  …très maquillée avec des bijoux voyant et une montre carré très épaisse en cube .Je l’ai remarqué car elle est à table avec nous sur ma droite ..visage impassible long cheveux lissés brillant ..elle est une sorte maitresse femme .Dominatrice .Toute de noir vêtue avec un maintien assez supérieur ..je vois en elle, la grande bourgeoise honorant de sa présence ce ramassis d’artistes..elle est habillée pour le bar panoramique du Shangri La plutôt que pour le village des peintres ..Elle parle longuement sans chercher ses mots et souriant à demi avec une certaine condescendance ..Charlotte m’informe qu’elle travaille pour le gouvernement ..nous n’en saurons pas plus et ne croiserons pas son regard. Un barbu filandreux assez sympathique parle plus brièvement ensuite ..il s’excuse dix fois mais doit partir …
Puis vient mon tour !! La présentatrice nous demande gentiment si l’on accepte de dire un mot ..Cyrille me dit » ah c’est toi qui t’y colle! » donc j’y vais et demande à Charlotte de venir a mes côté pour traduire au micro …Je réfléchi peu et commence à débiter mon compliment..je m’arrête pour laisser le temps a la traduction ..mais j’ai parlé en Français! donc je reprends en anglais ..mes remerciement et fait une petite phrase pour dire que venant de Paris Shenzhen est une magnifique expérience et que cette cérémonie en est une part importante etc etc ..Je salue le patron comme deux le fond deux présidents ayant signé un juteux contrat commercial scellant l’amitié indéfectible entre nos deux peuples ..Ils auraient poussés des slogans que j’aurais gueulé avec eux! Nous quittons dans la rue après fortes embrassades ..le calligraphe, la dame en satin rose et sourire pulpeux, Charlotte (qui nous donne sa carte et me dit que c’est dommage de ne pas m’avoir connu avant car l’hiver dernier elle venue à Paris …elle semble voyager beaucoup pour sa « Company »
Nous partons Cyrille et moi vers le musée Dafen …quelle étonnante parenthèse …!! Géraud est parti on ne sait ou …avec son marchant . Nous rentrons de notre côté …
Allant vers le musée nous croisons devant les galeries des séances de peinture..Ils sont dehors devant leur chevalet a s’essayer de peindre ..des paysages des marines d’après photo Cyrille parle avec une toute jeune fille qui dessiné maladroitement un petit bateau à voile ..un trait pour la mer et un soleil …Va falloir mettre la peinture maintenant ..elle est très distraite et veut s’entretenir avec Cyrille qui lui parle en anglais ..sa voisine est plus concentrée et ne nous regarde pas ..moi je fume un cigare à distance …il n’y a pas de voiture ce sont des ruelles à angles droits ..avec de petits arbres c’est paisible et très agréable.
Le Musée est gratuit ..il y a un portique de sécurité mais les contrôles sont très relâchés …Le bâtiment très « moderne » d’esprit se veut une déclinaison de volume et de forme rectangulaire ..c’est très grand et très vide …De nombreux tableaux sont récent ..les cartouches sont en chinois seule la date est lisible ..ils sont tous des années deux mille..certain de 2019  L’accrochage est étonnant ..pas thématique, par stylistique, pas chronologique..pas abstrait figuratif ( très peu de figures humaines ..) Il y a de tout de l’affreux du super affreux et de l’ignoble avec des trucs collés dégoulinant .Cyrille pense que c’est un accrochage temporaire d’étudiant …Il y a quelques belles toiles ..paysages et figuratives…Un seul Mao ..et des scènes paysannes et ouvrières…
Nous sortons pour aller boire un bière fraiche …Il fait chaud, certaine salle sont sans climatisation l’air y est poisseux …Il y a des visiteurs qui dorment sur des bancs …dans le musée.
Nous trouvons un bar à l’étage d’une maison près du boulevard et à notre  grande surprise, il y a de la Guinness  à la carte !  les fenêtres sont ouvertes et il y a des balcons à anse de panier plein de plantes. L’air circule …le patron  d’un soixantaine d’année un chinois aux cheveux long boit lui même y-une Guinness et semble heureux de voir aussi des amateurs, il nous fait signe d’un  toast de son verre! .
Il y a un couple d’occidentaux dans un coin ..les seuls aperçu dans le village des peintres ( aucun au Musée)
Nous rentrons en taxi …traversons des quartiers différents …il est 18h30
Ce soir nous dinons dans ma chambre ..une soupe  (soupes déshydratées dégueulasses qui passent aux toilettes )
Lessive et au lit
trois gâteaux secs et des abricots au sirop ..Cyrille s’enfile une paquet d’algues sèches ..je trouve ça bien immonde ..gout de poissons sales .
Lessive
Au lit à 23h ..

Shenzhen Huawei VIP Unit  2019  avec Géraud de Torsiac et Cyrille Laroche

 

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