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Lorsque le regard erre au travers de la fenêtre, mon oeil suit les pourtours de la masse verte qui recouvre la ville. Alors que les moutonnement d’arbres viennent se briser sur les San Remo Appartement, la vue saisissante me surprend à dépasser l’évidence de Central Park.

Comment se fait-il que l’on ai laissé en pleine ville, un parc de verdure d’une telle ampleur?
Alors que la ville s’étend en hauteur, circonscrite par les limites des rives d’une ile de près de 58 Kilomètres carré, qui? pourquoi et comment s’est constituée cette « campagne dans la ville »?



La ville monde générant ses propres maladies dû elle même créer l’antidote. Mais cela ne fut pas sans une volonté ferme qui outrepassait les élaborations d’une organisation rationnelle pour structurer l’effervescence de sa génération quasi spontanée. Devant l’accélération de la croissance anarchique de la ville dans la dernière décennie du dix huitième siècle, les responsables de l’administration de l’Etat de New York adoptèrent un plan pour réguler la répartition des populations nouvelles dans les constructions nécessaires à leurs établissement .

 

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Le Grid sans le parc central

Ce fut le « Commissionnairs’Plan » adopté en 1811 qui avait pour ambition d’organiser la ville nouvelle en plan hippodamien. Reprenant les grands principes mise en oeuvre dans l’antiquité, par Hippodamos, père de l’urbanisme grec allié aux bornages des Etrusques. La ville serait dessinée avec un plan à angles droits reprenant le principe du « cardo Maximus » la voie axiale nord sud découpée en rues perpendiculaires. Grille rationnelle pour une occupation de l’espace la plus fonctionnelle.
 L’arrivée massive de centaine de milliers de migrants en provenance d’Europe, l’établissement d’une multitude de commerces et petites fabriques, l’activité débordante du traffic portuaire devaient être régulés. Mais la grande trouée verte de Central Park ne figurait pas dans ce schéma d’implantation que constitue le Commisionairs’Plan.


Il fut décidé de créer seize « cardo maximus » soit 16 avenues nord sud tranchées par 155 rues délimitant des parcelles de 2 hectares.
 La ville commencée au sud devait vers le nord se policer pour remédier aux maladies sociales naissantes qui firent de New York en 1850 « Un cloaque de toutes les dépravations de la nature humaine » comme l’écrivit Thomas Jefferson.
La misère sociale et sanitaire d’une surpopulation avalée par l’industrie aux conditions brutales laissait libre cour à la criminalité et à la délinquance qui généraient dans leurs sillages, alcoolisme chronique, maladies contagieuses et abandon d’enfants. Tout cela paupérisant la masse sans espoir d’inverser la tendance.
Il fallut la volonté hygiéniste de certains, très inspirés des principes anglais pour imaginer l’élaboration d’un parc allant beaucoup plus loin que les carrés de verdure existant déjà dans la ville. Bien que l’opposition au projet fut rude car selon une large frange de responsables, il n’était ni nécessaire ni judicieux d’établir un grand poumon vert sur une ile aussi étroite et aussi bien ventilée par l’East et l’Hudson River. Il existait déjà par ailleurs les espaces de verdure de Madison square, de Washington square et Gramercy Park.
 Mais le grand cimetière boisé de Brooklyn appelé judicieusement « Green Park » attirait de plus en plus de population pour jouir de ses grandes pelouses. Les familles s’y rassemblaient pour des « pick-nick » nombreux et cela devint un haut lieu de promenade très prisé, ce qui plaida fortement pour l’utilité d’un parc au nord de l’ile de Manhattan.

Un mouvement très actif pro« Parc central » s’organisa autour du poète et éditorialiste William Cullan Bryant, bientôt relayé par le journaliste Frederic Law Olmsted par ailleur fervent connaisseur du travail du grand paysagiste anglais Sir Richard Paxton.
 En 1850, lors d’un voyage en Angleterre, Andrew Jackson Downing paysagiste américain déjà reconnu embaucha un jeune architecte anglais pour venir travailler avec lui à New York. Le jeune Calvert Bowyer Vaux n’en cru pas sa chance, lui qui était en admiration devant le travail de son ainé.

Andrew J.Downing rejoint Bryant, Olmsted dans le mouvement en faveur du parc central. Leurs déterminations fortes surent convaincre et le mouvement arriva assez vite à ses fins.
La municipalité acheta en 1853 les terres de la quasi totalité du futur parc compris entre les 59 ème et 106 ème rues et les cinquième et huitième avenues puis confia le projet à Andrew Jackson Downing.
Mais malheureusement celui-ci mourut dans un accident de bateau à vapeur sur l’Hudson River. La compétition pour l’élaboration d’un parc paysagé fut donc à nouveau ouverte. Calvert Bowyer Vaux bien qu’ayant élaboré un plan cohérent n’avait pas l’entregent pour voir aboutir son projet. Un ingénieur civil du nom d’ Egbert Viele, fut nommé en remplacement de Downing. Il présenta un projet que Vaux jugea effroyable.
 Pour empêcher ce désastre, Vaux s’allia avec Olmsted pour présenter un projet intitulé « Grennsward ». Le parc y était pensé comme une entité propre laissant la ville à ses pourtours. Sa taille et son esprit constituait une innovation qui ne laisse pas de surprendre encore aujourd’hui. Il est tout à fait remarquable tant il y est difficile de voir où l’oeuvre d’art finit et où le projet social commence.
 Le génie architectural de Vaux, les connaissances pratiques des impératifs particuliers liés au terrain ainsi que la connaissances des méandres politiques d’Olmsted purent convaincre l’administration d’adopter leur projet. Les travaux commencèrent donc en 1858.

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L'installation du Parc dans une ville encore en devenir. Notez le Mall et les réservoirs.

Il fallut assainir de nombreux marais, dégager à l’explosif de grande quantité de rocher, amener des millions de mètre cube de terre et planter des dizaines de milliers d’arbres bien évidement. Les populations résidents dans des villages de fortunes occupant les friches avec leurs troupeaux furent expropriés. Le chantier dura presque vingt ans  .
D’une distance de quatre kilomètres de long et près de neuf cents mètres de large, le parc ne se visite pas en une seule journée. Il y a bon nombre de circuit intermédiaire avec lacis de chemins, de petites places et clairières. La partie centrale est constituée d’un lac de grande proportion délimitant un parc plus architecturé au sud qu’au nord où l’aspect plus sauvage est entretenu par moins d’intervention paysagère comme d’entretien courant.
La conception d’Olmsted et Vaux permet au marcheur flâneur d’échapper à la ville grâce à une série de chemins, d’allées et de ponts qui évitent toutes intersections avec les nécessaire routes traversant le parc qui ne doit pas constituer un handicap aux communications urbaines.
Nous pouvons y gouter une promenade architecturée dans une verdure qui constitue un aparté au temps aussi bien qu’au mouvement incessant d’une ville de huit millions d’habitants.

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           Calvert Vaux                       Jacob  Wrey Mould                Frederick Law Olmsted   

           

Rentrons par la porte du Sud Ouest à l’intersection de la 60 ème rue et de la cinquième avenue et marchons vers le Nord pour aboutir quelques heures plus tard à Harlem au pied du Malcom X boulevard.
La Scholars' Gate est l’une des vingts portes du parc qui ne se trouve enclos que par de simples murets de pierre. Ici pas de grilles, mais ces petit murs sont quelques fois trompeurs car la déclivité du terrain peut cacher une différence de niveau impressionnante. Une grande installation provisoire d’Isa Gensken nous y accueille, c’est la voie commune du flux de visiteurs.

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les Orchidées géantes d' Isa Gensken

Le parc est bien domestiqué, les allées goudronnées nous emmènent vers les bâtiments du Zoo datant de 1930 et de l’ancienne armurerie de 1847 appelée l'Arsenal. Ces constructions n’ont rien à voir avec le projet initial. Une ambiance de kermesse chic y règne, nous traversons le tout sans s’arrêter pour franchir le porche de la trop célèbre horloge musicale Delacorte qui amuse tant les grands enfants avec ces animaux musiciens tournant autour du pilier à cloche.

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Clock comics strip


Trois sculpteurs furent associés à cette ronde d’hippopotame jouant du tambour, de pingouins siffleurs et autres golargol jouant tous les quarts d’heure un air de jardin d’enfants.
La première incursion dans l’univers Greensward se situe peu après en passant sous l’arche Denesmouth. La conception romantique se dégage des sculptures de la pierre du nouveau Brunswick en une claie ajourée de dix trèfles à quatre feuilles sur le parapet supérieur.
 Le pont, beaucoup plus large que long laisse passer la 65ème rue. Le visiteur s’engouffre ainsi dans une zone d’ombre, l’arche intégrée au paysage est un passage légèrement en pente vers l’intérieur du parc. Il y avait quatre lampes monumentales de bronze sur les piles carrés encadrant le parapet .Trois ayant été volés la seule restante est conservée en lieu sûr. Des copies pourraient y être réinstallées bientôt, ce qui redonnerait l’aspect original dans toute sa conception au plus vieux pont de Calvert Vaux.

 

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Desmouth Arch


 Les petits sentiers se croisent sous les arbres, le jardin se déploie devant le visiteur qui passe devant les monstres de schiste datant du paléozoïque. Les stries sur la surface de la roche sont  caractéristiques de l’inlandsis laurentidien sorte calotte glaciaire couvrant le continent nord américain il y a vingt mille ans. Les rochers furent très exploités pour fournir de la pierre à bâtir, la roche peut descendre à plus de trente mètres de profondeur dans certain endroit. Nous passons un petit belvédère qui assoupit dans la verdure repose sur un gros rocher qui fut habilement préservé comme un promontoire.

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 Effleurement de rocher

Les paysages furent entièrement remodelés; il ne reste plus rien de l’aspect initial, naturel qui était plutôt rustre et peu engageant avant qu’une armée de jardiniers terrassiers n’ interviennent.
Notre déambulation suit l’axe principal, la grand avenue sous les ormes qui constitue la promenade amenant les visiteurs vers le lac. Pour rejoindre ce « Mall » il nous faut passer sous le Willowdell Arch de Calvert Vaux datant de 1861. Pont de brique de Philadelphie à chainons de pierres, il laisse passer la 67 ème rue.

 

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La Willowdell Arch et le chien Balto

Sur un rocher trône le chien Balto qui constitue une étape photographique importante pour les amoureux des chiens, si nombreux aux Etat Unis. L’héroïque husky qui parcouru plus de mille kilomètres dans le blizzard pour amener dans la ville de Nome en Alaska, un sérum anti-diphtéries durant la grande épidémie de 1925. Le chien de bronze bien patiné par ses admirateurs fut sculpté par Frederick George Richard Roth, il trône les deux pattes avant bien posées et la langue à jamais pendante!  
Le grand Mall s’ouvre sur une série de statues sur socles reprenant l’esthétisme assez traditionnel des parcs européens donnant même une touche française dans une conception anglaise globale. Une vision romantique de jardins bosquets avec trouées et massifs avec des courbes et des sinuosités. Ici avec le Mall, la conception se rapproche de Le Nôtre avec sa perspective et ses statues. Olmsted et Vaux ont pris le parti didactique des grands hommes. Un Shakespeare d’imagination par John Quincy Ward inauguré en 1872; puis en face trône un Christophe Colomb par Jeronimo Suñol datant de 1894 ce sculpteur n’étant pas à son coup d’essai puisqu’il est également l’auteur du Colomb de la Plaza de Colon à Madrid.  Les grands auteurs ne sont pas oubliés avec les amis et compatriotes écossais Sir Walter Scott et Robert Burns, poète et dramaturge qui ont leurs places dans la « Literary Walk » imaginé par Olmsted. Ces deux statues datant de 1880 représentent les écrivains assis, inspirés, la plume à la main, habillés presque à l’antique.

 

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Scott vs Burns       


 Elles sont l’oeuvre du même sculpteur écossais Sir John Steel.Celui là même qui réalisa la statue du poète Burns à Edimbourg dont cette version semble une déclinaison. Si l’aimable Walter Scott semble épargné grâce à un formalisme très conventionnel rendant cette sculpture lourde et passablement ennuyeuse, la pose maniérée du travailleur de rimes cherchant sa muse rend le pauvre Burns totalement ridicule .

Avant les grand ormes qui s’ouvrent en encadrement du Mall, il faut bifurquer vers le sentier allant vers le Sheep Meadow ( la prairie aux moutons) pour admirer l’Indian Runner tout en tension et nervosité. Réalisé en 1869 par J.Q.A. Ward qui fréquenta les tribus Dakotas,cette sculpture nous montre un jeune indien tenant un petit arc contre lui. La pose pleine d’énergie contenue est celle du pisteur près à bondir sur quelque animal avec son chien à ses côtés. Il est donc à noter que le chien domestique et chasseur fut en cours dans l’ouest américain chez les « Natives ». La base de bronze montre sur son côté outre la signature de Ward, la mention du fondeur « Bronze by L.A. Amouroux NY » qui fut certainement d’ascendance française.

 

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 The Indian Runner et L' Eagles and Prey


  L’aigle fondant sur sa proie associe également la chasse et la France en la personne du sculpteur animalier Christophe Fratin. Deux aigles aux ailes déployées trônent sur un bouquetin agonisant. Le jeu des ailes croisées est élégant, le traitement est assez réaliste même si les plumes semblent assez baroques d’aspect. Ce bronze« Eagles and Prey » réalisé en 1850 fut installé en 1863, un peu à l’écart du Mall à l’intersection des chemins menant vers Sleep Meadow et Hecksher Ballfields.
Cette partie du parc regroupe l’essentiel des sculptures classiques qui s’organisent à l’entrée du Mall et à sa sortie près du Naumburg Bandshell construit en 1923 par l’architecte Jacob Wrey Mould qui fut l’associé de Calvert Vaux pour la création du par et notamment de la « Bethesa Terrace » Le Grand Mall est comme une nef de cathédrale dont les branches formeraient la voute, le transept est la perpendiculaire du public venant écouter les concerts classiques devant le Bandshell et le choeur est représentée par la Bethesda, la fontaine et le lac.

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 The Mall

Les bancs si caractéristiques, en enfilade ininterrompue sont une création de Vaux qui voulait encadrer les arbres , les ordonner en bosquets poétiques pour le promeneur contemplatif. Le manque d’entretien et les dégradations du temps firent qu’ils disparurent complètement. Ceux existant aujourd’hui proviennent du Conservatoire du parc Central, une association privée qui réunit des fonds pour restaurer et réhabiliter le parc dans sa version historique après des années de négligence et décrépitude. Les grands ormes plantés pour la plus part en 1919 ont eu aussi bien souffert. Ils étaient menacés de disparition par le graphiose ou maladie hollandaise de l’orme, une maladie fongide qui dessèche les arbres. Ce sont actuellement les plus beaux spécimens restant dans l’état de New York et c’est ainsi qu’ils sont choyés, étudiés, surveillés, inspectés et traités avec une vigilance constante. Une série de grand hommes trônent sous leurs feuillages. Trois bustes de bronze célébrant le génie de la musique et de la poésie:  Schiller par C. L.Richter datant de 1859, Beethoven par Henry Baerer de 1884 et Victor Herbert par Edmond T. Quinn de 1927.

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Pour accéder la Bethesda Terrace, coeur de cette cathédrale virtuelle, Vaux dessina une double entrée en escaliers descendants.
Le premier escalier descendant passe sous un grand porche  avec une salle péryptère très décorée qui s’ouvre sur une large terrasse en pavement de brique rouge au milieu de laquelle se trouve une grande fontaine néo classique.  Le deuxième escalier descendant se situe sur le parapet et amène en double volée à la terrasse.

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Bethesda Terrace

Dessiné par Calvert Vaux et l’excentrique Jacob Wray Mould, cette place se projette comme étant une des rives du lac, montrant deux faces contraires, antagonistes et complémentaires. Une rive architecturée, organisée avec ordonnance de sculptures et confrontation des matériaux dans leurs matière et couleurs : la « sandstone » beige et la brique rose de Philadelphie. L’autre rive est appelée « Ramble »  quinze hectares de jardin sauvage que l’on doit considérer comme « naturel ».


Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.
Sous ces portiques étaient couchés un grand nombre de malades, d'aveugles, de boiteux et de paralytiques. Ils attendaient le bouillonnement de l'eau.
Car un ange du Seigneur descendait à certains temps dans la piscine, et agitait l'eau. Et celui qui y descendait le premier après l'agitation de l'eau, était guéri de son infirmité quelle qu'elle fut.
Là se trouvait un homme malade depuis trente huit ans.
Jésus l'ayant vu gisant et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit:
"Veux-tu être guéri?" Le malade lui répondit: "Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine dès que l'eau est agitée, et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi."
Jésus lui dit " Lève-toi, prends ton grabat et marche."
Et à l'instant cet homme fut guéri;
Jean 5:2

Jacob Wray Mould né en Angleterre, dont ses comptemporains soulignaient l’excentricité toute artistique et la bizarrerie de caractère, avait étudié en profondeur l’art néo-Mauresque de l’Alhambra ainsi le travail d’Andrea Pisano réalisé pour la cathédrale San Maria del Fiore de Florence. Il collabora avec le maitre de la polychromie Owen Jones, l’auteur de la célèbre Grammaire de l’Ornement de 1856, pour la chambre Turque de Buckingham Palace.

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 J. W. Mould


Mould arrivé à New York en 1852 était architecte, dessinateur, designer, illustrateur, musicien et linguiste ( il traduisit des livrets d’opéra!) réalisa l’ensemble des sujets décoratifs présents sur la Bethesda dont il dessina les motifs orientalisants des carrelages des plafonds, les treillages italianisant et notamment les incroyables bas-reliefs floraux des cotés d’escaliers. Entrelacs d’inspiration préraphaélite chargés d’innombrables détails et d’animaux cachés que son ami Dante Gabriel Rossetti devait apprécier. L’historien de l’architecture Davis van  Zanten définissait Mould comme étant« The closest thing to a bohemien,many-talented artist New York possessed during the 1850s and 1860s »

 

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Angel of Waters


L’Ange du Seigneur trône sur la fontaine miraculeuse parsemée de plantes aquatiques. Si l’ensemble fut dessiné par le trio Olmsted, Vaux, Mould, l’ « Angel of Water » statue de deux mètres quarante datant de 1868 est l’oeuvre d’Emma Stebbins, la première femme a avoir reçue une commande publique de la ville.

Les ailes sont bien déployées à l’horizontale pour recevoir leurs pigeons moqueurs, les quatre angelots sous la vasque représentent la tempérance, la santé la pureté et la paix. Une controverse s’ensuivit du choix d’Emma Stebbins pour la réalisation de l’Ange des Eaux. En effet son frère, le Colonel Henry Stebbins n’était autre que le président du bureau de la commission du Plan pour la création du parc. Emma Stebbins vivait à Rome dans le petit cercle autour de la célèbre actrice Charlotte Curshman qui réunissait plusieurs artistes féminines expatriées pratiquant la sculpture néo classique comme Louisa Lander, Harriet Hosmer, Anne Whitney, Edmonia Lewis, Margaret Foley, Florence Freeman et Vinnie Ream. Elles vivaient seules ou en groupe, émancipées et pratiquant les amours saphiques. Le groupe fut immortalisé par Henry James dans son livre « William Wetmore and His Friends » comme étant le « White Marmorean Flock » que l’on pourrait traduire par le troupeau blanc marmoréen!  Il n’en reste pas moins qu’Emma Stebbins était une « sculpteur » accomplie .

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La construction de la terrasse autour de 1860


Extrêmement populaire, la terrasse est représentée dans de nombreux films et romans. Lieu de rendez-vous et pour beaucoup aboutissement de la visite du parc alors que celui-ci se prolonge dans une configuration de plus en plus oublieuse de la ville dont les bruits atténués finissent par disparaitre dans l’épaisseur des sous bois. Le lac pourvoit en canot pour la promenade à partir de la Loeb Boathouse et durant les hivers glacés servait de patinoire extrêmement réputée. Malheureusement le patinage y est interdit depuis quelques années pour des raisons de sécurité. Le patinage extérieur se pratiquant de nos jours sur les bassins Lasker au nord du parc, mais malheureusement dans un cadre beaucoup moins idyllique.
Le chemin partant de la terrasse en longeant le lac, nous amène via le pont appelé « Trefoil Arch » dont l’ouverture trilobé est d’un médiévisme affirmé donnant une signature aux ouvrage de Calvert Vaux vers le Conservatoire aquatique qui est une partie du parc assez transformée par rapport aux intentions initiales de Vaux et Olmsted.

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Trefoild Arch


 Facilement accessible depuis le carrefour Cinquième avenue et 53eme rue , il ne reste aujourd’hui du Conservatoire qu’un bassin très agréable durant les beaux jours, très prisé des enfants qui peuvent, comme aux Jardins des Tuileries ou du Luxembourg y louer des bateaux à voiles, à la différence que ceux-ci sont maintenant avec un petit moteur électrique, ce qui permet, à l’aide d’une télécommande, de diriger la baume et le safran.
 La Boat-house date de 1954, on y peut se restaurer et flâner en regardant les enfants jouer.
Deux grandes sculptures bien postérieures au Plan ont; au fil des années, gagnées en notoriété auprès du public même si leurs factures semblent à des années lumières de l’esthétisme élaborée du Mall. Participant à une sorte de « Disneylandisation » des esprits, les représentations infantiles régressives de Lobber  et Creeft sont néanmoins amusantes dans leur gigantisme et matériaux inaltérable. Voilà des sculptures datant de 1956 pour le portrait d’Hans Christian Andersen et 1959 pour Alice aux pays des Merveilles faites pour le selfie, la photo d’enfants grimpant sans risques sur le gros champignon d’Alice alors que certain au même moment risquait leur vie en bravant les interdits sur les sculptures animalières féroces d’Auguste Cain à l’entrée Castiglione des Jardins des Tuileries.
José de Creeft espagnol émigré à Paris pensionnaire du Bateau Lavoir en 1905, expérimentant dans les années 1925 différentes techniques allant de la taille directe ou de l’assemblage jusqu’au « ready made » vaut mieux que son oeuvre américaine la plus célèbre qui ne fut qu’une commande de George T. Delacorte. Editeur de « Pulps » de « funnies » et autre « comic strip »  Delacorte offrit comme sa cloche dansante, Alice in Wonderland aux enfants du Parc, popularisant ainsi le concept des « grands enfants » qui collent aux américains.

 

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Le centre du parc était, de façon traditionnelle dans l’élaboration des jardins, une zone de protection des sources pour la consommation des villes. Le  « Croton water system » de 1842 détermina l’emplacement des réservoirs d’eau douce nécessaires. Le système se vit plusieurs fois modifié ainsi que l’atteste les travaux de 1930 qui transformèrent le premier réservoir remplacé par la « Great Lawn » la grande prairie du centre au niveau du Metropolitan Museum et devant le fameux Chateau du Belvedère, folie victorienne de Vaux et Mould. Petit château romantique en grosse pierre,construit sur un éperon affleurant, ses terrasses et balcons offrent une vue magnifique sur le Ramble et la grande pelouse. Il est depuis 1919 un centre météorologique.

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The Belvédère


Les chemins remontant vers le Nord croise la 79 eme rue qui est la deuxième coupe transversale traversant le parc. Glade Arch nous permet de pas croiser de voiture. Cet ouvrage de Calvert Vaux est de conception plus classique avec ses balustrades et ses voussures assez sages il n’y a que le chainage en pointe qui lui donne du caractère. Ramassé sur lui même, sa largeur donne un obscur passage qui laisse le marcheur se découper en ombre sur la lumière.

 

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Glade Arch


Laissons le Metropolitain Museum visible sur notre droite, pour un autre sujet d’autant plus que la première réalisation signé Mould et Vaux ne présentait qu’une jolie construction néo gothique en brique, de taille modeste, entièrement transformée en 1890 par le grand Richard Morris Hunt
Puis le Metropolitan s’agrandit considérablement dans les années 1970 et 1980 en déclenchant à chaque fois controverse et interrogations.

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Greywacks Arch


Considéré par beaucoup comme un vrai chef d’oeuvre, la Greywacks Arch de J. W. Mould date de 1863. Elle présente une arche en pointe barrant un bandeau sur lequel courre une très élégante balustre. L’alternance des moellons de couleur sur la partie inférieure, crème pour la Greywack, rose pour la pierre de Passaic donne un rythme qui est en accord avec celui des lignes des arches très travaillées; l’une en horizontale brisée pour la partie supérieure,l’autre en belle courbe ventrue coulant sur des sortes de pieds enroulés soutenant le parement intérieur comme l’arche extérieure de façade.

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Great Lawn


Avant d’atteindre la grand prairie que l’on peut situer comme le centre géographique du parc si l’on ne prend pas en compte le grand Réservoir qui par son ampleur délimite une partie sud et une partie nord bien séparées; il nous fut nous arrêter au pied de l’obélisque colossal seul représentant de son espèce sur le continent américain. 

Après avoir franchi la Greywacke Arch émergeant des arbre sur un promontoire, le cadeau de 220 tonnes de granite rose repose a l'écart sur un socle pourvu de curieux crabes.  Haut de 21 mètres cet obélisque de Thoutmosis III venait d’Héliopolis et fut  d'abord offert par Mehemet Ali à l’Angleterre. Les obélisques allant par paire, la couronne britannique renonça au deuxième tant les difficultés de transport furent périlleuse pour arriver à ériger en 1878 le premier obélisque sur le quai Victoria de la Tamise où il se trouve toujours. Le deuxième fut donc proposée à la France qui préféra ceux de Karnak et n’en amena qu’un seul placé place la Concorde  (l’autre fut officiellement « rendu » à l’Egypte par le président Mitterrand).
 Ismael Pacha proposa alors à la ville de New York le dernier obélisque d’Héliopolis. La ville accepta et réussit au prix d’un incroyable voyage à placer ce gigantesque bloc dans Central Park en 1881.

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Egyptian Needle and Crab


 Il n’existe que vingt deux obélisques pharaoniques dans le monde. Leurs histoires seraient intéressantes à découvrir. Leurs voyages à étudier. Il en reste cinq en place en Egypte, un seul à Londres, un seul à Paris, un seul à Istanbul, un seul à New York et treize à Rome!!
Ils sont généralement assez mis en valeur, ce qui ne laisse pas de surprendre ici. Mais pourquoi diable, avoir été le cacher dans les arbres après tant de difficultés pour le faire venir?

Nous voilà donc marchant vers le grand réservoir en longeant la grande prairie ou les joueurs de frisbee du Sheep Meadow laissent ici la place aux équipes de Base Ball. La grande prairie fut nous l’avons dit l’ancien bassin de 1842 ( couplé avec le système Croton ) de préservation des eaux douces fonctionnant en parallèle du grand réservoir d’Olmsted et Vaux qui fut mis en fonction dès 1862.
Il fut asséché en 1930 pendant la grande crise financière au moment où la ville en faillite laissa le parc totalement à l’abandon. L’ancien réservoir devient pendant quelques années ce que les New Yorkais de l’époque appelait « HooverVille ». Censé être responsable du Crash boursier, les victimes massives de la crise se rassemblèrent petit à petit dans le parc en un gigantesque bidon ville de travailleurs pauvres.


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Le reservoir assèché, le début des installations.

 La nature devient ici moins domestiquée, les fourrés plus denses. Les chemins se concentrent en un seul passage à l’est longeant la grande retenue d’eau où il ne serait pas incongru de voir des voiles blanches. Mais tout sport nautique y est proscrit car le Jackeline kennedy Onassis Réservoir est une réserve d’eau, de faune et de tranquillité . Ses berges sont inaccessibles protégées par une grille qui ne fut pas aussi élégante qu’aujourd’hui, les hautes barrières faites d’industriels grillages ont heureusement disparues, la vue y était emprisonnée comme en témoigne de longs passages du film de John Schlesinger, Marathon Man . Les adeptes de la courses à pied en font le tour aujourd’hui à l’inverse des aiguilles d’une montre, leur flux est régulé.

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Les grilles du réservoir       


 Mais l’aspect de campagne tranquille ne fut pas toujours en cours le long de ses berges. La criminalité endémique dans les années d’après guerre rendirent le parc extrêmement dangereux et pas seulement la nuit ( où il est toujours déconseillé de s’y « promener ») Le manque d’entretien, les déchets, les tags étaient les marques les plus évidente d’une dérive dont les images du métro datant des années soixante dix témoignent. Le touriste européen d’aujourd’hui ne soupçonne pas le dépaysement d’hier.

Le parc servit à de nombreux rassemblements d’Agit-pro  pacifiste contre la guerre du Vietnam, de nombreux concerts y furent organisés rassemblant des milliers de spectateurs. L’état de délabrement du parc, non entretenu, couvert de graffiti sur ses constructions, avec la great Lawn devenue comme le Sheep meadow des grands espaces de terre battues soulevant poussière l’été et boue l’hiver commençait à ressembler à celui de la grande dépression des années trente avant la réhabilitation entreprise par l'architecte Robert Moses pendant le New Deal.

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Urban Stress

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Trash Country


 Depuis le milieu des années quatre vingt dix la ville s’est transformée grâce à une politique volontariste menée par Rudolph Giuliani et William Bratton . Les berges aujourd’hui sont saines et propres, des cormorans côtoient les tortues d’eaux douces. Les jeunes filles « joggent » en solitaires.
Arrivé au bout du grand lac, la perspective est saisissante.Le paysage n’est plus urbain, la ville s’est effacée. La partie Nord du réservoir reprend l’ordonnance du jardin sportif avec ses grands espaces dédiés aux clubs comme le Recreation Center et les centres de Tennis.  Les aménagements de sentiers et bosquets semblent plus lâches qu’au sud, l’entretien aussi.

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 L'écaillé et L'arbre tatoué

Après le North Meadow le terrain s’accidente jusqu’à la « Ravine » et le « Loch », voilà les profondeurs touffues du parc qui enfin s’échappe complètement de l’élaboration ordonnée du sud .Calvert Vaux et Olmsted ont voulu récréer un endroit sauvage ressemblant aux forêts des Adirondacks au nord de l’état. Les dernière cimes de gratte-ciel sont devenues invisibles, les bois sont denses et la pente ardue. Les rochers, les cascades d’eau fraiche sont le fruit des architectes paysagistes. Au temps de la criminalité galopante voilà un redoutable endroit pour prendre le maquis ou faire des embuscades. Peu fréquenté encore, cette partie du parc offre un réel échappatoire vers une réalité à la Walden ou la vie dans les bois.

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 Walden ?


Il faut bien revenir vers la ville qui réapparait avec un nouveau paysage. Le Conservatory Garden est un jardin dans le jardin . Il est tout à fait postérieur aux plan d’Olmsted et Vaux. Une serre avait été construite à cet endroit en 1898, on y entreposait aussi le bois issu de la taille des arbres du parc. Les serres et entrepôts furent détruits en 1934. Puis sous l’impulsion du Haussmann américain Robert Moses, il y fut créer d’après les plans du paysagiste Gilmore D.Clark, un jardin en trois parties, très dessinés, d’une conception « à la Française » cultivant de nombreuses variétés de plantes et de fleurs dont les tulipes et les chrysanthèmes qui colorent les parterres au printemps et à l’automne.

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The Conservatory Garden

Des allées de pommiers ombragent les visiteurs encore aujourd’hui peu nombreux. L’énorme grille ouvrant sur la cinquième avenue est celle du Chateau Vanderbilt qui fut le plus bel hôtel particulier de l’avenue prestigieuse, malheureusement aujourd’hui démoli. Il n'en reste que la somptueuse grille dessinée par George Brown Post l’architecte, créateur du grand manoir, elle fut forgée à Paris avec tout le savoir faire français.
Le jardin clos comporte en symétrie deux espaces de végétation en parterre circulaire dont le centre est occupé par une fontaine. Deux groupes de sculptures assez étonnantes y ont été installées. Hommage aux jeux d'eau peuplés d'harmonieuses fées.

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Secret Garden


 Au sud, dans un cercle de verdure rythmé par des sycomores se trouve «  le jardin secret » du bassin des nénuphars dédié à la romancière, auteure dû dit « Secret Garden »:  Frances Hodgson Burnett. Charmante sculpture de 1936 réalisée par Bessie Potter Vonnoh, montrant deux Nymphes (où peut être deux Nappées) dont l’une accroupie joue de la flute traversière. La deuxième fontaine également dan un jardin circulaire, est une danse, une cavalcade pleine de mouvement donnée par la famille Untermyer en 1947.
Trois femmes dansent vivement sur ma margelle d’une grande vasque à jet d’eau central , riant aux éclats, elles se tiennent les mains en faisant une ronde. Oeuvre du sculpteur allemand Walter Schott, la facture en est très Art Nouveau, les robes fines s’envolent en accentuant l’impression de mouvement.

 

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Wet Dance


Laissé complétement à l’abandon dans les années soixante dix. Le jardin n’existait plus. L’environnement délétère d’une déliquescence d’Harlem avait raison de cette partie du parc.
Une grande campagne de réhabilitation d’après les plans historiques fut mené sous la direction du paysagiste Lynden Miller et plus généralement du Central Park Conservancy dirigé par Elisabeth Barlow Rogers . Le jardin rouvrit ses portes en 1987 et est depuis aujourd’hui magnifiquement entretenu. Situé à l’écart des zones touristiques, il est peu fréquenté par la foule, il reste un parc calme et débonnaire débordant de variété horticole.
La partie la plus au nord du parc est occupé à l’Ouest par les « North Wood » qui sont une  prolongation de l’ambiance très authentique du Lock et de la Ravine. Olmsted et Vaux ont conservé en l’état un vieux fort carré datant des fortifications de la Guerre de 1812. Appelé le Blockhouse n°1, il est situé sur un promontoire et s’inscrit comme une ruine romantique utile à leurs projets. 

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Harlem Meer

Un ultime plan d’eau occupe la partie Est du parc. L’Harlem Meer, un découpage en haricot cintre ses berges. Il est actuellement un circuit de promenade assez proche de la ville mais néanmoins très agréable avec ses gros rocher surplombant le petit lac rempli de vie. Il y a bon nombre de hérons et oiseaux mais surtout une belle variété de poissons comme les pomoxis ou de perches jaunes. Le projet de Vaux et Olmsted permit par leur travaux d’excavation une retenue  d’eau tout en drainant les marécages qui empêchait la circulation, vers l’East River. Totalement défiguré après la seconde guerre mondiale par des berges bétonnées. Laissé à l’abandon dans les années soixante dix . L’endroit fut entièrement réhabilité en curant le plan d’eau qui regorgeait d’immondices et de sédiments (26 milles mètre cube furent retiré) La construction tout en subtilité du Dana Discovery Center est une réussite d’intégration dans la logique esthétique du Projet Olmsted et Vaux.

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La porte du Sud appelée Pionner’s Gate est à l’exact opposé de la Scholar’s Gate par nous où étions entré au Sud. Nous avons toujours la cinquième avenue sur notre droite mais nous sommes quatre kilomètre plus loin.
Les grandes orchidées ont laissées la place au curieux mais fort touchant mémorial dédié au grand Duke Ellington. La statue du musicien les bras ballants qui semble consterné près de son piano de concert ouvert est juchée à plus de sept mètres de haut sur une plateforme circulaire soutenue par trois colonnes triples ayant chacune trois cariatides africaines nues.

 

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The Duke


Le Duke Ellington circle, oeuvre du sculpteur Robert Graham fut érigé en 199, elle donne maintenant son nom à cette place qui s’appelait autrefois le Frawley Circle.
Nous voici donc à Harlem, sur le fameux Malcom X boulevard au terme de notre marche architecturale parmi la verdure du Greenwald plan de Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux, deux artistes majeurs de l’écologie volontariste que bien des mégapoles du monde n’ont pas eu la chance d’avoir.

Olmsted fervent admirateur des parcs anglais voyait le but a atteindre avec l’audace et la spontanéité des bâtisseurs, Calvert Vaux forgé par une conception forte de l’harmonie, du beau, de l’agréable était subordonné à son jugement d’artiste total. Leur alliance donna ainsi la plus grande entreprise de Land-Art que l’Amérique pu connaitre.



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X  Blvd

 

Quelques liens extrêments interréssants pour une approche plus approndie:

Mas  NYC 10 Architectural Walk  in Manhattan de Morrone & Postal 2009

Central Park story by R.Trout

The Croton System

Ephemeral New York

Beyond Central Park

Central Park Conservancy

The Greenward Fondation

et pour laisser l'imagination flotter:

La Conspiration de Central Park